Un repas sain à portée de téléphone

EcoleTrois élèves du cycle de Bois-Caran veulent faciliter l’accès à la cafétéria et à ses repas équilibrés.

Les trois fondatrices du projet, Maxine, Manon et Camille, élèves au Cycle de Bois-Caran.

Les trois fondatrices du projet, Maxine, Manon et Camille, élèves au Cycle de Bois-Caran. Image: DR

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De nombreux élèves du Cycle de Bois-Caran, à Collonge-Bellerive, ne peuvent pas rentrer chez eux durant la pause de midi. Trop peu de temps et trop de distance à parcourir (certains viennent des Eaux-Vives). Il faut donc manger sur place. Le choix se porte souvent sur le kebab voisin, le McDonald's, les sandwichs de la Migros ou de la Coop. Du tout prêt pas forcément très équilibré ni très sain. Le cycle dispose pourtant d’une cafétéria. Mais elle n’emballe pas les foules. La faute, en partie, au système de payement des repas, soutiennent des élèves.

Car pour manger à la cafète, il faut, au préalable, se rendre à l’économat pour acheter un ticket en avance pour un jour précis. Un office aux horaires restreints, ouvert seulement durant les récréations. «Or, durant nos pauses, on a souvent autre chose à faire que d’aller à l’économat, ou on oublie. Résultat: pas de repas pour le lendemain», raconte Manon, 13 ans. Avec une amie, Camille, elles ont voulu y remédier en créant une application permettant d’acheter le ticket n’importe quand depuis un téléphone. L’élève entre ses coordonnées, les parents enregistrent leur carte de crédit, le gérant de la cantine intègre les menus et le tour est joué. «Le but est de simplifier l’accès aux repas de la cafète pour que les élèves mangent plus équilibré à un prix abordable – 9 francs, expliquent Manon et Maxine, qui a rejoint le groupe sur le tard. L’objectif est aussi de lutter contre la production de déchets de la restauration rapide.»

Betty Boop et menus testés

En fin d’année passée, un cours facultatif sur l’entreprenariat – projet commun du Département de l’instruction publique (DIP) et de l’Économie auquel a participé une trentaine d’élèves de trois cycles – leur sert d’incubateur. Les jeunes filles y développent leur idée, plébiscitée. Soutenues par leurs parents, elles continuent sur leur lancée et sont sélectionnées pour le prix IDDEA qui récompense les initiatives genevoises en lien avec le développement durable. L’application est abandonnée au profit d’un site internet pour des questions financières. En attendant les résultats du concours fin novembre, les élèves peuvent déjà se targuer d’avoir remporté une victoire: leur campagne de crowdfunding vient d’atteindre son objectif. Elles ont récolté 11 000 francs de promesses de dons destinés à la création du site, qui devrait être opérationnel fin septembre, indique le trio.

Le système de ticket n’est toutefois pas le seul responsable de la pauvre fréquentation de la cantine. À midi, les élèves préfèrent changer de décor; le chou de Bruxelles et le fenouil braisé ne les retiennent pas forcément. Là aussi des efforts sont entrepris. «Quatre mamans de l’association de parents d’élèves de Bois-Caran ont organisé le relooking de la cantine il y a deux ans, sur le thème des dinners américains, choisi par les élèves», explique Maxine. D’une salle sans âme, avec ses deux rangées de tables sur un sol froid, on est passé à un carrelage en damier, des chaises rouges rebondies et une Betty Boop en guise d’hôtesse d’accueil.

Quant à la composition des menus, elle fait, depuis peu, l’objet d’une collaboration entre le gérant de la cantine et le trio, indique encore la jeune fille. «Il a sollicité notre avis et nous allons organiser des sondages à la rentrée pour adapter les menus si besoin.» Reste le prix. Un sondage du DIP, mené auprès des collégiens en 2013, révélait que cette population délaissait la cantine à cause du prix. Difficile de concurrencer un sandwich à 5 francs ou un kebab... Mais le trio est optimiste.

Soutien symbolique du DIP

Si le DIP voit d’un bon œil l’initiative des trois élèves, son soutien demeure symbolique. Une Sàrl a été créée et l’État ne peut pas favoriser une entité privée. En effet, l’attribution d’un marché public est soumise à des règles très précises qu’il faudrait impérativement suivre si la prestation le justifiait.»

Pour autant, le DIP est attentif à la problématique de la fréquentation des cantines et la bonne alimentation des élèves. En 2015, pour le secondaire II, il a lancé diverses mesures pour redonner un attrait aux cafétérias, dont optimiser la présentation des plats, rénover l’espace des cantines, moderniser les menus, entre autres. Le porte-parole du DIP indique que, depuis, la fréquentation est restée stable, «ce qui dans le contexte actuel de concurrence est déjà une donnée positive».

Créé: 27.08.2019, 18h26

Problème

Les élèves fréquentent peu les cafétérias. Les menus peinent à les séduire, les prix leur semblent trop élevés, entre autres. À Bois-Caran, comme dans sept autres cycles, une autre raison pèse dans la balance: il faut réserver son repas à l’économat. Le DIP le justifie par des raisons organisationnelles et de masse critique. «Le nombre d’élèves concernés par cette prestation est très bas, en moyenne 24 repas par jour par cycle. Les repas sont donc commandés au préalable, le jour avant en général, et livrés le jour suivant.» Il n’y a ainsi pas de stocks.

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