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Elle relance le débat sur un médicament très cher

La conseillère nationale Laurence Fehlmann Rielle a déposé une interpellation au sujet du «scandale» de l'Avastin et du Lucentis.

Laurence Fehlmann Rielle
Laurence Fehlmann Rielle
Keystone

Pourquoi payer un médicament 1000 francs si un autre vous soignerait aussi bien pour 100 francs? Alors que les primes maladie s’envolent, la conseillère nationale Laurence Fehlmann Rielle pose la question. Elle a déposé le 26 septembre une interpellation sur le «scandale de l’Avastin versus Lucentis».

Rappelons que le Lucentis est un médicament utilisé contre la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), une maladie des yeux qui entraîne la cécité. Une dose coûte 1067 francs. Or l’Avastin, utilisé prioritairement pour le cancer, s’avère aussi efficace contre la DMLA et coûte une centaine de francs. Estimant le nombre d’injections de Lucentis à 50 000 par an, Laurence Fehlmann Rielle calcule que ce médicament coûte 50 millions de francs chaque année.

Elle demande donc au Conseil fédéral pourquoi les autorités n’imposent pas l’homologation de l’Avastin pour traiter la DMLA, comme d’autres pays l’ont fait. Elle aimerait également savoir pourquoi la Suisse tolère une telle différence de prix et pourquoi le tarif élevé du Lucentis a été entériné par l’OFSP. Contacté, ce dernier ne veut pas répondre à la place du Conseil fédéral.

«C’est une histoire vieille de dix ans; Laurence Fehlmann Rielle a raison de la faire ressurgir», réagissent les ophtalmologues genevois Guy Donati et Michel Matter. Ce dernier, qui préside également l’Association des médecins de Genève, explique que l’Avastin n’est pas homologué en Suisse, «à la suite d’une entente probable entre Roche et Novartis pour imposer le Lucentis. Ce dernier a passé toutes les études pour être reconnu dans le traitement de la DMLA, ce qui n’est pas le cas de l’Avastin. Mais une grande étude américaine a montré que les deux étaient quasiment identiques. Et comme le nombre d’injections a considérablement augmenté ces dernières années, de grosses économies pourraient être faites en choisissant l’Avastin.» Mais dans le contexte actuel, «même si le médecin n’a aucun intérêt financier à utiliser le Lucentis, il ne peut prendre le risque médico-légal de recourir à un médicament qui n’est pas enregistré».

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