Les «Salopes» défilent pour défendre leur liberté

SLUTWALKCet après-midi, des femmes et des hommes ont manifesté pour dénoncer les violences sexuelles.

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«Quand une femme dit non, c’est pas oui, c’est non!» Et encore: «Ma mini n’est pas un oui !» Qu’elle porte un pantalon ou une minijupe, une femme ne devrait jamais se faire violer. C’est pour rappeler ce qui est encore loin d’être une évidence que le collectif féministe Slutwalk Suisse organisait cet après-midi une «Marche des salopes». Après s’être rassemblés devant la poste de la rue du Mont-Blanc, les manifestants ont mis le cap vers la rive gauche en empruntant le pont de la Machine, la rue du Rhône puis la Corraterie. Après la place Neuve, les « Salopes » ont gagné la place du Cirque et rejoint la place des Volontaires. Sous le regard mi-amusé, mi-ahuri des passants.

Dès le départ, slogans, pancartes et tenues ne passent en effet pas inaperçus. Bas résille et hauts talons, guêpières et rouge à lèvres: de nombreuses filles arborent une tenue fort légère, bravant un mercure ne dépassant pas dix degrés. D’autres sont habillées plus sobrement. Mais toutes partagent cette idée simple et pourtant combattue: lors d’une agression sexuelle, le seul coupable, c’est l’agresseur. Amanda, 24 ans, est venue de La Chaux-de-Fonds. Chloé, 25 ans, de Delémont; toutes deux participent à leur première Slutwalk. «Des gens qui ont l’air très évolués arrivent à dire: «T’as vu comment elle s’habille ?» pour expliquer qu’une fille se fasse siffler ou agresser dans la rue. Ce n’est pas normal !» déclare Chloé. «C’est le seul crime où l’on blâme la victime. Si quelqu’un se fait voler sa Rolex, on ne va pas dire que c’est sa faute et qu’il avait qu’à pas à être riche !» Un peu plus loin, Morgane et Margot, 14 ans, connaissent une amie à qui «c’est arrivé, et dans son cas, c’était un ami». Elles ont eu droit, en ville, à Genève, à «des mains au cul, des regards qui te donnent l’impression d’être de la viande. Ça énerve. On devrait pouvoir se balader nue sans risquer de se faire violer».

On en est encore loin, à entendre les réactions de certains passants. Croisé à la rue du Rhône, Philippe Coeytaux est stupéfait. Il voit dans la manifestation «l’expression de la violence des femmes. C’est une provocation de plus. S’habiller comme des putes, c’est nous solliciter. On n’est que des hommes et on est dans la nature.» Dans la nature ou dans la culture ? «La culture a ses limites, l’être humain est très basique. Ces femmes-là, on les regarde comme des objets, c’est forcé. J’ai une fille de 22 ans, et elle sait très bien faire la part des choses.» Une opinion à laquelle la charte de Slutwalk oppose l’idée que «le viol n’est pas dû à des pulsions masculines incontrôlables, mais résulte de mécanismes sexistes selon lesquels le corps des femmes ne leur appartient pas et doit être à disposition».

A la fin de la manifestation, place des Volontaires, les manifestants sont appelés à remplir un questionnaire sur les agressions sexuelles qu’ils ou elles auraient subies. Les petites feuilles de papiers sont recueillies dans une «boîte à plaintes», que le collectif souhaite transmettre à la justice. Une jeune femme prend la parole. Elle raconte s’être fait agresser dans le tram 15, un soir, en rentrant chez elle. Ses agresseurs ? Une bande d’adolescents, âgés de dix ans de moins qu’elle. «Plus je pleurais, plus ils riaient.» Lorsqu’elle a relevé la tête, le tram était plein de voyageurs, qui regardaient tous ailleurs. (TDG)

Créé: 12.10.2013, 16h54

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