Retraite des fonctionnaires genevois: un socialiste réclame 300 millions de plus

Prévoyance professionnelleLe renflouement coûtera des milliards de francs. Le député Deneys est rapporteur de minorité de la commission des Finances

Image: Francesca Palazzi

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Roger Deneys veut porter de 800 millions à 1,1 milliard de francs le renflouement immédiat des caisses de retraite des fonctionnaires par l'Etat de Genève. Fin juin, le nouveau chef du groupe socialiste au Grand Conseil a été le seul à s'opposer au plan de refinancement du 2e pilier de l'Etat de Genève, un peu plus de 43'000 affiliés. L'autre représentant du PS à la commission des finances, indique une autre source, l'ex-candidate à la succession de Mark Muller, Anne Emery-Torracinta, s'est abstenue.

La facture sera étalée sur 40 ans. Berne donne en effet jusqu'en 2052 pour se mettre en règle. Plutôt lourde la note! Sans doute supérieure à 4 milliards de francs pour le canton de Genève et à 2 milliards pour les fonctionnaires, sans compter deux ans de plus à cotiser, sauf pour les employés des hôpitaux exécutant des tâches pénibles, et des diminutions de rente pour la plupart des nouveaux retraités.

A noter que les retraités actuelles sont épargnés. «Les deux fois bénis» comme les qualifient le PLR Pierre Weiss, rapporteur de majorité, parce qu'ils ont payé des cotisations relativement légères et touchent une pleine retraite fondée sur leur dernier salaire? Roger Deneys sourit et ne dément pas. David Hiler a sans doute voulu éviter que les retraités apportent leur soutien au Cartel intersyndical qui menace le projet d'un référendum.

Gare à la tutelle de Berne et à la sanction de Standard & Poors

Sur le fond, le socialiste ne conteste pas la nécessité de renflouer la caisse de retraite publique. Il ne prend pas à la légère la menace d'une mise sous tutelle par Berne du système de prévoyance genevois si le plan devait être refusé, ni le risque d'une dégradation de la note de Genève, comme Standard & Poors l'a laissée entendre dans le dernier carnet délivré au canton en juillet.

Il manque pratiquement un franc sur deux pour payer toutes les rentes dues dans le cas hypothétique où l'Etat cesserait de fonctionner. Trois raisons à cette situation: 1) l'Etat et les fonctionnaires n'ont pas assez cotisé depuis des lustres. 2) On vit plus longtemps donc il faut accumuler un capital de retraite plus grand. 3) L'effondrement des placements boursiers réduit le bas de laine des futurs retraités.

Le député socialiste ne remet donc pas en cause les pivots du plan de redressement négocié l'an dernier par David Hiler et les syndicats de la fonction publique: hausse des cotisations, baisse des rentes pour les salariés au-delà de 80'000 francs par année. Il accepte aussi que, la crise économique s'étant encore creusée depuis un an, la durée de cotisation soit augmentée de deux ans et non d'un. Mais il s'insurge des chipotages et des provocations de la droite à l’encontre de la fonction publique. Le 13 septembre prochain devant le Grand Conseil, tandis que la rue de l'Hôtel de Ville résonnera sans doute des protestations des fonctionnaires mobilisés par le Cartel, le socialiste réclamera que le canton augmente sa participation immédiate de 300 millions pour assurer les rentes des retraités actuels et il défendra plusieurs amendements.

Rester aussi proche que possible de l'accord entre le Cartel et l'Etat employeur

Son objectif est que la loi colle le plus possible au protocole d'accord signé l'an dernier entre les partenaires sociaux. Il souhaite que le comité de gestion de la caisse reste composé de 28 membres comme proposé initialement dans le projet de loi et non de 20 comme la droite l’a finalement voté. Il estime aussi que le taux de cotisation peut être maintenu à 26,65% et non à 27%.

Roger Deneys réclame aussi le maintien d'une participation substantiel de l'Etat, comme le propose le gouvernement, dans le cas des rachats d'années de cotisation en cas de réévaluation de fonction ou de promotion, alors que le projet de loi voté par la commission impute la facture aux seuls fonctionnaires concernés. Le rapporteur de minrité refuse encore que le plan de redressement soit encadré tous les cinq ans car il focalise l’attention sur des objectifs absurdes de rendement à court terme. Trois jalons comme le prévoit la loi fédérale suffisent

(TDG)

Créé: 10.08.2012, 09h10

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Nouveau chef de groupe

Roger Deneys est depuis le début août le nouveau chef du groupe socialiste au Grand Conseil. Il succède à sa collègue Lydia Schneider Hauser. Né au Niger d'une mère suisse et d'un père belge, le Plan-les-Ouatien d'adoption franchit un pas de plus dans la société genevois.

Dans son blog «A Genève et ailleurs», il fait part de cette barrière typiquement genevoise contre laquelle butte nombre d'immigrés: «Intégration tout d'abord assez "difficile" dans l'opulente et - relativement - fermée société genevoise avant de connaître et rejoindre l'association Etat d'Urgences à l'époque d'un lieu qui s'appelait le Fiasko... l'ancêtre de ce qui allait devenir l'Usine...». Il a grandi à La Chaux-de-Fonds avant de venir en 1981 à Genève pour des études de physiques et de sciences économiques.

En 1994, il crée avec sa compagne Nathalie Ruegger l'entreprise informatique ImagineR Software. «Nous allons à vélo chez nos clients et nous utilisons les véhicules de Mobility CarSharing pour nos livraisons.» Une démarche qui a été récompensée en 2000 par le Prix cantonal de l'Environnement, ancêtre du prix du développement durable. Il n'a plus de voiture depuis 1993 et plus de télé depuis l'âge de 14 ans.

Tombé tout petit dans la marmite socialiste (sa mère a été conseillère nationale PS) il est député depuis 2003. Il siège dans les commissions des Finances, de l'Economie, de l'Environnement et du personnel de l'Etat. Il est président de Coordination Transports et Déplacements et Groupement des Entrepreneurs et Indépendants progressistes et membres du comité d'autres associations dont une coopérative d'habitation.

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