Une réforme inquiète les protecteurs de la nature

Administration cantonaleDes critiques fusent alors que Luc Barthassat projette une absorption de la Direction de la nature par celle de l’agriculture.

Christina Meissner: «Il va nous tuer la nature!»

Christina Meissner: «Il va nous tuer la nature!» Image: Lucien Fortunati

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«Il va nous tuer la nature!» Passionnée de la cause environnementale, Christina Meissner n’y va pas de main morte pour fustiger un projet de réorganisation du département de Luc Barthassat. Selon des informations circulant dans les milieux proches de l’environnement, le ministre compte placer l’une de ses sept directions générales, celle vouée à la nature et au paysage (DGNP), sous la houlette d’une autre, dédiée à l’agriculture. Le projet serait en passe d’être présenté au Conseil d’Etat.

Le patron de la DGNP reprendrait la Direction générale de l’eau, dont le responsable a récemment démissionné. Son ancien dicastère passerait en mains du chef des questions agricoles. «Si on fusionnait ces trois directions, il y aurait une véritable rationalisation avec des économies à la clé, commente Christina Meissner, députée UDC. Mais le projet de Luc Barthassat revient à mettre la Nature sous la tutelle de l’Agriculture. C’est clairement dirigé!» Les deux thématiques peuvent avoir des intérêts divergents, par exemple quand les ébats de la faune sauvage ruinent une récolte…

Mais pour Christina Meissner, ce n’est pas le seul hic: «Dans la vision passéiste de Luc Barthassat, la nature n’aurait sa place qu’en dehors de la ville. Or c’est justement dans les zones urbaines, la moitié du territoire, que l’on doit veiller à la nature alors qu’on veut densifier le bâti tout en ménageant la qualité de vie.» Autre critique: la DGNP et ses attributions sont inscrites dans la loi, dont toute modification nécessite l’aval des députés. «On ne peut pas faire les choses dans le dos du Grand Conseil, s’insurge l’élue. Il y a en outre l’aspect humain: on sent un grand désarroi dans les services concernés, qui auraient des solutions mais ne sont pas entendus.»

La Verniolane n’est pas la seule à froncer le sourcil: quatre associations environnementales ont écrit ce mois au Conseil d’Etat pour demander des éclaircissements. «L’optimisation des ressources de l’Etat n’est pas de notre ressort, mais nous souhaiterions que cette réforme nous soit présentée car nous sommes inquiets, explique Sébastien Miazza, président de Pro Natura, l’une des organisations signataires. Si la thématique de la nature est placée sous la direction de l’Agriculture, on peut craindre une dilution des compétences liées à l’environnement dans l’administration et une baisse des moyens alloués à ce thème.»

Au nom du Département de l’environnement, des transports et de l’agriculture (DETA), Thomas Putallaz précise que «cette réflexion a démarré en juin, en toute transparence avec les collaborateurs». Le DETA ne souhaite pas commenter davantage ce dossier. (TDG)

Créé: 27.10.2015, 18h26

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