Scénario catastrophe sur le Lac: les secours exercent leur collaboration

SauvetageUne simulation d’explosion sur un bateau a mobilisé près d’une centaine de personnes à Hermance vendredi soir.

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Il était 20 heures 20 vendredi soir. Le ciel dégagé offrait un cadre idéal pour une sortie en voilier sur le lac. C’est ce qui a inspiré un groupe de neuf personnes, mu par l’appétit d’une bonne fondue au large de la Savonnière, à Collonge-Bellerive. Mais l’idée tourne mal. Le réchaud manque de gaz, il faut le remplir. L’erreur est fatale, le réchaud explose, le bateau prend feu. Cinq personnes sautent à l’eau, les quatre autres restent sur le pont et laissent le navire dériver jusqu’au débarcadère d’Hermance. L’alerte peut être donnée.

Double objectif

Le scénario catastrophe n’est bien sûr qu’un exercice, qui a mobilisé près d’une centaine de personnes, sur terre, sur l’eau et dans les airs. «Il y avait deux objectifs, détaille Florian Ozainne, enseignant à l’école supérieure de soins ambulanciers et coordinateur de l’exercice. Faire travailler les étudiants de 2ème et 3ème années sur le tri des patients mais également entraîner la collaboration entre les différents corps de métiers.» Durant la soirée sont intervenus les samaritains, les ambulanciers, les cardiomobiles (SMUR), les pompiers, la police de la navigation, plusieurs sections de la Société internationale de sauvetage du Léman (SISL) ainsi que l’hélicoptère de la REGA. Du beau monde qui doit savoir se coordonner.

A quai, la première étape est de recueillir les patients. Les samaritains, présents en marge d’une manifestation communale, ouvrent le bal. Très vite, le 144 est alerté. Soit les étudiants en soins ambulanciers, qui sont mis à l’épreuve. «S’il y a trop de patients, explique un superviseur, la première ambulance travaille à la gestion du site. Puis, la seconde fait le tour des blessés, afin de déterminer les priorités.» Les premières victimes, des figurants qui ont bien assimilé leur rôle, sortent du voilier en panique. La difficulté: établir le nombre de personnes qui étaient sur le bateau. Les secours comprennent vite qu’il y a des gens à l’eau entre la Savonnière et Hermance.

Les troupes de sauvetage du Léman arrivent en trombe. Elles s’équipent en circonstances et sautent sur les bateaux. Ils sont deux à quitter la section d’Hermance. Sur le 247, gyrophares bleus allumés, Théo, 19 ans, est à la barre. A ses côtés, Matteo (18 ans) et Anaïs (24 ans) tiennent les spots lumineux pour éclairer le lac. Enfin, les yeux du doyen Christian, 54 ans, sont à l’affut de toute silhouette humaine.

L'hélicoptère de la Rega mobilisé

Naturellement ou presque, la recherche s’organise. Des renforts arrivent de Genève, Bellevue, Versoix, La Belotte-Bellerive et Coppet. Ils parcourent le plan d’eau en ligne, séparés d’une centaine de mètres chacun. On longe la rive gauche et ses splendides demeures. L’hélicoptère de la REGA est là, lui aussi. Pendant de longues minutes, rien n’apparaît. Puis, la radio crache: «Il y a quelque chose vers la rive.» La voix reprend: «Fausse alerte, ce sont des oiseaux.»

Après une heure de recherches, les choses s’accélèrent. Un bateau trouve une première victime, puis deux autres. Dans l’enchaînement, sur le 247, on voit émerger une tête à une dizaine de mètres, près d’Anières. Matteo s’agite pour lui porter secours. Ce plongeur réquisitionné pour l’exercice est resté tout ce temps dans l’eau. Il grelotte. Théo fonce pour le ramener à quai, à Hermance. Dans l’intervalle, la dernière personne est retrouvée, l’exercice est réussi.

Au débriefing, la satisfaction prime. Un plongeur souligne toutefois que «l’hélicoptère m’est passé trois fois au-dessus mais n’a rien vu.» Il est heureusement indemne. Détail cocasse de l’histoire: «Parmi les personnes qui ont sauté à l’eau, il y avait le capitaine, sourit Florian Ozainne. C’est un peu un scénario à la Costa Concordia.» (TDG)

Créé: 21.05.2017, 12h36

132 ans de secours sur le Léman

Sur le Léman, les interventions sont monnaie courante. Au cœur de celles-ci, la Société internationale de sauvetage du Léman (SISL) est la pierre angulaire. Active depuis 1885, elle dénombre 34 sections dans les cantons de Genève, de Vaud et du Valais et en France Voisine. Soit un total de 2200 membres, tous bénévoles, dont environ 800 sont susceptibles d’être sollicités pour une opération sur le lac. «Nous sommes la plus grande force de secours sur le Léman, lance fièrement le président central de la SISL Michel Détrey. Les cantons économisent beaucoup d’argent grâce à nous.» A Genève, on compte cinq sections: Genève, Bellevue-Genthod, Versoix, La Belotte-Bellerive et Hermance. Elles sont un peu moins en vue que sur le reste du Lac, explique Michel Détrey, notamment en raison d’une présence renforcée des corps de police. «Mais ailleurs, nous remplaçons beaucoup de postes de garde. Si nous n’étions pas là, il faudrait créer des groupes de fonctionnaires qui coûteraient beaucoup plus à l’Etat.» En 2016, la SISL est intervenue à 773 reprises, soit plus de deux fois par jour en moyenne. Parmi elles, près de 220 ont concerné les sections genevoises. Il s’agit, pour l’essentiel des cas, de bateaux, du simple canot aux multicoques, en panne. «Notre lac est encore relativement sécurisé», souligne Michel Détrey. VS

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