Ils apprennent à remplir leur caddie pour manger sain

GenèveUne diététicienne a organisé des visites guidées dans les rayons d'un supermarché.

Odile Rossetti Olaniyi a décortiqué les étiquettes des produits de la Migros Charmilles à l’occasion de la Journée mondiale du diabète. Ses conseils pour une alimentation équilibrée sont valables pour tous.

Odile Rossetti Olaniyi a décortiqué les étiquettes des produits de la Migros Charmilles à l’occasion de la Journée mondiale du diabète. Ses conseils pour une alimentation équilibrée sont valables pour tous. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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On aimerait l'emmener avec nous à chaque fois que l'on fait nos courses. La diététicienne Odile Rossetti Olaniyi a sorti ses lunettes pour décrypter les étiquettes des produits de la Migros de Planète Charmilles. Extraits choisis de sa visite guidée, rayon par rayon.

Fruits et légumes

Notre guide rassure d'emblée: «Aucun aliment n'est interdit, tout dépend de la fréquence et de la quantité». Elle brandit alors une pyramide alimentaire. «Elle est en forme de triangle pour montrer les quantités que l'on peut consommer pour chaque catégorie». Les fruits et légumes sont bien placés, vers le bas. Elle rappelle que l'un comme l'autre contiennent du sucre naturel, le fructose, mais que les fruits en contiennent plus. «Est-ce que les pommes de terre font partie des légumes?», interroge un visiteur. Non, au même titre que le maïs ou les châtaignes. «Et le jus de fruit, est-ce recommandé?», demande Pietro, diabétique depuis 10 ans. «Il faut avoir conscience qu'il n'y a pas de fibres et qu'on le boit très vite. Le sucre va rapidement aller dans le sang car il n'y a pas grand chose pour le freiner. C'est conseillé en cas d'hypoglycémie. Si ça peut éviter de prendre un soda, c'est une bonne alternative.» La seule boisson indispensable restant l'eau.

Viandes

Odile Rossetti Olyniyi rappelle que la fréquence idéale de consommation de viande est d'une fois par semaine pour la viande rouge et deux fois par semaine pour la viande blanche. «Cette recommandation est faible par rapport aux vraies habitudes alimentaires.» Boeuf haché à la main, elle invite à lire l'étiquette: «Ici il est indiqué 12 g de graisse pour 100g d'aliments. A votre avis, c'est gras, pas gras?» Le public tente un «c'est normal?» Raté. «C'est gras! Jusqu'à 5 g on considère que c'est maigre, jusqu'à 10 g, c'est mi-gras, et au-delà, c'est gras.» Attention aux indications trompeuses, une viande hachée certifiée 8 % de graisse sur le devant de l'emballage indique pourtant 12 g derrière...

L'oratrice invite aussi à se méfier de la viande séchée, très salée. «L'OMS recommande de consommer 5 g de sel par jour. Donc si on mange une barquette de viande séchée, on a déjà dépassé la limite.»

Les charcuteries, très salées, très grasses, sont à limiter fortement. «On peut manger un produit gras par semaine, soit une charcuterie, soit une friture.»

Le jambon, «si on enlève le gras, ça va, mais il reste riche en additifs et en sel». La diététicienne s'attaque alors à un produit «un peu identitaire»: le cervelas. «Vous savez d'instinct qu'une merguez est grasse car elle suinte. Mais les autres saucisses sont grasses aussi, même si elles ne suintent pas. Ce cervelas contient un quart de gras. Autrement dit si vous le coupez en quatre, c'est comme si un morceau entier n'était composé que de gras.» Miam.

Pain

Du pain, c'est quoi? En théorie, de la farine, de l'eau, de la levure et du sel. Pourtant, quand Odile s'empare d'un panettone, la liste s'allonge. «Farine de blé, raisins sultanines 17%, sucre, levain chef de blé 7%, eau, jaune d'oeuf (d'élevage au sol), beurre, cédrat 3.5% (sucre, sirop de glucose, écorce de cèdre, conservateur: disulfite de sodium), orangeat 2.5% (sucre, sirop de glucose, écorce d'orange, conservateur: disulfite de sodium), melons confits 2.5% (sucre, sirop de glucose, melons, concentré de jus de fruit colorant [sureau], conservateur: disulfite de sodium), émulsifiant: E 471, sirop de sucre inverti, arômes, sel de cuisine iodé. Peut contenir fruits à coque, soja, sésame .»

Les clients voient bien où elle veut en venir. «S'il y a des ingrédients dont vous ne connaissez pas le nom, des «E» quelque chose, ce n'est pas bon signe. Prenez des produits simples, et cuisinez vous-même.»Patricia, 50 ans, semble convaincue par la démonstration. «Ça fait peur ces étiquettes. Cuisiner soi-même, avec la vie qu'on mène, ce n'est pas évident.» Elle vient de s'acheter un robot de cuisine multifonctions de premier ordre. «Maintenant je vais l'utiliser tout le temps.»

Odile scrute les étagères de pain, dont l'offre est quasi monocolore. «Le pain blanc a beaucoup plus de succès, constate-t-elle. Pourtant en termes de nutrition, le pain complet est plus intéressant. Il est plus riche en fibres et comporte donc moins de glucides. Il est préférable de le choisir bio, alors que ce n'est pas indispensable pour le pain raffiné.»

Céréales

Au rayon petit-déjeuner, Odile choisit deux extrêmes: un paquet de Smacks (blé soufflé au miel) et un paquet de flocons d'avoine bio. Les chiffres sur les emballages sont sans appel: le premier contient 84 g de glucides dont 43 g de sucres simples. Le deuxième 61g de glucides dont 1 g de sucres simples. Plutôt que d'espérer que les consommateurs déchiffrent les étiquettes, pourquoi ne pas leur proposer une liste de référence, produit par produit, marque par marque? «Ce serait intenable d'établir une liste, c'est un énorme boulot. Surtout que les produits changent tout le temps d'emballage, de composition. La liste ne serait jamais à jour.»

Une spectatrice s'inquiète de son péché mignon: le chocolat. «C'est très bien en petite quantité, un ou deux carrés. Vous pouvez saturer vos papilles en laissant fondre le morceau sur toute la langue, ça vous évitera de manger la plaque. Plus le chocolat est noir, moins il y aura de sucre ajouté.» Mais elle déconseille le chocolat pour diabétiques, «il n'est pas bon, il est gras, et il vous fera courir aux toilettes!»

Laitages

Au rayon yaourts, un exemple est frappant. «Regardez, dans ce yaourt nature, il y a 5 g de glucides, et dans ce yaourt aux fraises, il y en a 14. Ça veut dire que 9 grammes de sucre ont été rajoutés au passage, c'est énorme!» Son conseil: rajouter nous-mêmes des fraises ou une cuillère à café de sucre.

(TDG)

Créé: 18.11.2016, 14h08

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