Perchlorate dans la nappe phréatique: les normes françaises sont respectées

GenevoisAprès la récente détection de cette substance dans la plus grande réserve en eau potable souterraine du canton, la situation est sous contrôle. Un redimensionnement du réseau d’alimentation est étudié.

Station de pompage SIG de l'Arquebuse (photo d'illustration)

Station de pompage SIG de l'Arquebuse (photo d'illustration) Image: Laurent Guiraud

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Ce printemps, une présence anormale de perchlorate avait été détectée dans la nappe phréatique du Genevois qui, avec sa vingtaine de kilomètres, constitue la réserve en eau potable souterraine la plus importante du canton. Conséquence: l’exploitation de six puits sur dix a dû être suspendue. Sa présence dans les robinets a donc diminué; 90% de l’eau est depuis issue du Léman, contre 80% auparavant. Avec le recul d’une saison estivale complète – et elle était aride en 2017 – la Commission d’exploitation de la nappe souterraine du Genevois, présidée par le Genevois Philippe Matthey, se veut rassurante. Interview.

Comment expliquer que l’on se soit soudainement rendu compte de la présence de perchlorate dans l’eau de la nappe?

D’une part parce qu’auparavant, le perchlorate ne faisait pas partie des éléments de mesures, très régulièrement passés en revue, et d’autre part parce que les outils sont de plus en plus sophistiqués, ce qui conduit donc à découvrir davantage de choses. Dès que nous avons été nantis du problème, l’État de Genève a pris contact avec la Confédération, qui se trouve être dans une période exploratoire sur cette question. Nous nous sommes immédiatement calqués sur les recommandations les plus sévères fixées par la France, soit un maximum de 4 microgrammes de perchlorate par litre d’eau (ndlr: l’équivalent d’une goutte d’eau dans une piscine olympique). Mesures de contrôle à l’appui, l’eau fournie respecte parfaitement ces normes. Impossible, par contre, de tenter de reconstituer scientifiquement un historique.

Pourquoi n’y a-t-il pas de normes en Suisse?

Le perchlorate a beaucoup servi à la création d’explosifs, particulièrement lors de la Première Guerre mondiale. Comme nous en avons été préservés, nous ne nous sommes pas penchés sur la question. Pour connaître la provenance de cette substance, nous avons aussi suivi d’autres pistes, notamment l’usage d’engrais agricoles. Cette hypothèse est aujourd’hui écartée.

Six puits sur dix ont été fermés. Doit-on craindre une pénurie?

Absolument pas. Les Services industriels de Genève, en leur qualité de distributeur de l’eau potable, sont tout à fait en mesure quantitativement et qualitativement de servir la population avec satisfaction. S’il y avait un problème avec l’eau du lac, la question se poserait différemment. Cela ne nous a pas empêchés de lancer des investigations soutenues pour voir si d’autres nappes peuvent venir en appui pour compléter l’approvisionnement en eau potable. On tient compte de ce nouveau paradigme du perchlorate pour réfléchir à un redimensionnement du réseau d’alimentation à moyen et long termes, et pour collaborer plus intensément avec nos partenaires institutionnels de Haute-Savoie, qui ont des sources d’alimentation propres pouvant nous dépanner – et vice versa.

Sur quoi cette collaboration pourrait-elle déboucher?

Sur le très long terme, il n’est pas inimaginable de procéder à des échanges entre le lac Léman et le lac d’Annecy. Tout ce qu’on peut faire pour sécuriser la région en matière d’approvisionnement est intéressant, en faisant fi des frontières institutionnelles. En parallèle, nous entamons un travail d’analyse du métabolisme de la nappe, de longue haleine, afin d’être en mesure de modéliser les possibilités de retour progressif à la normale, si possible sur son ensemble.

Est-il possible de faire baisser le taux de perchlorate là où il est trop élevé?

Cela fait partie des investigations en cours. On devrait un jour pouvoir vivre sans, mais pour l’heure, c’est un simple vœu.

Créé: 04.12.2017, 15h36

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