Des refuges LGBTIQ européens se rencontrent à Genève

Soutien Les représentants européens de ces structures d’accueil LGBTIQ se sont rencontrés pour échanger sur leurs pratiques.

Manon Zbinden, travailleuse sociale au Refuge de Genève, accueille des jeunes LGBTIQ.

Manon Zbinden, travailleuse sociale au Refuge de Genève, accueille des jeunes LGBTIQ. Image: LAURENT GUIRAUD

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Suisses, Français, Italiens, Belges et Espagnols se sont réunis à Genève la semaine dernière autour de la question des refuges pour jeunes LGBTIQ (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, intersexes et queer) et faire avancer un projet de fédération européenne.

La question de l’homosexualité et de son acceptation est toujours au centre des préoccupations des différentes associations LGBTIQ. Partout en Europe, les mêmes jeunes rencontrent les mêmes difficultés, notamment au moment de leur coming out. Des refuges se mettent en place pour répondre à leurs besoins, offrir des solutions d’urgence s’il y a une rupture avec la famille ou alors un service d’écoute. Une première rencontre avait eu lieu en France, pionnière en matière de refuges, au mois d’avril. L’idée de tisser un réseau au niveau européen prend peu à peu forme.

Cette fois, une charte commune a été signée, de nouveaux partenaires ont été accueillis, comme la Belgique, qui va ouvrir son premier refuge cette semaine. Président de l’association Dialogai Genève, Pascal Messerli explique: «Nous avons envie de construire quelque chose de fédérateur, d’apprendre des pratiques de tout un chacun et de s’en inspirer. Pouvoir créer une fédération va donner plus de visibilité à nos actions, aux jeunes qui ont besoin d’aide, et également mobiliser des fonds européens pour des projets communs que l’on voudrait développer.»

L’expertise genevoise

À Genève, le Refuge est la seule association en Suisse à offrir ses services de médiation et d’hébergement à des jeunes au moment de leur coming out ou à ceux qui se poseraient des questions quant à leur orientation sexuelle. Pour Manon Zbinden, travailleuse sociale au Refuge Genève, s’il y a effectivement plus de tolérance, «il y aura toujours des problèmes. Ce sont des moments délicats qui déstabilisent souvent les jeunes qui doivent gérer leur propre ressenti par rapport à leur homosexualité et leurs familles (lire ci-contre).»

Un soutien fragile

Les autorités genevoises, cantonales et municipales, ont aussi accueilli cette délégation européenne. «Il y a une écoute et une volonté politique de soutenir ces projets», reconnaît Pascal Messerli. Le maire de Genève, Sami Kanaan, confirme: «Il est nécessaire de pouvoir accueillir et suivre ces jeunes de façon concrète. Cela fait partie de la vision du vivre-ensemble que l’on veut promouvoir, où chacun aurait sa place. La mise en réseau et la création d’une fédération des refuges LGBTIQ au niveau européen sont aussi très intéressantes dans un monde qui fait un pas en avant et deux pas en arrière selon les contextes et les pays.»

Mais à Genève, comme dans le reste de l’Europe, on s’inquiète de la pérennité de ces projets. Les financements, pour la plupart issus de dons privés, ne permettent pas d’envisager l’avenir sereinement. À Genève, c’est 68% du budget qui sont ainsi financés. Pour la directrice générale du Refuge, Giuleta Di Giorgio, il faudrait que les pouvoirs publics s’impliquent davantage: «Au bout de quatre ans d’exercice, nous avons prouvé l’utilité et la forte demande de nos services. Plus de 40 jeunes ont été reçus jusqu’à juin 2018, autant que pour l’ensemble de l’année 2017. Pourtant, les fonds manquent.» Même constat pour les autres refuges européens, qui espèrent que la mise en place de la fédération pourra leur donner plus de force. (TDG)

Créé: 08.10.2018, 19h53

À Genève, la réussite de la médiation

Depuis son ouverture, en 2015, le Refuge Genève a suivi plus de 170 personnes. S’il existe une possibilité d’hébergement temporaire pour des jeunes dont l’éloignement du milieu familial est absolument nécessaire, le Refuge Genève – particularité suisse – met surtout l’accent sur la médiation: «90% des jeunes reprennent contact avec leurs familles grâce à la médiation. Les parents peuvent avoir une incompréhension face au sujet, une forme de rejet, mais sur les 27 médiations que nous avons menées, une seule n’a pas abouti positivement. Ces services sont cruciaux, d’autant qu’ils permettent d’éviter l’isolement, surtout lorsqu’on sait que le taux de suicide chez ces jeunes est quatre à cinq fois plus élevé que pour des jeunes hétérosexuels.» Pour le président de l’association Refuge France, Nicolas Noguier, «ce genre de pratique est très inspirante et va nous permettre de voir comment nous pouvons aussi développer davantage ces aspects».

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Khashoggi, l'Arabie saoudite et le Yémen
Plus...