Sauvez une fratrie de cochons!

InsoliteLa ferme de La Gavotte veut se séparer de ses 14 gorets mais une bénévole refuse que la fratrie soit divisée.

Isabelle Guignard et Lionel Turpide, deux bénévoles de La Gavotte.

Isabelle Guignard et Lionel Turpide, deux bénévoles de La Gavotte. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Une famille de cochons se retrouve au cœur d’un différend à Lancy. La Gavotte cherche depuis deux ans à se défaire de ses 14 mammifères noirs au ventre traînant.

Le 1er octobre, la ferme entreprendra d’importants travaux de rénovation en lieu et place de leur enclos. Ses occupants doivent disparaître avant les premiers coups de pioche. Mais alors que l’association avait trouvé diverses structures prêtes à accueillir ses gorets, Isabelle Guignard, bénévole chargée du soin de ces bêtes, refuse de diviser le troupeau. «C’est toute une famille, nous ne pouvons pas les séparer», insiste-t-elle.

Depuis dix ans, la quadragénaire vit une véritable passion pour ces cochons. «Nous nous sommes intéressés à ces animaux parce que nous les trouvions rigolos; nous avons découvert qu’ils étaient également intelligents et sensibles», confie-t-elle en compagnie de son ami, Lionel Turbide, qui porte pour l’occasion un t-shirt à l’image du mammifère. Si au départ le duo passait voir ses animaux fétiches une fois par semaine, Isabelle Guignard y consacre aujourd’hui toutes ses matinées.

Celle qu’on surnomme amicalement «Madame Cochon» à la ferme ne tarit pas d’éloge sur ses protégés. Il y a Saucisson, «qui a beaucoup perdu» mais pèse encore un bon 150 kg, Coquine «la matriarche», Potelée, «qui a des formes», Chipie «la doyenne» ou encore Mamour «le papa de tous, une crème». Isabelle Guignard pourrait en parler des heures. Si ce n’est des jours.

À moins qu’une urgence coupe court à la discussion. «Vous voyez, ils ne sont pas contents parce que je suis en retard pour le repas», lâche la spécialiste devant quelques grognements. Il est 10 h et les porcs réclament leur encas. «Aujourd’hui, ils ont de la salade et des carottes», détaille leur gouvernante, empoignant avec fierté une imposante brouette remplie de pelures de légumes. Une fois par semaine, les cochons ont droit à une pâtisserie récupérée chez Oberson. «Une de nos truies adore les babas au rhum», sourit la bénévole.

Si l’implication d’Isabelle Guignard a d’abord été saluée par l’association, elle pose aujourd’hui quelques soucis. «Les soins aux cochons sont devenus une chasse gardée, ce qui n’est pas dans l’esprit de la ferme», déplore Benoît Lance, président de l’association. La Gavotte a donné jusqu’à la fin de l’été à Isabelle Guignard et Lionel Turbide pour trouver une solution qui leur convienne.

Ces derniers visent un terrain d’«un hectare minimum». Idéalement une petite ferme où ils pourraient créer un refuge pour cochons. Pour faciliter leurs recherches, le binôme a créé l’année passée une association baptisée «Les groins heureux». Depuis, il a écrit à une vingtaine d’organismes pour solliciter leur aide. En vain. «Personne ne veut de cochons à côté de chez soi, pourtant ils ne font presque pas de bruit et ne sentent pas mauvais», insiste Isabelle Guignard.

Que risque la fratrie si aucun lieu adapté n’est trouvé dans le délai imparti? Les deux bénévoles n’osent pas évoquer cette éventualité. Quant à La Gavotte, son président confie que «c’est un vrai problème». «Ils ne peuvent pas rester où ils sont car les travaux vont démarrer et nous n’avons pas d’autre endroit dans la ferme où les installer», précise-t-il.

Créé: 05.07.2019, 07h14

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