À la rotonde des Pâquis, les sports de rue font leur pub

FestivalLa Ville de Genève a organisé la première édition d’une nouvelle manifestation destinée aux jeunes, mais pas qu’à eux…

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Ils sont vraiment trop mignons! Dimanche vers onze heures, une dizaine de bambins de sept à huit ans s’alignent sur la rotonde des Pâquis choisie par la Ville de Genève pour cette première édition du festival des sports urbains.

Alors que les footballeurs freestyle s’échauffent, que des adolescents magnifiquement carénés maltraitent des barres fixes, les petits ont les yeux fixés sur le moniteur de leur initiation au parkour, cette gymnastique en mouvement qu’on pratique en utilisant le mobilier urbain. Sérieux et concentrés, imitant chaque geste du moniteur de l’association KBS, ils sautent sur des caissons, roulent sur les tapis. Pas si simple, les chutes! Au lieu de rouler sur l’épaule, certains partent en culbute. Mais le plus difficile, pour la plupart, reste encore de respecter la queue pour accéder aux engins… Difficile pour les garçons de ne pas piquer la place des filles! Alors que l’initiation se déroule, la tête tourne à essayer de tout suivre. Normal, cette première édition mélange tout: street workout, parkour, break dance, street football, slack line, etc.

De nouveaux sports

Si tout cela ne vous dit pas grand-chose, ce n’est guère étonnant: «Les frontières des arts et des sports deviennent de plus en plus poreuses, explique le conseiller administratif Sami Kanaan. Des sports installés se déstructurent pour en créer d’autres, qui doivent à leur tour se structurer pour exister.»

Prenez le street workout. Ce serait «l’échauffement que pratiquaient les gladiateurs avant les combats», assure Salif, président de l’association. Ce sport, qui se pratique aux barres, fixes ou parallèles, comporte des éléments de gymnastique artistique avec probablement une composante de force plus importante, puisqu’il n’y a pas d’élan ni de tremplins pour faire son entrée. Maëlle, 16 ans, effectue sur la barre à trois mètres une traction suivie d’un fléchissement. Elle est ravie: «C’est un mouvement de base et cela fait deux mois que je m’entraîne pour le réussir.»

De même, le parkour peut comporter des éléments acrobatiques qu’on retrouvera au sol. Mais c’est un sport débutant et comme bien d’autres clubs, KBS cherche frénétiquement des locaux d’entraînement pour y laisser ses agrès.

Ces points communs avec la gymnastique artistique, c’est ce qui a attiré William. L’après-midi, ce garçon de 12 ans suit d’un regard attentif une compétition. Il aimerait en être: «J’aime l’adrénaline, le côté artistique du parkour. Je fais de la gymnastique et le côté force pourrait aider. Et puis, iI y a une manière de se déplacer qui m’attire.» À côté, sa mère, mi-amusée, mi-catastrophée, confirme que son fils ne rêve que de sauter de toit en toit: «Il parle d’Andalousie à cause des toits plats des maisons de villages.»

Un autre public

Oui, mais quand même, le risque d’accident ne refroidit-il pas les parents? «Il me semble que si les jeunes sont bien encadrés en salle, si les entraîneurs attestent du sérieux de l’entraînement, c’est OK, dit le père, Claudio Calcio, professeur de karaté au civil. Leur œil aguerri leur dira après si les élèves sont prêts pour la compétition. Et de toute façon, ce genre de choses, c’est l’avenir du sport.»

De fait, c’est un autre public que celui des salles de sport qui s’est rassemblé samedi et dimanche, plus jeune, plus divers. Il est Somalien et habite place des Augustins, ce jeune homme qui s’accroche aux barres. «L’équipe m’a dit que j’étais bon, alors je continue», dit-il dans un français encore hésitant. La Ville l’a bien compris, qui cherche à faire passer des messages auprès des jeunes. Hubert Rousseau, du Service des sports, les compte sur ses doigts: «On travaille sur la prévention de l’alcool, du tabac, des jeux vidéo et de la drogue. On a travaillé pour réaliser une manifestation non genrée et ouverte aux personnes à mobilité réduite. Nous avons rappelé les 30 ans de la convention des droits de l’enfant et des représentants de l’ONU et de l’Unicef se sont déplacés.»

Il n’est pas certain que les centaines de personnes passées entre samedi et dimanche aient vraiment perçu que de si nombreuses fées s’étaient penchées sur cette manifestation. L’essentiel, c’est qu’elles ne l’aient pas gâchée.

Créé: 15.09.2019, 20h49

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