Réinsertion professionnelle par le textile

SolutionsL'Atelier Au Fil du Geste propose des stages pour personnes en difficulté dans le but de se réinsérer professionnellement.

Karima Habbes, styliste et responsable de l’atelier Au fil du geste, emballe vos cadeaux avec des «furoshikis» à la rue du Vélodrome.

Karima Habbes, styliste et responsable de l’atelier Au fil du geste, emballe vos cadeaux avec des «furoshikis» à la rue du Vélodrome. Image: Georges Cabrera

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Au 8, rue du Vélodrome se trouve une curieuse arcade où se superposent tissus, machines à coudre, patrons, broderies ou encore mannequins recouverts de splendides vêtements. Un joyeux fourbi où travaillent assidûment couturiers, brodeuses, modélistes ou encore patronnières. C’est le petit coin de paradis de Karima Habbes, styliste et responsable de l’atelier Au fil du geste, une association à but non lucratif finaliste du Prix IDDEA 2014, qui a pour mission l’insertion professionnelle par les arts textiles. Une sorte de passerelle vers l’emploi qui organise des stages, d’une durée de trois à douze mois, destinés à des personnes sans emploi et à des migrants ayant déjà exercé un métier dans le textile.

Les ambitions de l’association sont claires: encadrer des stages de formation pour favoriser une reprise d’emploi durable ou une entrée en formation; ancrer l’activité de l’atelier dans une économie réelle par la production et la vente de biens textiles; et offrir des vêtements et accessoires qui répondent à un mode de production éthique, local et digne.

Les deux groupes cibles visés par l’association sont les migrants et les jeunes sans formation. «J’ai toujours voulu travailler dans le vêtement et les accessoires, dit Karima Habbes. Mais dans une perspective artisanale, pas industrielle. L’idée d’un atelier textile lié à la réinsertion professionnelle m’est venue assez rapidement. Nombre de migrants avec lesquels nous travaillons ont un projet professionnel assez clair, mais auquel il manque un certain nombre de maillons. Il s’agit souvent de gens en provenance de Syrie ou d’Afghanistan.» Dans l’atelier Au fil du geste, on peut ainsi croiser Marziyeh, une Afghane qui s’occupe des broderies et apprend le français, surtout la terminologie ayant trait au textile. «Mon but à terme serait de l’engager, dit Karima Habbes. Elle est couturière, brodeuse et… très douée!»

«Ici, les jeunes se confrontent à la vraie vie professionnelle, ils se rendent compte qu’il faut bosser pour avancer!»

Quant aux jeunes sans formation, ils doivent porter un intérêt aux métiers du textile. C’est le cas de Jonathan, qui a créé sa propre marque de vêtements, Overdyed. «Avant, je travaillais de mon côté, puis j’ai participé à Scènes actives pendant un an et maintenant je travaille ici. Bientôt, j’organiserai une Fashion Week.» «Son stage aboutira peut-être à une préparation à l’entrée à la Haute École d’art et de design (HEAD) ou à une école technique, nous verrons. Ici, nous sommes dans le concret, mon boulot consiste aussi à faire du coaching. Ici, les jeunes se confrontent à la vraie vie professionnelle, ils se rendent compte qu’il faut bosser pour avancer!» ajoute la responsable de l’atelier.

À l’occasion des fêtes de fin d’année, l’atelier de production locale s’apprête à lancer sa première action: l’emballage de cadeaux. Mais pas de n’importe quelle manière. «Nous voulons associer les Fêtes avec une perspective de décroissance en visant le zéro déchet. Ainsi nous mettons en place des séances d’emballage de cadeaux avec des furoshikis. Il s’agit d’un carré de tissu servant à emballer et qui appartient à la tradition japonaise. Et c’est réutilisable, précise Karima Habbes. On se rend compte ainsi qu’on peut se passer d’emballages jetables.» Les textiles proviennent du stock de tissus vintage qu’elle a collectés depuis plusieurs années et la touche de l’atelier, c’est que chacun de ces carrés est brodé à la main. Un ornement unique cousu notamment par Marziyeh. Il s’agit là de la deuxième gamme de produits sur laquelle travaille l’atelier. Des accessoires simples et efficaces, comme des tapis de bébé, des sacs et des… furoshiki.

L’autre éventail sur lequel se concentrent les ouvriers textiles vise le haut de gamme, «la joaillerie textile» comme le dit Karima Habbès. Des vêtements avec beaucoup de valeur ajoutée et un minutieux travail à la main sur chaque pièce. On peut trouver les furoshikis de l’atelier Au fil du geste au magasin Nature en Vrac, à la place des Grottes et sur la Rive gauche, à BLK & YLW, boutique de créateurs, au 18, place du Bourg-de-Four… ou faire emballer directement ses cadeaux au 8, rue du Vélodrome, les lundis et mardis de 9 h à 19 h et les jeudis de 11 h à 15 h, jusqu’à Noël.

www.aufildugeste.ch

(TDG)

Créé: 05.12.2018, 09h54

Le problème

Nombreux sont les femmes et les hommes momentanément écartés du marché du travail. Élèves en échec scolaire, personnes en situation précaire ou migrantes primo-arrivantes se retrouvent en marge de la société. Souvent, les structures institutionnelles ne suffisent pas à les remettre sur les rails. Mais parfois, un plongeon salutaire dans le monde du travail, notamment celui du textile, peut les aider à refaire surface. F.K.

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