Salika Wenger décline le rouge dans son cœur, sur ses lèvres et sur… ses semelles

Les candidats à l’Exécutif de la Ville (3/4)Dotée d’un caractère bien trempé, la représentante du Parti du Travail veut être la voix du «peuple de gauche».

Image: Pierre Albouy

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S’il est un personnage haut en couleur dans cette élection, c’est sans conteste Salika Wenger. Et s’il fallait définir cette couleur, ce serait le rouge: celui de ses lèvres, d’où sort une rhétorique impeccable et souvent implacable, mais aussi quelques jurons bien sentis. Ou encore le rouge des semelles de ses talons Louboutin, son luxe à elle, styliste de mode de profession, qui confectionne tous ses vêtements. Enfin, c’est bien entendu le rouge symbole de son combat politique, de son attachement à la gauche radicale, qui remonte à l’enfance. A 63 ans, celle qui se définit comme un «pur produit du Parti communiste français» se bat toujours pour «les plus démunis».

En juin, lorsqu’elle annonce sa candidature à l’élection complémentaire au Conseil administratif de la Ville de Genève, c’est encore et toujours pour défendre le «peuple de gauche». «Il fallait que cette voix soit représentée, sinon le débat aurait été biaisé. Le citoyen doit avoir le choix.» Et d’ajouter: «J’aime le nom de mon parti. Le Parti du Travail, cela dit clairement qui on défend.»

Coups bas

Certes, sa voix aurait pu dépasser les frontières dudit parti et représenter l’ensemble de la gauche. Mais c’était compter sans les dissensions dans son camp, certains arguant qu’un gouvernement monocolore risquait de faire tache. «C’est la plus mauvaise analyse politique de tous les temps. Mes amis communistes d’Europe ont cru à une blague belge!» sourit-elle. Et de marteler: «Face à la montée du Parti libéral-radical, la Ville peut et doit se doter d’un administratif puissant pour résister à la vague bleue.»

Qu’importent les coups bas, c’est donc soutenue uniquement par son parti, les Indépendants et les Jeunes socialistes qu’elle part au combat. Assumant ses prises de position détonantes et ses méthodes un brin déroutantes: «Je n’aime pas le conflit. Par contre, je négocie pied à pied. Je suis capable de négocier avec le diable. Seul le résultat compte. C’est quelque chose que m’ont enseigné des politiciens expérimentés.» Un sens politique qui s’aiguise au fil des ans. Prenant son envol à Genève, le jour où, croisant une amie aux Bains des Pâquis, elle se laisse enrôler et est élue députée.

Née en Kabylie, elle traverse la Méditerranée, «au sein de ma mère», raconte-t-elle. Direction: Paris, le XXe arrondissement, rue des Amandiers. «J’ai grandi avec vue sur les toits, j’en ai gardé un amour inconditionnel pour Paris.» Et pour les grandes villes en général. «Je suis un rat urbain. Pour moi, une balade, c’est faire du shopping. Je ne comprends pas qu’on puisse vouloir vivre à la campagne. Quel ennui!»

De fait, son métier de styliste, appris avec Madame Marguerite, première main chez Lanvin dans l’entre-deux-guerres, la mènera à New York, Rio. Au point que Genève lui semble parfois toute petite. «Mais ça fait trente ans que je suis là. Maintenant, c’est chez moi!»

Et c’est donc en toute logique que cette bête de la politique s’engage dans la gestion de sa cité. Suite à son mandat de députée, elle devient conseillère municipale en Ville de Genève en 2007. «J’aime ce travail de proximité avec les citoyens. Quand on prend une décision, on sait qu’elle influe directement sur la vie des habitants.» D’où sa candidature pour rejoindre l’Exécutif.

«Je suis une guerrière»

Si elle est élue le 4 novembre, elle prônera «la construction de logements sociaux, afin de contenir la spéculation foncière». Autre mesure qui lui tient à cœur: «Réintégrer l’ensemble des services de la Voirie au sein de l’administration municipale. Car c’est un service public!» Elle entend aussi soutenir le commerce de proximité, revaloriser l’entretien des parcs, augmenter l’éclairage public.

Sa solution pour faire face à la montée de l’insécurité? «J’en ai marre qu’on me parle d’insécurité. A Rio, il y a 100 morts par semaine, les gamins se baladent avec un 38 sur eux. A New York, certains quartiers sont des coupe-gorge. Ici, c’est Disneyland en comparaison!» Une fois la réaction épidermique passée, elle admet la nécessité d’avoir une bonne police de proximité pour faire face à la petite délinquance. «Je suis d’accord pour augmenter les effectifs, mais je veux qu’ils redeviennent des gardiens de la paix.»

S’appuyant sur le travail de terrain, sa notoriété et son réseau, la fervente militante entend défendre ses chances jusqu’au bout. «Je suis une guerrière», conclut-elle. Ces messieurs sont prévenus. (TDG)

Créé: 30.10.2012, 07h46

Bio express


1949 Naissance le 25 juin en Kabylie. Départ pour Paris.

1956 A 7 ans, son père l’inscrit chez les «Vaillants», les «scouts» communistes.

1969 Elle ouvre sa première boutique. Son métier de styliste l’emmènera à New York, à Rio.

1975 Rencontre au Brésil avec son futur mari, Nicolas Wenger.

1990 Elle débarque à Genève.

1997 Elue députée, elle siège jusqu’en 2005.

2002 Elle claque la porte du Parti du Travail, qu’elle réintégrera plus tard.

2007 Entrée au Municipal.

4 novembre 2012 Candidate à l’élection complémentaire de l’Exécutif municipal. M.P.

Le quiz sur Genève

Salika Wenger répond du tac au tac à cinq questions sur Genève.

1. Combien le «Cé qu’è lainô» compte-t-il de strophes?


Huit.

2. De quand date le premier Conseil municipal de la Ville élu et combien de membres le composaient?

Je dirais 1930 et 50 membres.

3. Quelle fut la première femme présidente du Conseil municipal de la Ville?


Pas la moindre idée. (Une fois la réponse donnée) Ah mais oui, bien sûr, Berenstein. J’étais sûre que c’était une socialiste.

4. Combien la Ville de Genève compte-t-elle d’habitants?


188 000.

5. Combien coûte un abonnement mensuel senior aux TPG?

40 francs. (En découvrant que c’est 10 francs de plus) 50 francs? C’est vachement cher. Je suis pour la gratuité des transports publics.

Réponses

1. 68 strophes.

2. 1842 et 81 membres.

3. La socialiste Jacqueline Berenstein-Wavre, en 1968.

4. 192 385 habitants (au 30 juin 2012).

5. 50 francs.

M.P.

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