Les scénarios fous (et moins fous) qui se dessinent pour les élections

AnalyseQui dominera le Grand Conseil ou le Conseil d’État ces prochaines années? Voici quelques hypothèses à privilégier.

Comme lors de précédentes élections genevoises, le public s'apprête à suivre avec intérêt les résultats de ce premier tour.

Comme lors de précédentes élections genevoises, le public s'apprête à suivre avec intérêt les résultats de ce premier tour. Image: Laurent Guiraud.

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On saura dès dimanche soir de quoi sera fait le Grand Conseil ces cinq prochaines années, et qui parmi les 623 prétendants occuperont les cent sièges de députés. Il faudra être un peu plus patient concernant le Conseil d’État, le premier tour de l’élection constituant un tour de chauffe (il est assez probable que personne, pas même Pierre Maudet, ne parvienne à obtenir la majorité absolue requise). Il permet avant tout d’éclaircir les rangs des candidats (31 à l’heure actuelle). Ce premier round donne malgré tout de précieuses indications sur l’issue du second, qui se déroulera le 6 mai.

Nous avons privilégié trois scénarios pour le Grand Conseil et autant pour le Conseil d’État. Ils vont du quasi-statu quo au grand chamboulement. Les six scénarios ont été soumis à la sagacité et au savoir de Pascal Sciarini, professeur de science politique de l’Université de Genève. Il les a jugés fondés, mettant quelques bémols et ajoutant plusieurs éléments complémentaires.

Ensemble à Gauche est en péril au parlement

Scénario statu quo Affaiblie par des divisions internes et le lancement de petites listes concurrentes, la députation d’Ensemble à gauche (EàG) est, de l’avis unanime, celle qui est la plus menacée par le quorum (7% des suffrages). Dans notre premier scénario elle l’atteint grâce à un sursaut de mobilisation de son électorat, alerté par la menace. Les socialistes se maintiennent et les Verts récupèrent quelques-uns des sept sièges perdus en 2013.

Le bloc populiste s’affaiblit, au contraire, car même si l’UDC conserve son poids, le Mouvement citoyens genevois (MCG) perd pas mal de plumes. Genève en marche (GeM) et Éric Stauffer restent en revanche bloqués sur le quai.

Dans l’Entente, c’est le Parti libéral-radical (PLR) qui tire son épingle du jeu (il a effectivement une marge de progression), alors que le Parti démocrate-chrétien (PDC) garde ses positions.

Scénario tiède L’hypothèse d’une chute d’EàG se confirme. Dès lors, le PS et les Verts ont beau progresser, globalement, la gauche s’affaiblit. Comme dans le premier scénario, le bloc populiste rétrécit à cause des pertes MCG et de l’échec de GeM.

Ce sont logiquement le PDC et le PLR qui remportent la mise. Mais l’Entente est encore loin de disposer de la majorité au parlement. Il lui faudra donc chercher des alliances, même ponctuelles, avec l’UDC, le MCG ou la gauche. Pour cette dernière, la marge de manœuvre se rétrécit encore.

Scénario chamboulement Dans ce cas, EàG rate le coche, alors que GeM réussit son pari fou d’entrer au Grand Conseil. Pour le reste, les résultats correspondent au deuxième scénario.

C’est évidemment une catastrophe pour ce qui reste de la gauche, mais la situation n’est qu’à peine plus confortable pour l’Entente. Elle reste loin de la majorité absolue et doit composer avec un parlement encore plus imprévisible que le précédent.

«Les trois scénarios sont plausibles, commente Pascal Sciarini. On peut également mélanger certains de leurs éléments, tout en prenant garde aux reports mécaniques de sièges. La seule chose qui me manque, c’est l’hypothèse qui voit l’UDC ne pas obtenir le quorum. Pour moi, c’est le deuxième parti le plus à risque, après Ensemble à Gauche.»

Un Conseil d’État stable ou à peine remodelé

Scénario statu quo Les prévisions pour le Conseil d’État sont encore plus complexes. Tout simplement parce que l’opération se joue en deux tours et que la dynamique peut changer entre le 15 avril et le 6 mai par le jeu des alliances conclues ou pas. Dans notre première hypothèse, les six sortants sont réélus: Pierre Maudet, Serge Dal Busco, Luc Barthassat, Mauro Poggia, Anne Emery-Torracinta et Antonio Hodgers.

