La restitution d’un sarcophage à la Turquie est validée

Justice genevoiseLa Cour de justice rejette un recours déposé par des marchands d’art détenteurs d’une pièce d’antiquité remarquable.

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Le sarcophage romain en marbre blanc dormant aux Ports Francs depuis des années doit être restitué à la Turquie. C’est la décision rendue récemment par la Cour de justice genevoise, contre l’avis de ses détenteurs, deux frères marchands d’art de renommée mondiale, qui recouraient contre une ordonnance du Ministère public.

Comment cette pièce rare, d’une valeur culturelle inestimable, décorée d’une frise représentant les douze travaux d’Hercule, est-elle parvenue jusqu’à Genève? Une question au cœur d’une bataille judiciaire depuis plus de cinq ans entre ses détenteurs, Ali et Hicham Aboutaam, et la République turque.

Les recourants affirment avoir hérité du sarcophage de leur père, décédé en 1998 dans le crash du vol SR111, qui n’avait pas pu leur expliquer les conditions d’acquisition d’innombrables pièces de sa collection. «Aucun document ni explication de l’intéressé n’ont révélé la provenance de cette antiquité, son cheminement ainsi que les circonstances de son acquisition, relève notamment la Chambre pénale de recours dans son arrêt du 2 mai. Cet objet a été importé en Suisse, sans toutefois y être déclaré.»

Transféré à Londres pour être restauré puis stocké, de 2002 à 2009, l’objet entreposé aux Ports Francs de Genève avait été découvert en 2010 par des douaniers lors d’un contrôle d’inventaire. L’enquête minutieuse menée par le procureur genevois Claudio Mascotto s’était appuyée sur une analyse de l’Office fédéral de la culture, des relevés photographiques dans la région d’Antalya, des auditions de témoins en Suisse comme en Turquie, des analyses minéralogiques et stylistiques approfondies. Ses conclusions ont été validées par la Cour de justice: «Il paraît suffisamment établi que le sarcophage saisi a été illicitement excavé de la nécropole de Perge, avant 1991 ou entre 2000 et 2002, puis, de manière tout aussi illégale, exporté de Turquie et importé en Suisse.»

Le Ministère public enregistre avec satisfaction la confirmation de son ordonnance de restitution. La décision réjouit tout autant les autorités turques, réagit leur avocat, Me Marc-André Renold: «La Cour confirme d’une manière extrêmement claire que le sarcophage provient de la nécropole de Perge, qu’il a été le produit d’une fouille illicite et qu’il est détenu de manière illégale par ses deux possesseurs actuels en Suisse.»

Ceux-ci n’ont pas encore dit leur dernier mot. Leur avocat, Me Laurent Baeriswyl, commente: «Nous considérons que la décision de la Chambre est totalement arbitraire, avec un arrière plan idéologique. Nous allons donc faire recours au Tribunal fédéral.» (TDG)

Créé: 10.05.2016, 20h56

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