Un réseau social 100% genevois pour fédérer les ados

PréventionL’application OTOP met en lien les jeunes pour s’offrir des «coups de pouce» et promouvoir une entraide au niveau local.

Carlos, 24 ans, et Anthony, 15 ans, font partie des premiers utilisateurs de l’application.

Carlos, 24 ans, et Anthony, 15 ans, font partie des premiers utilisateurs de l’application. Image: Georges Cabrera

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La prévention classique des comportements à risque chez les jeunes n’atteint pas souvent sa cible. C’est ce que soutient Mathilde Chevée, fondatrice de l’association genevoise Kairos, reconnue d’utilité publique. Alors pour prévenir autrement la violence, l’addiction, voire la radicalisation, elle a lancé l’application OTOP, un réseau social créé par et pour les ados.

Natation et questions LGBT

«Lorsque des jeunes s’engagent volontairement dans un comportement à risque , ils sont souvent conscients de ce qu’ils sont en train de faire donc ils ne vont pas forcément appeler au secours, explique-t-elle. L’application les met dans une position de responsabilité, ce sont eux, et non des adultes, qui se positionnent en protecteurs de l’autre. OTOP permet ainsi de constituer un réseau social d’entraide et d’action au niveau local.» Concrètement, avec l’application, le jeune peut partager ses compétences avec ses amis en s’attribuant des OTOPS – des centres d’intérêt, des qualités – et en distribuer à ses copains, du «vélosophe» à «main verte» ou encore «nageur». Ensuite, l’onglet «Coups de pouce» lui permet de valoriser ces compétences, en créant un groupe de discussion pour trouver des joueurs de foot, des bénévoles pour un festival, des motivés pour un concert caritatif.

Carlos, utilisateur de 24 ans, vient de proposer à quelques amis une sortie natation. «Je n’avais pas envie de nager seul. Ils ont fait passer le mot à leurs potes et on s’est retrouvé à cinq, dont une personne que je ne connaissais pas. On va reconduire ça!» Anthony, 15 ans et apprenti en vente, ajoute que OTOP, c’est aussi un partage de compétences. «Je fais du tchoukball et je vais organiser un match d’initiation pour faire découvrir ce sport aux autres.» Enfin l’application permet aussi de chercher de l’aide sans en avoir l’air, relève Mathilde Chevée. Carlos développe: «J’ai une amie qui a mis un OTOP gayfriendly. Je sais que si je me pose des questions sur ce sujet, je pourrai lui en parler librement, elle est open.»

Une application par et pour les jeunes. Mais avec quels garde-fous? Comment prévenir les comportements malveillants? La fondatrice précise qu’un jeune qui lance un «coup de pouce» ne peut contacter que ses «amis», soit ceux dont il possède le numéro. C’est ensuite à eux d’ajouter les leurs. Ensuite, continue-t-elle, «nous collaborons avec la protection de l’enfance et nous avons instauré des procédures pour être alertés en cas de comportements problématiques. Nous ne voyons pas le contenu des conversations mais des indices peuvent nous alerter. Par exemple, il y a peu de raisons d’instaurer une conversation de un à un, si quelqu’un les multiplie ça peut être étrange et nous pourrons alors investiguer.»

«Pas là pour se montrer»

Les jeunes sont déjà saturés de technologies et des réseaux sociaux. En quoi OTOP est-il différent de Facebook? «Ils ne sont pas là pour se montrer, d’ailleurs il y a très peu d’images. C’est un lieu qui sert à rendre concrétisables des idées, à valoriser leurs compétences et à s’entraider, non pas à s’exposer.»

L’application, encore en version bêta mais disponible sur l’Apple Store, a été lancée officiellement il y a quelques semaines et téléchargée près de 200 fois. Elle est codéveloppée par des jeunes avec la contribution de l’école CREA à Genève, tout comme les affiches promotionnelles. (TDG)

Créé: 13.02.2018, 08h58

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