La «révolution» au travail gagne du terrain aux SIG

GenèveIls sont aujourd’hui 650 employés au siège de la régie publique à être passés en mode «EquiLibre».

La nouvelle organisation des bureaux des SIG propose, entre autres, des espaces informels ouverts.

La nouvelle organisation des bureaux des SIG propose, entre autres, des espaces informels ouverts. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Questionnez les employés des Services industriels de Genève (SIG) sur le projet «EquiLibre», ils vous parleront spontanément du quotidien. De ces petites choses de la vie qui font que la journée au travail se déroule plus ou moins bien. La possibilité de se lever trente minutes plus tard pour l’un. Le besoin de s’asseoir près de la fenêtre pour l’autre. «Dit comme ça, ça peut paraître anodin, souligne Virginie Serpollet, responsable éditorial digital aux SIG. Mais peut-être que mis bout à bout, on obtient un tout autre rapport au travail.»

Voilà six mois qu’elle a elle-même sauté le pas. Avec son équipe, elle a rejoint le projet «EquiLibre» donc. Une idée née en 2010 visant à réorganiser le travail pour renforcer la notion de bien-être parmi les employés. Concrètement, on parle d’horaires «à la confiance» – fini la badgeuse – et de redistribution de l’espace de travail – les places attitrées disparaissent, comme l’obligation d’être présent toute la semaine dans les locaux. Un programme qui n’a cessé de gagner du terrain, puisqu’après une phase pilote concluante en 2012 — 100 personnes étaient concernées – il a été étendu entre 2015 et 2016 à quelque 650 employés sur les 1000 que compte le siège du Lignon.

Fin de la colocation

Les services marketing et communication sont passés à EquiLibre il y a maintenant six mois et les premiers automatismes ont déjà été pris. «Il faut venir un peu en avance pour réserver sa place favorite», plaisantent les employés dans l’espace partagé. Concrètement, chacun est invité à sélectionner son poste en fonction de la disponibilité, de la tâche ou de son état d’esprit. Au choix: bureaux partagés, bocaux isolés, salle de réunion ou encore espace café. Et le soir, tous sont priés de ranger. Les effets personnels disparaîtront dans des casiers sur lesquels apparaissent les visages des employés en polaroïd.

«Ma place à moi, ce n’est pas quelque chose qui me manque, analyse Sophie Gallay, community manager. Par contre, je regrette parfois la proximité perdue des petits bureaux. Cette impression de vivre avec des colocataires.» Qu’a-t-elle gagné en échange? «On se mélange plus. Les supérieurs n’ont plus de bureau et sont présents à nos côtés dans l’espace commun. On les connaît mieux.»

Sans oublier le télétravail. Le projet «EquiLibre» propose aux collaborateurs de rester à la maison jusqu’à deux jours par semaine. «Dans les faits, nous sommes toujours tenus à de nombreuses réunions et la présence au bureau est souvent nécessaire, analyse Amédée Monaco, responsable produit électricité vitale et eau et qui habite à Lausanne. En l’espace de six mois, je n’ai pu rester chez moi que six fois.»

Jours de petite maladie

Dans la petite salle de réunion, les quatre employés prennent une pause. L’heure est venue d’aborder la seconde composante du projet «EquiLibre», l’horaire dit «à la confiance». Une mesure qui reste à ce jour optionnelle, même pour les employés ayant basculé dans le nouveau programme. «Nous ne sommes plus tenus par des horaires fixes, lance Nils Sareczki, responsable maîtrise d’ouvrage déléguée. Autrefois, nous étions attendus avant 8 h 30 au bureau. Aujourd’hui, je n’ai plus d’impératif. Je suis père de deux petites filles. Cette flexibilité est par exemple idéale les jours de maladie.»

Confiance et heures sup

«Nous travaillons aujourd’hui à la tâche.» Dans la salle de réunion, le constat est partagé. La nouvelle flexibilité, aussi bien horaire que spatiale, a changé le rapport au travail. Les contrôles au quotidien, visuels ou par la badgeuse, sont devenus obsolètes. Il ne subsiste que les objectifs et leur réalisation. «Managers comme employés doivent apprendre à se faire confiance les uns les autres, analyse Marc Torbay, responsable du service communication. Seul le résultat compte. Le processus est encore jeune et tout le personnel n’en est pas encore au même niveau d’assimilation.»

Des inquiétudes pour l’avenir? Marc Torbay souligne le nécessaire travail des managers, dans la définition d’une limite vie privée-vie professionnelle toujours plus floue. Les employés parlent, eux, du décompte des heures supplémentaires, dorénavant discutées directement avec leurs supérieurs. Quant aux syndicats, ils relèvent que de nombreux points restent en suspens. La crainte de voir se développer une société à deux vitesses, entre ceux dont la fonction permet le passage à «EquiLibre» et les autres, est bien réelle. La poursuite du programme a néanmoins été validée, sous condition de points de situation réguliers et d’une possibilité de retour en arrière. (TDG)

Créé: 09.03.2016, 10h17

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