Les «Salopes» consolident leurs positions

FéminismeUn an et demi après sa première mobilisation, le collectif de la «marche des salopes» se constitue en association.

Image: Sébastien Feval/Tamedia

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«Pantalon ou minijupe: rien ne justifie un viol». Il y a un an et demi, le «collectif des salopes» défilait pour la première fois dans les rues de Genève pour dénoncer les violences sexuelles à l’égard des femmes. Une marche à la fois provocatrice et engagée pour tordre le cou aux préjugés. Depuis, le mouvement a pris de l’ampleur: après une nouvelle marche organisée en octobre dernier, il se constitue ce mardi en association. Une manière d’officialiser la lutte et de gagner en visibilité.

«En formant une association avec un comité, une charte et des statuts, le collectif poursuit deux objectifs», déclare Coline, membre du collectif. Il s’agit d’abord de pérenniser le mouvement. «Jusqu’ici, nous fonctionnions sur des bases militantes spontanées. En cas d’épuisement de ses membres, le mouvement courait le risque de disparaître, ce n’est plus le cas désormais.» Malgré le succès des événements organisés depuis plus d’un an, la jeune femme a conscience des limites d’un système informel. «Notre mobilisation première a permis de lancer le sujet, mais pour avancer et avoir du poids démocratiquement le cadre associatif est plus efficace.»

Elle précise néanmoins que la ligne du mouvement restera la même. «Nous sommes une association militante qui lutte contre les violences sexuelles dans une perspective féministe. Aujourd’hui, encore trop de personnes pensent qu’une femme victime de viol détient une part de responsabilité: à cause de son habillement ou de son comportement par exemple. Nous voulons en finir avec ces idées reçues.»

Le mouvement réfléchit d’ailleurs à ses prochaines actions. «Lors de la dernière marche, nous avons récolté une centaine de plaintes symboliques de femmes harcelées, victimes d’attouchement ou de viol. Mêmes informels, ces chiffres donnent l’ampleur d’un problème encore trop souvent tabou. Nous réfléchissons actuellement à la manière de les utiliser. Peut-être en organisant un événement flashmob ou en prenant rendez-vous avec un représentant de l’État pour lui faire part de nos doléances.» Pour ouvrir le débat et discuter de solutions, l’association envisage également d’organiser des Assises sur la violence sexuelle. Et d’ajouter qu’au niveau préventif, il est impératif que la question soit discutée auprès des jeunes dans les cours d’éducation sexuelle. (TDG)

Créé: 06.05.2014, 17h15

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