Anne Emery-Torracinta et Luc Barthassat – a priori les plus vulnérables – ont donc passé l’épaule. Le septième siège est acquis par la PLR Nathalie Fontanet, ce qui maintient la répartition actuelle: 2 PLR, 2 PDC, 1 MCG, 1 PS et 1 Vert. La gauche reste par conséquent sous-représentée et le PDC surreprésenté au gouvernement.

Scénario tiède La conseillère d’État Anne Emery-Torracinta est éliminée, comme, avant elle, Michèle Künzler, Isabel Rochat et Micheline Spoerri. Heureusement pour les socialistes, Sandrine Salerno (ou Thierry Apothéloz) récupère le siège. Là également, la répartition des forces ne change pas.

Scénario chamboulement Le PDC Luc Barthassat mord la poussière, lâché par trop d’alliés PLR au second tour, tout comme Anne Emery-Torracinta, qui paie chèrement d’avoir un peu tardivement pris l’ampleur de l’émotion suscitée par l’affaire Ramadan.

L’électorat de gauche se rachète toutefois en élisant deux socialistes au Conseil d’État, Sandrine Salerno et Thierry Apothéloz, qui rejoignent le Vert Antonio Hodgers. À noter que ce scénario ne peut se réaliser que dans deux cas: le retrait de Mme Emery-Torracinta après le premier tour ou la présence de trois candidats PS au second tour.

Au PLR, c’est Nathalie Fontanet qui s’empare du second siège de son parti, laissé vacant par François Longchamp. Au final, on assisterait à un rééquilibrage du Conseil d’État (3 élus de l’Entente, 1 MCG et 3 de gauche), ainsi que le retour de deux femmes au gouvernement.

«Il est exact que la gauche est actuellement en dessous de son potentiel avec deux représentants, conclut Pascal Sciarini. Un rééquilibrage est donc possible, le problème étant de déterminer au détriment de qui. Il me semble que Luc Barthassat est très menacé car il pourrait être passablement biffé au second tour par les PLR.» (TDG)

Créé: 13.04.2018, 16h11

Les résultats tomberont plus rapidement

Ce dimanche dès midi, une fièvre électorale carabinée s’emparera du hall d’Uni Mail. C’est là que battra, l’espace d’une longue après-midi, le cœur de la politique genevoise. Et aussi que se dessinera son futur pour ces cinq prochaines années.

Pour cette édition 2018 des élections cantonales, la Chancellerie d’État a promis un traitement express des dizaines de milliers de bulletins de votes à dépouiller. Le miracle s’explique par une simplification de l’organisation du dépouillement centralisé, sur lequel s’attelleront 860 jurés.

Ainsi, dès 12 h 45 déjà tomberont les résultats anticipés de l’élection du Conseil d’État. Assez précis puisqu’ils sont basés sur le dépouillement des votes par correspondance et du vote électronique (95% des bulletins). Les résultats définitifs sont attendus aux alentours de 18 heures.

Plus complexe (système proportionnel), le dépouillement de l’élection du parlement fournira les résultats anticipés dès 15 heures. Les définitifs sont attendus à partir de 18 heures.

Pour cet événement si particulier, la «Tribune de Genève» se mettra naturellement en quatre pour fournir au plus vite à ses lecteurs un maximum d’informations et d’analyses. Tout d’abord sur notre site Internet, qui livrera dès le début d’après-midi de rapides synthèses des principaux résultats ainsi qu’un «live ticker» tout au long de la journée. Suivront des vidéos et des papiers thématiques.

Une fois connus la composition du futur parlement, le résultat du premier tour de l’élection du gouvernement et recueillis les commentaires des perdants et des gagnants du jour, les journalistes prépareront l’édition journal du lendemain.

Multipliant les plumes, la «Tribune de Genève» consacrera six pages de son édition de lundi pour retracer, analyser et commenter les principaux faits du jour. En espérant vous satisfaire. E.BY

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