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La représentante mapuche auprès de l’ONU obtient un sursis

Le renvoi de cette militante a été suspendu suite à une décision du Comité des Nations Unies contre la torture.

Flor Calfunao Paillalef.
Flor Calfunao Paillalef.
Steeve Iuncker-Gomez

Grand ouf de soulagement pour la représentante mapuche auprès de l’ONU, Flor Calfunao Paillalef! Selon une récente information diffusée par le Service International pour les droits de l’homme (ISHR), le renvoi de cette militante a été suspendu. Le Tribunal fédéral administratif (TAF) avait annoncé, cet été, le rejet de sa dernière demande d’asile en Suisse (voir notre édition du 20 juillet). Or, à la suite d’une décision du Comité des Nations Unies contre la torture (CAT) datée du 23 août, «les autorités suisses se sont engagées à ne pas procéder à l’expulsion de Flor Calfunao Paillalef, tant que le Comité n’aura pas fini d’examiner la plainte déposée par la défenseure». Le CAT peut en effet demander au pays concerné d’adopter des mesures provisoires pendant qu’il enquête sur les faits exposés.

Une telle procédure n’est donc pas contraignante mais, comme elle peut prendre plusieurs mois, la représentante mapuche auprès de l’ONU reste donc en sursis pour quelque temps. Et ce répit constitue un «vrai soulagement» pour la militante et pour ses partisans. «La Suisse est une terre de refuge pour beaucoup de défenseurs des droits humains. Notre organisme les soutient par tous les moyens», motive Fanny Toutou-Mpondo, au nom d’ISHR.

Établie à Genève depuis plus de vingt ans, Flor Calfunao Paillalef redoute, en effet, d’être renvoyée au Chili, où les Mapuches se battent depuis des années pour la récupération de leurs terres ancestrales dans le sud du pays.

Dans un arrêt de juillet, le TAF était arrivé à la conclusion que les Mapuches n’étaient pas exposés à une persécution collective dans ce pays sud-américain: «Un individu ne doit pas craindre que sa seule appartenance à cette population entraîne une haute probabilité d’être poursuivi.»

Cette militante mapuche de 56 ans et ses partisans ont un tout autre avis: «Les persécutions des Mapuches sont bien réelles; elles ont pour but que ces Indiens d’origine quittent leurs terres ancestrales, où ils vivent depuis des siècles.»

Au-delà de sa propre sécurité, Flor Calfunao Paillalef, lauréate du Prix 2008 «Femme exilée, femme engagée» de la Ville de Genève, souhaite rester à Genève pour «continuer à dénoncer la politique d’extermination subie par son peuple». «À ce titre, mon seul espoir de poursuivre mon travail repose sur l’ONU», affirme-t-elle.

La militante est la seule personne à représenter et porter les préoccupations de son peuple auprès du Conseil et autres instances des droits de l’homme. Son renvoi au Chili mettrait un terme au lien privilégié entre les Mapuches et les Nations Unies.

«Un comité d’experts va à présent analyser les risques de torture et de traitement cruel, inhumain ou dégradant à son égard si elle devait être renvoyée, expliquent ses avocats, Me Mouna Algelly et Pierre Bayenet. Une demande de permis humanitaire est également en cours pour régulariser sa situation.»

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