Sandrine Salerno s’affirme en soutien critique de RIE III

Fiscalité des entreprises La magistrate socialiste de la Ville de Genève demande que la droite municipale s’engage à ne pas couper dans les prestations.

L’édile souhaite aussi préserver la fonction publique durant la suspension du frein au déficit.?

L’édile souhaite aussi préserver la fonction publique durant la suspension du frein au déficit.? Image: Laurent Guiraud

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Que va faire le Parti socialiste? Que va dire la Ville de Genève? Mardi, le Conseil d’Etat dévoilait son projet de baisse de la fiscalité des entreprises - fixant le futur taux d’imposition des bénéfices à 13,49%. L’impact de la réforme sur les finances du Canton et des communes sera important (notre édition du 31 août). La conseillère administrative socialiste Sandrine Salerno, cheffe des Finances de la Ville de Genève, dévoile ses positions. Ce sont celles d’un soutien critique.

La réforme RIE III, dès 2019, va coûter 350 millions au Canton et 50 millions à la Ville de Genève. Mais il s’agit de sauver des emplois. Pas le choix?

Il y a toujours le choix. Sauf celui du statu quo, qui menacerait 22 000 emplois directs et 1,1 milliard de rentrées fiscales. On a vu les chocs causés par les fermetures d’entreprises. Je ne veux pas prendre le risque de dire aux Genevois: «On a perdu vos emplois.» Alors oui, cette réforme coûte cher, mais moins que l’inaction. Dans cette optique, le projet du Conseil d’Etat est intéressant. Il ne se livre pas à un chantage et pose un cadre qui permet, malgré la baisse d’impôt, de préserver l’emploi et les prestations sociales. A quelques points près, un soutien de gauche est possible.

A quelques points près... Lesquels?

Sur le fond, le projet du Conseil d’Etat tient compte de mes demandes: maintien de la taxe professionnelle, de la fiscalité au lieu de domicile, qui représentent plus de 160 millions. Mais il faut lui dégager le terrain. Il faut un engagement ferme à ne pas tailler dans les prestations ou la fonction publique durant la période des cinq ans de suspension du frein au déficit. Par ailleurs, une des faiblesses les plus importantes du projet, c’est «l’après». Que se passera-t-il si le pari du Conseil d’Etat échoue? Va-t-on tailler dans les prestations après cinq ans? Non. Il faut introduire une clause de sauvegarde permettant de prolonger la suspension du frein.

Si on additionne les pertes fiscales et les augmentations «naturelles des dépenses», vous dites que Genève doit accepter environ 600 millions de déficit pendant cinq ans et plus! Vu la dette, il faudra actionner le frein à l’endettement.

Ce frein, il faudra le lever aussi le cas échéant. La droite nous assure que la baisse des impôts va provoquer très vite une dynamique améliorant les recettes de l’Etat, donc il n’y a pas de problème à se prémunir contre une catastrophe qui, selon elle, n’arrivera pas. Et puis, la dette genevoise est parfaitement supportable en comparaison internationale. Si la conviction de la droite est sincère, ce ne sera pas un problème.

Vous avez peur que le frein à l’endettement demeure et que ce soit à la population d’arbitrer entre hausse d’impôts et baisse de prestations?

Non. Ce qui compte aujourd’hui, c’est d’assurer les conditions de sécurité et de stabilité à long terme, nécessaires à l’économie, et prévenir une hausse du chômage. Si dans cinq ans, il faut tailler dans les prestations ou augmenter les impôts, on remet en cause tout ce qui a été fait.

Quel est l’impact de la réforme RIE III pour la Ville de Genève?

En l’état, nous perdrions entre 50 et 55 millions nets. C’est presque autant qu’en 2009 avec la baisse d’impôts sur les personnes physiques.

Le Conseil d’Etat veut autoriser les communes à présenter des budgets déficitaires pendant cinq ans. Une bonne idée?

Très bonne. Mais cela ne garantit pas que la majorité de droite du Municipal accepte un budget déficitaire. Je compte donc organiser à l’automne une table ronde avec les partis municipaux et leur demander de s’engager formellement à ce sujet, car je ne veux pas être contrainte de tailler dans les prestations municipales ou la fonction publique. Par ailleurs, je souhaite que le Canton fasse un effort supplémentaire en attribuant à la Ville, grande perdante de cette réforme, une part supplémentaire des recettes temporaires qu’il compte prélever durant cinq ans.

Aujourd’hui, vous soutenez, sous condition, un projet de baisse d’impôt. Certains vont vous accuser de trahir et de payer votre ticket d’entrée au Conseil d’Etat en 2017…

C’est absurde. En 2009, j’ai combattu fermement la baisse d’impôts. En tant que ministre des Finances de la Ville, je suis l’évolution de ce dossier depuis 2012. Si les garanties proposées sont acceptées, la réforme sera globalement dans l’intérêt des Genevois. Cela n’a aucun lien avec des calculs personnels.

(TDG)

Créé: 04.09.2016, 17h51

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