La rénovation du Café de l’Hôtel de Ville prend l’eau

Ville de GenèveRémy Pagani demande 2,5 millions au Conseil municipal pour remettre à neuf l’établissement. C’est très mal parti.

Le restaurant, situé dans le périmètre protégé de la Vieille-Ville, est une sorte d’annexe du Conseil municipal et du Grand Conseil.

Le restaurant, situé dans le périmètre protégé de la Vieille-Ville, est une sorte d’annexe du Conseil municipal et du Grand Conseil. Image: Pierre Albouy

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Si vous avez aimé le naufrage de la rénovation du restaurant de la Perle du Lac en octobre, vous allez adorer le torpillage du projet de remise en état du Café-Restaurant de l’Hôtel de Ville la semaine prochaine. Le crédit de 2,5 millions demandé par Rémy Pagani pour rénover le fief du Père Glôzu – qui en a bien besoin – sera traité mardi ou mercredi par le Conseil municipal.

Même si Rémy Pagani promet une ultime proposition pour sauver le projet, l’échec semble programmé. En Commission des travaux, le crédit a en effet été sèchement refusé: 9 non (2 Verts, 1 PS, 2 PLR, 2 UDC et 2 MCG), 3 oui (2 Ensemble à Gauche, 1 PS) et 3 abstentions (1 PS, 1 PDC et 1 PLR).

Longue litanie de critiques

«Plusieurs choses ont fâché la Commission des travaux, explique le Vert Alexandre Wisard, rapporteur pour cet objet. Il y a tout d’abord le fait que le projet n’a pas été travaillé avec l’exploitant, alors que c’est lui-même qui demande des travaux depuis des années. Je perçois également une mauvaise humeur générale de la commission parce qu’elle reçoit à nouveau un projet luxueux qui, de plus, risque de dénaturer complètement cet établissement. L’air du temps est plutôt aux économies.»

Aucun commissaire ne nie la nécessité de certains travaux urgents pour des raisons d’hygiène (particulièrement le système de ventilation de la cuisine en sous-sol). Ce qui ne passe pas, c’est l’ampleur de la rénovation (une année de travaux), le montant de la facture et la mise à l’écart du tenancier actuel. Le dossier divise en fait à l’intérieur même des partis. On y est pro ou anti-Père Glôzu, pour ou contre une transformation importante des lieux.

Pour compliquer le tout, il faut souligner que l’on parle ici d’une sorte d’annexe du Conseil municipal (et du Grand Conseil). Il suffit de traverser la rue pour s’y rendre. Une proximité dont sait jouer à merveille Jean-Yves Glauser, dit le Père Glôzu, figure quasi mythique de la République, qui occupe les lieux depuis trente ans.

Demande de prolongation

Défendu par l’ancien conseiller d’Etat et actuel conseiller aux Etats Robert Cramer, Jean-Yves Glauser fait tout pour rester en place. Son bail a été résilié en décembre 2011, mais il a obtenu plusieurs prolongations. Contacté, le tenancier confirme maintenir sa proposition: «Je suis prêt à financer une partie des travaux, soit environ 250 000 francs, si on me permet de rester encore de cinq à dix ans afin d’amortir cet investissement, détaille-t-il. Cette solution permettrait également de conserver les emplois de mon personnel.»

Une pétition munie de 1500 signatures a été déposée devant le Grand Conseil et le Conseil municipal pour soutenir son projet. Devant le parlement cantonal, elle a reçu un accueil pour le moins bienveillant. Le Municipal devra encore la traiter en plénière.

Un risque de fermeture

La ligne de fracture semble même passer par le Conseil administratif. Le rapport d’Alexandre Wisard assure en tous les cas que Sandrine Salerno aurait plaidé, en tant que responsable de la Gérance immobilière municipale, en faveur d’un accord avec le tenancier. Mais qu’elle n’aurait pas été suivie par la majorité.

Malgré l’ampleur de la fronde, le conseiller administratif Rémy Pagani refuse de plier. «Il y a une urgence absolue à entreprendre ces travaux, martèle-t-il. J’ai une lettre du Service de la consommation et des affaires vétérinaires qui dit que s’il n’y a plus de projet de restauration, il sera contraint de fermer l’établissement en 2016.»

Le magistrat présentera néanmoins «une petite économie» dont il réserve la primeur au Conseil municipal. «Il ne faut toutefois pas se bercer d’illusions, conclut-il. Le restaurant se situe dans le périmètre protégé de la Vieille-Ville. Toute intervention sera de toute façon coûteuse.

(TDG)

Créé: 13.03.2015, 18h29

Une saga vieille de trente ans

1984 Le fermage du Restaurant de l’Hôtel de Ville est attribué à Jean-Yves Glauser, alias le Père Glôzu. Il se transformera en bail, renouvelable tacitement tous les cinq ans.
2009 Premières demandes des services de l’Etat de procéder à une rénovation.
2010 Projet de rénovation soumis par le tenancier.
Signature
2012 Résiliation du bail détenu depuis trente ans par Jean-Yves Glauser. Il sera prolongé.
2014 Le Conseil administratif dépose en janvier une demande de crédit de 2,5 millions de francs. En juin, dépôt d’une pétition soutenant le tenancier.
2015 Le Conseil municipal se prononce sur le crédit (le 17 ou le 18 mars).

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Le Matin et 20 Minutes regroupés
Plus...