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Des riverains risquent de mettre le CEVA en retard

La mise en service prévue en 2019 risque un report. Les nuisances sonores sont en cause.

Champel, chantier de la halte de Champel-Hôpital (CEVA).
Champel, chantier de la halte de Champel-Hôpital (CEVA).
Laurent Guiraud

Ils craignent le vacarme ferroviaire, mais leurs oppositions font déjà beaucoup de bruit. Dans son bilan trimestriel, le projet CEVA a annoncé mercredi que de nouvelles oppositions risquaient de retarder la mise en service de ce chemin de fer, déjà repoussée de 2017 à 2019.

Quatre oppositions sont parvenues à l’Office fédéral des transports (OFT) après les tests vibratoires effectués sur le tracé. Des recours sont ensuite possibles jusqu’aux juges fédéraux. «Le planning des travaux est serré et nous n’avons pas de prise sur la procédure qui s’entame, explique Magalie Melly, porte-parole du projet CEVA. Il y a donc une menace sur la date de mise en service.»

Déjà une longue bataille

Même si le CEVA a déjà fait, de 2008 à 2012, l’objet d’une longue bataille face aux cours fédérales, il n’est pas étonnant que de nouveaux écueils apparaissent. Les juges avaient laissé en suspens le thème des nuisances, impossibles à évaluer tant que les tunnels ne seraient pas bâtis. En 2012, le Tribunal fédéral avait jugé «adéquate» la méthode consistant à «des mesurages in situ , une fois le gros œuvre achevé», afin de choisir les protections nécessaires pour respecter les normes.

Ces mesures ont débuté il y a un an et leurs résultats sont peu à peu mis à l’enquête. Il n’y a pas eu d’opposition autour de la halte de Champel, mais il y en a eu quatre sur le tronçon allant de l’avenue Théodore-Weber à la frontière: une en Ville et trois à Chêne-Bougeries, a révélé hier 20minutes.ch. D’autres riverains sont aux aguets ailleurs, par exemple au Bachet.

Conseil de deux groupes d’opposants chênois et d’un troisième au Bachet, Nicolas Wisard liste deux types de griefs. D’abord, la méthode. Lors des travaux, des riverains ont constaté qu’ils subissaient plus de nuisances que des voisins plus proches des engins de chantier. La faute à la façon différente que chaque bâtiment a de transformer les vibrations du sol en résonance – ce qu’on nomme le son solidien. Ils n’ont pas obtenu que des capteurs soient posés sur certaines habitations lors des essais. Et, selon eux, les résultats publiés seraient lacunaires.

L’autre reproche met en cause la norme légale en matière de nuisances sur laquelle se basent les responsables du chantier. Elle a pourtant été validée par les juges fédéraux lors de la longue procédure contestant l’autorisation de construire. «La norme actuelle se fonde sur des moyennes de décibels durant une période donnée, faisant fi des pics, ceux qui vous réveillent en pleine nuit, explique Me Wisard. Mais, depuis lors, la jurisprudence a évolué. Dans de récents arrêts sur des nuisances routières, aériennes ou industrielles, le Tribunal fédéral a demandé qu’une attention soit portée à ces pointes.»

Des tapis de caoutchouc

Le projet CEVA, lui, souligne les efforts consentis pour les riverains. Une manne supplémentaire de 13 millions a été octroyée pour les protections, des tapis de caoutchouc posés sous les dalles qui supporteront les voies. Les responsables prévoient d’offrir un confort supérieur à la norme légale, «en vigueur dans toute la Suisse», souligne Magalie Melly.

Les risques de surcoûts ne sont pas encore chiffrés. Mais pour les limiter, ne faudrait-il pas aller dans le sens des opposants en proposant des protections encore plus luxueuses? La porte-parole est sceptique: «Rien ne garantit que la mise en place de mesures plus lourdes (et plus coûteuses) empêcherait une opposition.»

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