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Cinq cents personnes dans la rue contre la hausse des primes

Deux mères de familles, en colère contre l'augmentation incessante des primes d'assurance maladie, ont réuni 500 manifestants samedi à Genève.

Genève le 18.11.2017, Zone piétonne du Mont-Blanc, manifestation contre l'augmentation des primes d'assurance maladie © Georges Cabrera
Genève le 18.11.2017, Zone piétonne du Mont-Blanc, manifestation contre l'augmentation des primes d'assurance maladie © Georges Cabrera
Genève le 18.11.2017, Pont du Mont-Blanc, manifestation contre l'augmentation des primes d'assurance maladie © Georges Cabrera
Genève le 18.11.2017, Pont du Mont-Blanc, manifestation contre l'augmentation des primes d'assurance maladie © Georges Cabrera
Genève le 18.11.2017, Place de Neuve, manifestation contre l'augmentation des primes d'assurance maladie © Georges Cabrera
Genève le 18.11.2017, Place de Neuve, manifestation contre l'augmentation des primes d'assurance maladie © Georges Cabrera
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Leur amateurisme fait leur force. Elles soulignent qu'elles n'ont aucun passé politique, ni lien particulier avec un parti. Patrizia Léoz et Joëlle Combremont, deux amies et mères de famille ayant chacune deux enfants, sont entrées dans une colère noire en constatant que les primes maladies allaient une fois de plus augmenter. Plus 5,4% en moyenne à Genève. Elles ont décidé de créer sur Facebook le groupe «Lutte contre l'augmentation des primes maladies» qui réunit aujourd'hui 6000 sympathisants et ont organisé une manifestation à laquelle ont participé, aujourd'hui samedi, 400 à 500 personnes.

Le cortège est parti de la zone piétonne du Mont-Blanc à 14h30 et a abouti, une heure plus tard, à la Place Neuve en passant par les rues basses, aux cris: «Assurés abusés, pas de profits sur notre santé!» ou «Au voleur, assureurs, rendez-nous l'argent du beurre!». Rarement manifestation n'aura suscité autant de sympathie auprès des passants du centre-ville qui se sont souvent reconnus dans ces revendications et ont semblé satisfaits que quelqu'un les exprime de vive voix.

Avant le départ du cortège, les deux femmes ont souligné qu'elles étaient simplement des citoyennes «lambda» qui se demandaient combien de temps cette hausse incessante des primes allait continuer: «C'est la colère qui nous réunit aujourd'hui!». Elles ont rappelé qu'en 1996, un assuré payait en moyenne 173 francs de prime et que ce prix a triplé depuis lors. Et de demander: «Et nos salaires, eux, ont-ils augmenté?».

Les oratrices improvisées disent se sentir «méprisées» par les caisses-maladies et «en colère» face à «leur attitude bornée». Les caisses comme les entreprises pharmaceutiques bâtissent «des fortunes colossales sur le dos des patients et des citoyens». Elles soulignent le «dysfonctionnement du système actuel» et le «déséquilibre entre assureurs et assurés». Certains n'osent plus consulter, faute de moyens. Et elles se demandent: «Quel est le sens d'un système de santé qui nous rend malade?» Elles considèrent que «c'est à nous de dire stop aux abus. Il n'y a pas de bon ou de mauvais malade. La santé comme l'éducation est un bien fondamental. Ne laissons pas l'assurance maladie nous ruiner!».

Un intervenant du Mouvement populaire des familles informe qu'un couple avec deux enfants paye 13 000 francs de plus par an en assurance maladie aujourd'hui par rapport à 1996. A ses yeux, il faudrait mettre en place une caisse cantonale de compensation. La charge des primes ne devrait pas dépasser 8% du revenu des ménages. «Nous sommes face à tout un système qui va dans le mur.»

Après l'air de «Bella Ciao» joué à l'accordéon et à la clarinette, cette «manifestation citoyenne pacifiste», comme la désignent ses organisatrices, se met en marche vers le pont du Mont-Blanc aux cris «je trime pour mes primes» ou «assureur engraissé, c'est pas bon pour ta santé». Dans le cortège, des hommes politiques bien sûr comme Rémy Pagani et Luc Barthassat qui, à un moment donné, ont été enfarinés. On ne sait trop par qui et pourquoi.

Après avoir parcouru les Rues-Basses, le cortège s'est arrêté à la place Neuve où les différents partis sympathisants ont pris la parole pour dire leur solidarité avec ce mouvement citoyen: PDC, Ensemble à Gauche, Verts, socialistes, MCG et PDT, dont le représentant se demande comment on peut laisser la santé en mains privées. Les autres s'offusquent non seulement de l'augmentation incessante des primes mais de l'opacité financière qui règne dans ce domaine. Les organisatrices de la manifestation sont en faveur d'une caisse maladie unique, sociale et publique. Elles regrettent que les précédentes initiatives dans ce sens aient échoué. Elles se battent également pour un parlement indépendant des assureurs.

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