Les retards s’accumulent pour l’Office des poursuites

Administration publiqueAbsentéisme et informatique obsolète ont fait exploser le temps moyen de prise en charge des dossiers.

A l’interne, des fonctionnaires de l’Office situé à la rue du Stand pointent des conditions de travail qui se sont détériorées.

A l’interne, des fonctionnaires de l’Office situé à la rue du Stand pointent des conditions de travail qui se sont détériorées. Image: Lucien Fortunati

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Vingt jours en 2014 contre quarante en 2015. Le temps moyen de prise en charge des dossiers a doublé à l’Office des poursuites (OP). Cette augmentation brutale pointe les difficultés d’un service qui a reçu plus de 471 000 réquisitions l’an passé (hausse de 2,5%). «Nous ne sommes pas bons en matière de temps de traitement des réquisitions de poursuites, concède Philippe Dufey, préposé à l’office, entré en fonction à la fin de 2014. Nous devons nous améliorer, mais on ne peut pas dire que l’office dysfonctionne», poursuit-il. Ainsi, les 200 collaborateurs de la rue du Stand voient s’amonceler les dossiers par milliers. Leur structure est la plus importante de Suisse en termes de collaborateurs et de volumes d’argent qui transitent.

Un système à 9 millions

L’informatique serait la source principale du ralentissement de la cadence. Pourtant, le Grand Conseil a voté un crédit de 8,9 millions de francs en 2012 afin de remplacer un système vieux de trente ans. En 2010 déjà, le préposé précédent affirmait devant les députés que «l’outil informatique ne permet de s’assurer que l’ensemble des émoluments dus à l’Etat soit encaissé». Qu’en est-il aujourd’hui? Attendue en 2015, la mise en service a dû être repoussée à plusieurs reprises. Quant à la société informatique chargée de réaliser le programme, elle a été remplacée par un nouveau prestataire en cours de processus. «Nous sommes à bout touchant», indique désormais Philippe Dufey, convaincu que la situation s’améliorera avec le nouveau logiciel. «Notre objectif: démarrer à Pâques de cette année.»

Autre raison invoquée par l’Office des poursuites, la difficulté à atteindre les débiteurs lorsque des courriers recommandés sont envoyés. Car depuis 2014, les facteurs ne montent plus dans les étages. Quoi qu’il en soit, la structure chargée de diligenter les poursuites enregistre un taux de retour de 90% de ses envois recommandés.

Absences record

Vient ensuite la question de l’absentéisme. Alors que l’Etat présente des taux avoisinant les 5%, l’Office des poursuites a atteint 10% en 2015. En se basant sur les chiffres de l’année précédente (toutes les données pour 2015 n’étant pas encore disponibles), seuls les voisins de l’Office des faillites mesurent des taux similaires au sein de l’Etat. «L’absentéisme élevé est le résultat d’un certain nombre de faiblesses dans l’organisation et le management par le passé, qui sont en train d’être corrigées, assure Roland Godel, secrétaire général adjoint chargé de la communication au Département des finances. Il y a notamment quelques cas d’absences de longue durée qui font grimper la statistique.»

A l’interne, une série de fonctionnaires pointent le climat tendu et l’augmentation de la charge de travail, notamment parmi les huissiers, contraints «d’expédier» des quantités de dossiers intenables.

Les créanciers, eux, sont contraints de patienter avant que leurs demandes ne soient prises en charge. Un chiffre rassure néanmoins Philippe Dufey: les plaintes administratives adressées à l’Autorité de surveillance (qui permet de s’opposer à une mesure dans un délai de dix jours) ont légèrement fléchi entre 2014 et 2015. «Il y en a eu 223 sur les 471 740 réquisitions déposées en 2015, fait-il savoir. Leur taux d’acceptation de 13,5% est relativement bas.» (TDG)

Créé: 03.02.2016, 18h56

Tourner la page des scandales

Remettre de l’ordre, tourner la page. Le discours semble se répéter à la rue du Stand, lieu de résidence de l’Office des poursuites. En 2005 déjà, jour de l’inauguration des nouveaux locaux, la directrice Felicia Schumacher annonçait «une nouvelle ère». A l’époque, il fallait se relever après le scandale de 2001 qui a mené à la révélation de graves dysfonctionnements et à la condamnation d’un collaborateur à trois ans et demi de prison pour avoir détourné 3,5 millions de francs.

Depuis, rien n’est simple à l’Office des poursuites. Et chaque préposé – dont la fonction équivaut à celle d’un directeur général – se donne pour mission de rompre avec le passé. En parallèle, les affaires n’épargnent pas ce service aux prises avec la délicate question des dettes. Parmi celles-ci figure le cas d’un employé poursuivi par un couple de restaurateurs en 2011 suite à une escroquerie pour un montant de plus de 50?000?francs. Dans la foulée, un autre fonctionnaire est condamné après avoir admis le détournement de dizaines de milliers de francs à des débiteurs venus régler leurs dettes au guichet. Plus récemment, en 2014, une perquisition a fait grand bruit à la rue du Stand. Elle s’explique par des soupçons de corruption passive de deux huissiers. La procédure est toujours en cours.

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Brexit: Theresa May à Bruxelles
Plus...