Saskia Duarte, première reine des jardins familiaux

PortraitElle est devenue ce jour-là la première femme à présider la Fédération genevoise des jardins familiaux.

Saskia Duarte-Brugger, dans le groupement des jardins familiaux du Bois de la Bâtie, sous un soleil d’hiver.

Saskia Duarte-Brugger, dans le groupement des jardins familiaux du Bois de la Bâtie, sous un soleil d’hiver. Image: GEORGES CABRERA

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On se souvient de sa prise de rôle, le samedi 14 février à la salle des fêtes de Carouge. Une élection sans nuages, malgré la météo pourrie. Saskia Duarte est devenue ce jour-là la première femme à présider la Fédération genevoise des jardins familiaux, succédant au sortant Jean-Paul Gigly, qui lui a fait la bise comme les quinze autres membres du comité central, sous un tonnerre d’applaudissements.

A croire qu’il est plus facile d’élire la reine des mains vertes que de voter une nouvelle Loi sur la police. Cette reine-là se retrouve aujourd’hui à la tête de 2200 familles maniant la bêche et l’arrosoir, réparties dans 25 groupements et 16 communes du canton de Genève. «Une grande ruche», lâche l’énergique présidente, avant d’ajouter: «On m’a nommée pour la représenter et la défendre. Je vais me battre pour que les jardins soient conservés. Je ne veux pas voir disparaître des lotissements.»

On peut faire confiance à Saskia Duarte. Depuis maintenant deux décennies, elle pratique quotidiennement la vie associative à l’échelon de ces parcelles individuelles où poussent les fruits et les légumes. «Quand j’ai commencé à Montfleury, dans la commune de Satigny, j’avais envie que mes enfants grandissent en étant proches de la nature. Qu’ils apprennent à la respecter et à la soigner, tout en découvrant à leur tour le côté social des jardins familiaux.»

A mots choisis et humains

Tous les âges s’y retrouvent en effet: la dynamique intergénérationnelle n’est pas ici une simple expression à la mode. «Les liens se font et s’entretiennent mieux qu’au pied d’un immeuble, renchérit Saskia. On arrive le matin, on boit son café, on invite son voisin, on est invité par lui; on passe sa journée à échanger en oubliant de jardiner. On se rend service, on se prête des outils, on écoute le retraité qui a perdu sa femme, et ainsi de suite jusqu’à la nuit.»

Eloge simple, à mots choisis et humains, en squattant la terrasse d’un membre du groupement situé sur les flancs du Bois de la Bâtie. En lorgnant au bout de l’allée principale ce palmier «qui est décidément trop haut, contrairement aux barrières qui servent de clôture et qu’il s’agira de rehausser pour décourager les incivilités». Rien n’échappe à Saskia Duarte. «Je me considère comme une autodidacte qui vit à travers les autres.» Les autres sont d’abord les siens: Antoine, «qui est plus qu’un mari pour moi, ma moitié intime, on se connaît depuis plus de trente ans; mes trois enfants, Hugo, Fiona et Léa, la cadette, âgée de 13 ans, née à 6 mois et 3 jours, faisant d’elle l’une des plus petites prématurées de Genève».

Profession: trouver des solutions

Les autres sont les clients des différents magasins de la place dont elle devient, à 22 ans, la plus jeune gérante. A l’époque, Saskia ne compte pas ses heures. Elle apprendra plus tard en exerçant notamment la fonction de procès-verbaliste à l’Asloca puis en entamant une carrière de conseillère en personnel. Toujours au service des autres sans «tomber dans le secours populaire», en les accompagnant dans leur recherche de travail. «Je viens de placer un installateur sanitaire. Il était sans emploi depuis deux mois; voilà, il travaille. J’ai des contacts, je trouve des solutions, c’est mon job.»

On peut miser sur cette femme intègre autant que chaleureuse. Jadis, durant son adolescence, elle a pratiqué le ski de compétition, gagnant de nombreuses coupes, en slalom, en descente et en super-G, sa discipline favorite. Enfiler les portes à grande vitesse. Aller de l’avant, c’est bien ce qu’elle compte démontrer en défendant dès à présent les intérêts de la Fédération genevoise des jardins familiaux, en veillant à ce que ses statuts et son règlement soient respectés. «C’est à ce prix que nous aurons une fédération de qualité.»

Créé: 12.03.2015, 08h10

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