Rodéo des Charmilles: un chauffard condamné pour meurtre par dol éventuel
Un auteur de la course-poursuite des Charmilles a été condamné en appel à une peine plus lourde, soit cinq ans de prison.
Le chauffard de 26 ans qui avait tué un piéton en novembre 2013 est condamné en appel à cinq ans de prison pour meurtre par dol éventuel. En première instance, il avait écopé de quatre ans d'emprisonnement pour homicide par négligence. La peine est non seulement alourdie, mais elle constitue une première à Genève.
«Sa conduite a été tellement téméraire, au terme d'un rodéo routier en pleine ville, après avoir consommé du cannabis dans la journée, en ayant atteint une vitesse de 164 km/h (…), qu'il ne pouvait pas sérieusement compter (…) sur sa capacité à éviter l'issue fatale», écrit la Chambre pénale d'appel et de révision dans un arrêt du 6 juillet dernier.
Les juges confirment la course-poursuite. S'appuyant sur la jurisprudence, ils estiment qu'étant donné sa vitesse, sa conduite et les circonstances, la perte de maîtrise était inévitable et «tout pouvait arriver». C'est pourquoi ils qualifient les faits de meurtre par dol éventuel, a indiqué mardi 20 minutes.ch. De quoi s'agit-il? L'auteur, qui ne veut pas le résultat dommageable pour lui-même, envisage le résultat de son acte comme possible et l'accepte au cas où il se produirait. En clair, pour la justice, le chauffard était conscient qu'il pouvait porter atteinte à la vie d'autrui. C'est du jamais vu à Genève.
Pas de négligence
«Enfin! La justice genevoise a eu, pour la première fois, le courage de qualifier correctement ces comportements sauvages, réagit Me Robert Assaël, l'avocat du survivant qui a fait appel. Rouler sur la rue de Lyon comme sur un circuit de F1 pour imposer sa virile toute-puissance dénote un mépris et une indifférence extrêmes de la vie humaine; il n'y avait pas place pour la négligence!»
La Cour de justice donne ainsi raison au Ministère public, lequel avait soutenu le meurtre par dol éventuel pour le conducteur de la BMW. En revanche, elle maintient pour le second chauffard, âgé de 22 ans, la qualification d'homicide par négligence. Celui-ci avait écopé de trois ans de prison, dont douze mois ferme. Son avocat n'a pas souhaité s'exprimer.
Une décision «politique»
Le défenseur du conducteur de la BMW, Me David Abikzer, conteste pour sa part la nouvelle qualification retenue en deuxième instance et n'exclut pas un recours auprès du Tribunal fédéral. «Mon client ne partage pas le raisonnement de la Cour de justice. S'il avait eu conscience des conséquences que pouvait engendrer son comportement, il se serait arrêté immédiatement.» L'avocat vaudois s'interroge sur «la différence de traitement entre les deux chauffeurs» alors que «leur comportement ne légitime pas que l'un soit condamné à cinq ans sans sursis et l'autre à un an ferme».
Tout l'enjeu de cette affaire résidait dans la qualification des faits. «J'ai l'impression que cet arrêt est plus politique que juridique et vise à transmettre un message à la population. Or, la Cour doit faire du droit, pas de la politique, pas de la prévention routière», déplore Me Abikzer.
Voitures surpuissantes
Le 13 novembre 2013, vers 22 h 30, deux jeunes au volant de leurs bolides, une BMW et une Subaru, chacune modifiée pour gagner en puissance, ont fait la course autour de la gare. Un père de famille qui traversait le passage pour piétons de la rue de Lyon a été percuté par la BMW, dont la vitesse s'élevait alors à plus de 150 km/h. Il est décédé presque immédiatement. L'autre victime, l'appelant, défendue par Me Assaël, a souffert notamment d'un traumatisme crânien sévère. Un automobiliste a lui aussi été blessé.
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