Des réfugiés préfèrent squatter que quitter leur foyer

AsileDes habitants de Frank-Thomas refusent de déménager à Appia et continuent de vivre dans le lieu vidé de ses occupants.

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Quelques paires de chaussures et un vélo occupent les longs couloirs vides et vétustes de Frank-Thomas. La plupart des portes de ce foyer des Eaux-Vives sont verrouillées, «les gens ont pris la clé avec eux en partant, soit parce qu’ils ont laissé des affaires, soit pour que personne ne l’occupe», explique Awet, un réfugié érythréen résidant à Frank-Thomas depuis deux ans.

L’Hospice général, qui gérait le foyer, a sommé tous les habitants de déménager avant la fin du mois de juin. Les femmes et les familles ont été relogées dans des conditions similaires. Les hommes seuls se sont vu proposer une place dans une chambre pour quatre personnes dans le nouveau foyer d’Appia. Ce qui a créé un mouvement de résistance (lire articles ci-contre).

Awet, comme la plupart des habitants, a fini par accepter de quitter sa chambre individuelle pour Appia, «après beaucoup de pression». Mais il a laissé beaucoup d’affaires dans son ancien chez-lui; les résidents d’Appia n’ont droit qu’à des effets personnels entrant dans un petit casier. «J’ai déjà jeté des habits, vendu ma TV et donné mon ordinateur au cas où la police arrive ou quelque chose se passe», dit-il. Awet ne supporte pas de dormir avec trois autres personnes et passe ses nuits chez un ami. La journée, l’Erythréen revient passer du temps au foyer des Eaux-Vives, comme d’autres. «Est-ce légal? Je n’en sais rien, admet-il. J’ai un permis B, je suis libre maintenant, non?»

L’Hospice général a pris les extincteurs, mais, après avoir menacé de tout couper, a finalement laissé l’eau et l’électricité ainsi que les anciennes serrures. «Désormais, le foyer est sous notre responsabilité, poursuit Awet. Nous ne laissons entrer personne qui n’habitait pas là auparavant.»

A court terme, la parcelle du foyer de Frank-Thomas doit être libérée pour y stocker du matériel du chantier du CEVA. La Ville y érigera ensuite des immeubles. Suite à la mobilisation, des discussions sont en cours entre les différents acteurs pour voir si des solutions permettraient d’exploiter le foyer encore quatre ans, moyennant quelques rénovations.

Si aucune solution n’est trouvée? Awet lève les yeux au ciel. On pose la question à son voisin, Ali. Lui non plus n’attend plus grand-chose. L’Irakien fait partie de ceux qui ont refusé de déménager. Il habite depuis 8 ans à Frank-Thomas, n’a pas obtenu l’asile mais une admission provisoire (permis F). «S’ils ne me donnent pas un appartement seul et m’obligent à déménager dans une chambre à quatre, je quitterai la Suisse, affirme-t-il. Les permis B et les appartements ne sont octroyés qu’aux familles et à ceux qui sont malades. Comme s’ils voulaient qu’on devienne tous des malades mentaux…»

Créé: 14.07.2016, 17h31

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