Les riverains de l'aéroport de Genève montent au front

Nuisances des avionsUne initiative communale est lancée à Vernier pour demander l'interdiction des vols de nuit.

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La croissance effrénée de l’aéroport de Genève inquiète ses voisins, qui subissent les nuisances des avions. Jeudi, l’Association des intérêts de Vernier village (AIVV) a lancé une initiative communale demandant aux autorités verniolanes d’intervenir en faveur d’une interdiction des vols entre 23 h et 6 h du matin. Exception faite, évidemment, pour les urgences, par exemple sanitaires.

Croissance menaçante

Les initiants redoutent une extension des horaires de vol pendant la nuit, afin de répondre à la forte croissance du trafic aérien à Genève Aéroport. Ils rappellent que celui-ci a crû de 65% de 2000 à 2012, en bonne partie à cause de l’offre grandissante des compagnies low-cost. «En 2014, la barre des 15 millions de passagers annuels a été franchie. L’objectif poursuivi est d’atteindre 25 millions de passagers en 2030. En Europe, aucun autre aéroport ne connaît un tel taux de croissance», dénonce le texte. «Comme il est impossible de construire une deuxième piste, la seule solution pour l’aéroport de croître davantage est d’étendre la plage horaire des vols», suppute Christina Meissner, membre du comité de l’AIVV et conseillère municipale UDC, qui a déjà déposé au délibératif communal, en janvier, une motion en tous points similaire. La même proposition a d’ailleurs été faite en 2013 au Conseil national, via une initiative parlementaire socialiste. «Pouvoir dormir n’est ni un luxe, ni un privilège, c’est un droit absolu au même titre que respirer de l’air», lance le président de l’AIVV, Jean-François Bouvier.

Impact sur la construction

L’association souligne que les nuisances sonores du trafic aérien ont aussi un impact sur le développement de la commune: «On ne peut plus construire de logements ou d’écoles sur près de 20% du territoire verniolan, à cause de l’ordonnance fédérale de protection contre le bruit», déplore Jean-François Bouvier. Selon les initiants, la fermeture nocturne de l’aéroport rendrait 400 000 m2 de terrains à nouveau constructibles dans les communes riveraines. En novembre, le Conseil fédéral a autorisé la construction de logements autour de l’aéroport de Zurich, arguant qu’il n’y a pas de vols entre minuit et 6 h, contrairement à Genève, où les vols sont autorisés dès 5 h. Pour l’AIVV, il y a là une inégalité de traitement. En lançant cette initiative maintenant, elle espère influer sur la révision du Plan sectoriel d’infrastructure aéroportuaire (PSIA), en cours à l’Office fédéral de l’aviation civile.

Bertrand Stämpfli, porte-parole de Genève Aéroport, assure que la Suisse est l’un des pays les plus restrictifs pour les vols nocturnes: «En 2014, à Genève, il n’y a eu que 65 vols entre 0 h 30 et 6 h, essentiellement pour des raisons sanitaires ou diplomatiques. De plus, 87% des mouvements ayant lieu après 22 h sont des atterrissages, nettement moins bruyants que les décollages.» Et de rappeler que la taxe sur les avions les plus polluants a permis d’investir 46 millions de francs dans l’isolation phonique de 3000 logements à Genève et en France voisine. (TDG)

Créé: 27.02.2015, 16h25

Mobilisation générale

Les nuisances du trafic aérien ont suscité de nombreuses discussions ces derniers jours. Jeudi soir, l’Association des riverains de l’aéroport de Genève (ARAG) organisait un débat à Versoix. Le thème: la pollution générée par les avions. Une trentaine de personnes étaient présentes. Parmi elles, le maire PDC de Versoix, Cédric Lambert, le conseiller administratif PLR de Vernier, Pierre Ronget, et la députée Verte, Lisa Mazzone. Le public était essentiellement composé d’habitants de la rive droite, mais aussi de résidents français, dont le président de l’Association française des riverains de l’aéroport, Georges Ryser. Docteur de son état, ce dernier a évoqué les effets néfastes pour la santé du monoxyde de carbone, des particules fines et autres polluants émis par les avions. Plusieurs personnes ont aussi mentionné l’impact psychologique des nuisances sonores du trafic aérien, comme la dépression. Le même soir, lors d’une réunion participative sur le plan directeur communal de Vernier, plusieurs groupes et associations ont aussi abordé la question. Enfin, lundi, à Versoix, le Conseil municipal a voté une résolution (lire nos éditions du 25 février) demandant la création d’un fonds de compensation pour indemniser les communes subissant les nuisances de l’aéroport. Celles-ci touchent près de 20 000 Genevois en tout.

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