Ruée sur la centrale solaire participative des SIG

Énergies renouvelablesLes 750 m2 de panneaux photovoltaïques proposés aux Genevois ont été vendus en dix jours. Une bonne affaire?

Avec cette offre, chacun peut acquérir un mètre carré de panneaux solaires.

Avec cette offre, chacun peut acquérir un mètre carré de panneaux solaires. Image: Keystone

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Les Services industriels de Genève (SIG) se lancent dans le financement participatif. Après avoir créé en février une plateforme de «crowdfunding» via laquelle tout un chacun peut sponsoriser des mesures d’économie d’énergie dans des entreprises, la régie publique met à nouveau les Genevois à contribution, mais pour son propre compte cette fois. Les SIG proposent à la population de parrainer un ou plusieurs mètres carrés d’une centrale photovoltaïque qu’ils sont en train de construire sur le toit de la salle omnisports du Petit-Lancy. L’installation devrait être mise en service au début de l’année prochaine.

Le solaire à portée de tous

Pour la somme de 350 francs, chacun peut ainsi devenir «propriétaire» d’un mètre carré de panneaux solaires sur une durée de vingt années. En échange, l’acquéreur bénéficie de 100 kilowattheures (kWh) d’électricité par an. Selon les SIG, cela permet par exemple de faire tourner son lave-linge cent fois par an à 60 degrés. Cette quantité d’électricité sera déduite de la consommation facturée au client.

«Nous voulons ouvrir l’énergie solaire à tout le monde, explique le directeur général des SIG, Christian Brunier. Cela s’adresse en particulier aux locataires, qui représentent 80% de la population genevoise et qui n’ont pas la possibilité de mettre des panneaux photovoltaïques sur leur toit. Le but est de développer davantage cette énergie renouvelable à Genève.» Grâce à une campagne de publicité massive, le succès dépasse les espérances des SIG. Les 750 m2 de panneaux mis en vente sont partis en à peine dix jours. Près de 300 personnes ont souscrit à l’offre «Mon m2 solaire».

Il reste sur le toit de la salle omnisports une surface équivalente de panneaux photovoltaïques, qui alimentera ce bâtiment et l’école attenante. «Nous pouvons ainsi disposer d’une centrale solaire sans avoir à investir nous-mêmes, se réjouit Stéphane Lorenzini, conseiller administratif à Lancy. Et comme il s’agit d’autoconsommation, nous ne payerons pas la taxe sur l’utilisation du réseau. En plus, cela permet à la population de participer au projet. C’est génial!»

Selon les SIG, l’avantage pour les acheteurs de mètres carrés solaires est d’avoir la garantie de ne pas subir de hausse de tarif pendant vingt ans sur leurs 100 kWh annuels. La régie admet toutefois que si les tarifs de l’électricité devaient rester stables, cette opération ne serait pas rentable pour les souscripteurs. Cela se résumerait alors à un geste «militant» en faveur de la transition énergétique.

Mais d’après un connaisseur du marché de l’énergie solaire, c’est là le principal (sinon l’unique) intérêt de cette offre: «Cela rend tangible votre effort pour les énergies renouvelables, estime Laurent Barcellini, patron de Yellowprint, une entreprise genevoise spécialisée dans le conseil et la gestion de projets photovoltaïques. Vous pouvez dire à vos enfants: je possède X m2 de cette centrale solaire. En revanche, en termes pécuniaires, ce n’est pas si intéressant.»

Un tarif pas si avantageux

Le spécialiste calcule qu’avec «Mon m2 solaire», le kWh est vendu à 17,5 centimes, soit à peine moins que le tarif de l’offre SIG Vitale Soleil (100% de votre courant d’origine solaire, non lié à l’achat de mètres carrés), qui est à 18.20 ct./kWh selon les tarifs pour 2019. «De plus, vous allez payer ces 17.5 ct./kWh pendant les vingt prochaines années, alors que le coût de production de l’énergie solaire ne cesse de baisser.» Au passage, Laurent Barcellini lance une pique aux SIG. En effet, ils affirment sur leur site Internet qu’il s’agit de la «première centrale solaire participative du canton», mais il avait lui-même mis sur pied un projet similaire en 2011 déjà, dont la Tribune de Genève s’était fait l’écho à l’époque.

Enfin, selon lui, un mètre carré de panneaux photovoltaïques produirait jusqu’à deux fois plus de courant que ce qui est fourni aux souscripteurs de «Mon m2 solaire». Ainsi les SIG pourraient revendre le solde à leurs autres clients. Ce que Christian Brunier conteste: «La production peut varier en fonction des conditions climatiques, et elle baisse au fil du temps. Nous avons fait des hypothèses afin de garantir dans tous les cas 100 kWh par an pendant vingt ans, indépendamment du vieillissement de la centrale.»

Créé: 13.11.2018, 08h07

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