Le salaire des emplois solidarité devient un casse-tête pour les employeurs

SocialBerne a interdit à l’Etat de fixer la rémunération de ces emplois destinés aux chômeurs de longue durée. Le système est déstabilisé.

Le conseiller d’Etat Mauro Poggia a été très clair, il n’y aura pas de baisse de la rémunération des EdS. Il fera figurer cette condition dans le règlement d’application de la loi.

Le conseiller d’Etat Mauro Poggia a été très clair, il n’y aura pas de baisse de la rémunération des EdS. Il fera figurer cette condition dans le règlement d’application de la loi. Image: DR

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C’est un petit grain de sable dans la mécanique des emplois de solidarité (EdS), mais il risque de gripper la machine. Sous l’injonction du Secrétariat fédéral à l’économie (SECO) et à la demande du Conseil d’Etat, le Grand Conseil a retiré à l’Etat, le 18 septembre, la responsabilité de fixer lui-même le niveau des salaires des EdS. Afin que Berne considère que ce sont de «vrais emplois» (ce qui donne droit potentiellement aux indemnités de chômage), c’est donc aux employeurs de s’y atteler. Mais pour ces derniers, c’est un véritable casse-tête.

Ce qui est certain, c’est qu’il n’y aura pas de baisse de la rémunération des EdS. Le conseiller d’Etat Mauro Poggia a été très clair sur ce point et fera figurer cette condition dans le règlement d’application de la loi. La question est donc de déterminer un montant de salaire a priori plus élevé que ceux actuellement en vigueur: de 3225 à 4225 francs selon le niveau de qualification que requiert la fonction occupée.

Crainte d'un effet pervers

Les craintes exprimées le 18 décembre lors d’une séance avec les services du conseiller d’Etat Mauro Poggia sont de deux ordres. La première est qu’une partie des entreprises ne puisse assumer financièrement une augmentation des charges salariales (subventionnées en partie par le Canton).

La seconde peur est liée au risque d’un effet pervers. «Les emplois de solidarité ont été créés pour des personnes fragilisées qui n’ont pas accès au marché ordinaire de l’emploi, rappelle Christophe Dunant. directeur général de Réalise. Il faut que les gens aient une motivation financière à sortir de ce marché complémentaire adapté à leurs possibilités. Or si les salaires y sont aussi élevés que dans le marché ordinaire, l’intérêt de chercher ailleurs sera minime. Ce serait particulièrement regrettable pour les plus jeunes.»

Mauro Poggia rassure

Mauro Poggia assure toutefois en être pleinement conscient. «Il y a effectivement un double impératif à ce que les salaires restent plus bas que ceux du marché ordinaire, précise-t-il. Ils doivent être supportables financièrement et garder un aspect incitatif. Les emplois de solidarité sont de véritables emplois, mais ils sont également une sorte de sas, qui doivent conduire vers autre chose.»

Le conseiller admet que pour les 60 ans et plus, cet «autre chose» est difficilement atteignable. «C’est pourquoi l’Etat est prêt à verser 250 francs de plus pour ces personnes-là. conclut-il. Mais je pense qu’il faudrait inventer un autre outil pour ces personnes que les emplois de solidarité.» (TDG)

Créé: 05.01.2016, 19h22

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