La Roche-sur-Foron, notre voisine médiévale

Les villes du Léman Express (2/5)Le prolongement français du CEVA rapprochera Genève de la cité haut-savoyarde. Son centre historique mérite une excursion.

L’église Saint-Jean-Baptiste est coiffée d’un clocher à bulbe au style très germanique.

L’église Saint-Jean-Baptiste est coiffée d’un clocher à bulbe au style très germanique. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Si la gare de Perpignan est le centre du monde selon Salvador Dalì, celle de La Roche-sur-Foron n’offre ni extase ni centralité. Perchée sur les hauts de la ville, elle prend la forme d’un hall modeste avec son guichet et quelques automates. Est-ce un signe? Ce jour-là, les seuls voyageurs présents se trouvent à l’extérieur, dans l’attente d’un bus sur le parking servant de gare routière.

«Ici, on n’a pas le réflexe de prendre le train», confirme le maire de la ville haut-savoyarde, Sébastien Maure. Alors, à six mois de l’inauguration du Léman Express, l’élu n’est pas certain que les Rochois – et plus particulièrement les 2000 travailleurs frontaliers – se rueront sur l’abonnement de train (au prix de 171 francs mensuels) avant le mois de décembre. «Économiquement, cela en vaudra la peine, mais il faudra peut-être quelques années pour changer la donne. Nous restons dans un milieu rural où l’usage de la voiture est très ancré.»

À leur décharge, les habitants de la cité médiévale cachée derrière le Salève n’ont pas été aidés jusqu’alors. L’infrastructure ferroviaire actuelle? Vétuste et constamment en retard. Pour rallier Genève, le Rochois doit consentir à une escale à Annemasse. En décembre, tout change: deux rames toutes neuves passeront chaque heure en direction de Genève, qui ne sera plus qu’à une quarantaine de minutes. «Le succès du Léman Express dépendra de la ponctualité et de la qualité du train», prédit Sébastien Maure.

Feu le comté de Genève

Au cœur de l’été, ce n’est pas pour évoquer l’avenir des flux transfrontaliers que l’on se rend à La Roche-sur-Foron. Mais pour voir ce que la petite ville a à offrir au visiteur venu de l’autre côté du Salève.

La cité médiévale est son attrait majeur. Mais avant d’y arriver, comme s’il avait fallu compenser le charme des châteaux et des rues pavées, la modernité lui a infligé des parkings – 2200 places de stationnement pour seulement 12 000 habitants – disgracieux et envahissants. Passons.

C’est quand on pénètre dans le centre historique que La Roche-sur-Foron se dévoile. Au bout d’une légère ascension et de quelques escaliers, le sommet de la Tour des comtes de Genève (ouverte l’après-midi en juillet, toute la journée en août) offre un point de vue sur la vallée de l’Arve, le massif des Bornes, le Môle et le bassin lémanique. Il ne reste du château fort du comté de Genève que le donjon, mais il rappelle que La Roche fut la capitale comtale aux XIe et XIIe siècles.

Lorsqu’ils s’intéressent à la guerre avec le duc de Savoie, les Genevois retiennent la date du 12 décembre 1602. Mais en réalité, le conflit durait depuis belle lurette. À La Roche, c’est la nuit du 29 mars 1590 qui a laissé des traces, quand les Genevois se sont introduits dans les murs de la ville. Ils ont vaincu et détruit la forteresse dont la Tour des comtes est l’ultime vestige. À ses pieds, l’ancien collège de France a été transformé en médiathèque. «Saint François de Sales y a étudié», indique Sophie Critin, guide du patrimoine Savoie Mont-Blanc.

La visite se poursuit aux pieds des châteaux de l’Échelle et du Saix. Le premier, possession de la Ville, doit son apparence aux restaurations modernes – il a notamment été détruit par des Genevois soucieux d’affaiblir davantage l’ennemi après l’Escalade – et jouit d’un élégant jardin. Le second, en mains privées, ne se visite pas.

Mesures à grain et alchimie

Contrairement à la plupart des bourgs médiévaux et de leurs venelles entortillées, le centre historique de La Roche est traversé par une large artère. Quand on atteint la rue des Fours, trois mesures à grain de 1558 – bassins de tailles diverses sculptés dans la pierre – attestent des activités commerciales. En contrebas, la chance (une porte ouverte, en réalité) nous permet de pénétrer dans un bâtiment privé qui fut la «maison de l’alchimiste». Dans un passage d’époque converti en hall d’immeuble, on s’amuse à décrypter les symboles ésotériques sculptés dans le mur.

En face, l’église Saint-Jean-Baptiste laisse apparaître un étonnant clocher à bulbe. «On le doit à des Savoyards de retour après avoir émigré en Autriche», précise la guide. L’excursion s’arrête aux portes de la cité médiévale. S’il veut poursuivre, le visiteur peut rejoindre Annecy (30 km) dans un sens, Chamonix (60 km) dans l’autre. Plus près, la Bénite Fontaine attend les âmes en quête de spiritualité. Plus haut, le plateau des Glières, sanctuaire de la Résistance, s’offre également aux sportifs.

Créé: 15.07.2019, 18h22

Des festivals estivaux à foison

À la Mairie comme à l’Office du tourisme, on se félicite: La Roche-sur-Foron peut compter sur un vaste réservoir de bénévoles. Parmi ses 12 000 habitants, la cité haut-savoyarde compte entre 200 et 300 personnes déterminées à animer leur ville.
C’est ce qui explique le riche programme culturel estival rochois. Principalement musicale, souvent gratuite, la programmation a toujours une pensée pour les enfants, avec des activités et des spectacles spécialement dédiés aux petits.

Zik’ en ville a débuté ce week-end. Ce festival gratuit offre une vingtaine de concerts en plein air, au centre-ville, tous les vendredis soir d’été (sauf le 2 août) jusqu’au 30 août. Les artistes viennent pour la plupart de la région dans des registres variés: rock, soul, funk ou reggae. Un festival off enrichit l’offre. L’après-midi, «Kid’s en ville» occupe les enfants avec ses spectacles, ateliers, structures gonflables et même un karaoké.
Avec ses banjos, violons et mélodies rythmées, le Bluegrass vient du Kentucky, mais trouve à La Roche-sur-Foron un festival spécifiquement dédié. Il est même l’un des plus importants d’Europe. Du 31 juillet au 4 août, l’événement rassemble 35 groupes venus de onze pays, d’Europe et évidemment des États-Unis, pour 50 concerts gratuits.

Le «La Roche Bluegrass Festival» ouvre ses scènes à des groupes jouant aussi bien dans un style traditionnel que contemporain. Si le festival «in» prend possession de la cour du Collège Sainte Marie, des artistes se produisent également dans les rues et sur les terrasses des cafés et restaurants en toute simplicité.

Enfin, le rendez-vous musical fait office de concours du meilleur groupe européen de l’année. Durant la première semaine du mois d’août, le public peut également s’initier aux instruments du Bluegrass, participer aux bourses aux CD, vinyles et BD, goûter des bières artisanales et même assister à une messe Bluegrass, le dimanche à 10 h.

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