Le Salon des inventions repoussé, celui de l’auto maintenu

CoronavirusMalgré l’expansion du virus, le salon automobile aura lieu. Joue-t-on avec le feu? Directeur général et médecin cantonal rassurent.

Image: Keystone

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La menace de l’épidémie de coronavirus – rebaptisé récemment Covid-19 – plane au-dessus des grands événements. Dernière victime en date: le Salon international des inventions de Genève, qui devait se tenir à Palexpo du 25 au 29mars, est reporté à septembre. La semaine passée, c’est le Mobile World Congress, à Barcelone, dont 25% de la fréquentation vient d’Asie, qui a été annulé.

Les yeux se tournent maintenant vers son pendant genevois: Palexpo doit accueillir du 5 au 15 mars le Salon international de l’automobile de Genève (GIMS), avec 602'000 visiteurs l’an passé, 10'000 journalistes et plus d’une centaine d’exposants du monde entier. Alors qu’elle compte, pour cette édition, six exposants de zones à risques – quatre de Chine et deux de Hong Kong – la manifestation est pourtant maintenue. Le directeur du GIMS, Olivier Rihs, se veut rassurant: «À l’heure actuelle, il n’y a aucune raison d’annuler. Il n’y a aucune infection confirmée en Suisse. Par ailleurs, l’OMS n’a pas émis de restrictions de voyage.»

Pourquoi maintenir le GIMS alors qu’on reporte le Salon des inventions? La réponse est à chercher du côté des exposants. Près de 50% des «inventeurs» viennent d’Asie, dont un tiers de Chine et un tiers de Hong Kong. L’obtention des visas et la planification du voyage par voie aérienne devenant de plus en plus difficiles, la direction du Salon explique avoir choisi la «sagesse» avec un report.

Joue-t-on avec le feu?

Le GIMS, lui, ne compte que six exposants asiatiques sur 150, relève Olivier Rihs. Ceux-ci seront accompagnés pour être accueillis «de la meilleure manière possible». Cela ne signifie pas une prise en charge stigmatisante ni le port d’un masque, ajoute-t-il. «Il faut qu’ils puissent être à l’aise, ce ne sont pas des pestiférés!» De leur côté, les exposants prennent aussi des précautions, assure le directeur: «Ils n’ont aucune envie d’importer le virus. Les personnes qui présentent des symptômes ou soupçons de refroidissement ne partiront pas.» Quid des journalistes et du public? «Aucun accompagnement particulier.» Et de préciser qu’en général, seulement 0,3% des visiteurs viennent d’Asie.

Tout de même, ne joue-t-on pas avec le feu? Le médecin cantonal, Jacques-André Romand, n’est pas inquiet. «Les voyages depuis la Chine sont soumis à des règles très strictes qui nous mettent à l’abri, même si le risque zéro n’existe évidemment pas. Air China, par exemple, a instauré des contrôles visuels et de température avant l’embarquement. Les passagers sont observés durant le vol par des agents de santé.»

Et si un malade venait à passer entre les mailles du filet, «ce serait alors un cas importé, répond-il. Jusqu’à présent, tous les foyers secondaires du virus ont été éteints, à l’exception du paquebot en quarantaine au large du Japon.»

Mesures d’hygiène accrues

Palexpo indique être en contact régulier avec la Direction générale de la santé et le médecin cantonal pour développer un plan sanitaire adaptable à l’évolution de la situation. Pour l’instant, seules des mesures de nettoyage et de désinfection accrues sont prévues pour le GIMS. Une sensibilisation est menée auprès du personnel et une fiche de «bonnes pratiques» a été envoyée aux exposants. Enfin, une signalétique rappellera les recommandations de base.

Jacques-André Romand résume celles-ci: «La personne asymptomatique n’est pas contagieuse; si on vient d’une zone fortement contaminée, il faut être attentif pendant quatorze jours à tout symptôme grippal; enfin, se laver fréquemment les mains et éviter les contacts rapprochés non nécessaires avec des personnes souffrant d’affections respiratoires.»

L’Office fédéral de la santé publique et le Canton ont le pouvoir de décréter l’annulation du GIMS. «Ce serait un cas de force majeure», pointe Olivier Rihs. Et un coup de massue pour l’organisateur car ce genre de cas n’est pas pris en charge par les assurances. Mais on n’en est pas encore là. La fréquentation démarre même sous de bons augures: le nombre de billets vendus en ligne ainsi que les accréditations de journaliste sont supérieurs à ceux de l’an passé.

Créé: 17.02.2020, 19h38

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