Comment revenir aux États? Le défi de la droite genevoise

Élections nationalesAu National, où Genève hérite d’un siège de plus, l’UDC et le PLR rêvent d’une victoire. Mais les prétendants sont nombreux.

Le résultat de la course dépendra notamment des divisions à droite.

Le résultat de la course dépendra notamment des divisions à droite. Image: Magali Girardin / Archives

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Alors qu’à gauche le duo Cramer - Maury-Pasquier entretient le suspense sur son maintien ou son retrait des prochaines élections fédérales de 2019 (lire notre édition du 17 août), la droite se prépare au combat pour retrouver une représentation au Conseil des États perdue il y a plus de dix ans. «Avec l’éventuel départ des représentants de gauche, c’est le moment, nous avons une occasion», souligne la conseillère nationale UDC Céline Amaudruz.

La droite, mais quelle droite? L’Entente seule ou l’Entente, le MCG et l’UDC? That is the question. Pour sa part, le conseiller national PLR Hugues Hiltpold est déjà dans les starting-blocks: «Il doit y avoir un équilibre entre la gauche et la droite au sein de la représentation genevoise, explique-t-il. Après douze ans à Berne, je pense avoir une approche informée des principaux dossiers. Si mon parti le confirme en novembre, je serai donc candidat aux États et uniquement aux États.»

Qui l’accompagnera sur le ticket de l’Entente? À ce stade, ce n’est pas clair. Au PDC, le colistier naturel du candidat PLR, Guillaume Barazzone, se tait en attendant d’en savoir plus sur la stratégie de la gauche. «Tout est ouvert, commente Hugues Hiltpold. Mais historiquement, il y a toujours eu deux candidats de l’Entente.»

Si l’élu PLR insiste sur ce point, c’est évidemment parce que l’union de la droite bourgeoise est cruciale pour remporter un scrutin majoritaire en deux tours, comme celui des États.

«Il faudra ratisser large»

Mais c’est aussi parce que l’intérêt de se présenter avec un PDC semble discutable à certains… «Si nous voulons gagner, il faudra ratisser large au deuxième tour, explique le conseiller national PLR Christian Lüscher. Je ne suis pas sûr que Guillaume Barazzone voudra y aller. Et Hugues Hiltpold est un bon candidat pour le centre droit et la droite.» Le scénario qu’esquisse ici Christian Lüscher n’est rien d’autre qu’une alliance, au moins tacite, avec l’UDC. Une candidature PLR unique laisserait en effet une place à l’UDC, ce qui pourrait en retour valoir des voix reconnaissantes au candidat PLR…

Ce scénario a-t-il des chances? À voir. Pour se réaliser, il faudrait que le PDC ne présente personne. Et il faudrait un candidat PLR compatible avec l’UDC. Plutôt qu’Hugues Hiltpold, Yves Nidegger voit Benoît Genecand dans ce rôle. Son atout? En 2017, il a publiquement mis en doute la libre circulation. «C’est le seul qui puisse nous faire envie», avoue Yves Nidegger.

Malheureusement pour l’UDC, Benoît Genecand ne semble pas partant: «En 2019, le candidat PLR sera Hugues Hiltpold. Il sera accompagné par un élu PDC, Guillaume Barazzone. Et au cas où le conseiller national PDC refuserait, par Claude Bocquet ou Jacques Blondin, par exemple.»

Ces candidats au profil ancré dans les campagnes apporteraient un complément intéressant à celui de l’entrepreneur carougeois Hugues Hiltpold.

À ce stade un scénario bien connu se dessine à nouveau: celui d’une pléthore de candidatures concurrentes à droite. Car faute d’accord, l’UDC présentera certainement un ou deux candidats aux États, probablement Yves Nidegger et Céline Amaudruz, qui se disent intéressés. Pour sa part, le MCG, annonce son conseiller national Roger Golay, sera aussi de la partie. Bref, «dans ce cas, ce sera la même configuration qu’en 2015, avec probablement le même résultat: l’élection de deux élus de gauche», soupire d’avance Yves Nidegger.

Le sort du 12e siège

Au Conseil national, la bataille sera intéressante. D’une part, le siège d’Hugues Hiltpold, qui ne se représente pas, est à prendre. D’autre part, un douzième siège a été attribué à Genève, augmentation de la population oblige. Lors des dernières élections cantonales, le PLR s’est plutôt renforcé. Du coup, le siège laissé libre par le PLR ne paraît pas menacé et une surprise semble même possible. Guillaume Barazzone repartant pour le National au minimum, le siège PDC ne semble pas menacé non plus. Mais l’UDC a des ambitions: «Un troisième siège UDC n’est pas exclu, nous l’avions raté de peu en 2015», rappelle pour sa part Céline Amaudruz. Il est difficile de se livrer à des pronostics sur le maintien du MCG, mais allié à l’UDC et en représentant Roger Golay, il devrait se maintenir. A gauche, les Verts, qui ont vivement progressé lors des élections cantonales, sont aussi sur les rangs.

(TDG)

Créé: 21.08.2018, 17h43

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