Le recteur de l’Université de Genève élu porte-voix des hautes écoles suisses

Genève Yves Flückiger veut renforcer le lien entre les institutions, défendre leurs financements et répondre aux défis du numérique.

Yves Flückiger (Recteur de l'université).

Yves Flückiger (Recteur de l'université). Image: GEORGES CABRERA

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Yves Flückiger, recteur de l’Université de Genève, a été nommé au poste de président de Swissuniversities, la faîtière des hautes écoles de Suisse. Durant trois ans, il sera la voix des écoles polytechniques, universités, hautes écoles spécialisées et pédagogiques.

En quoi consiste votre rôle?

Avant tout à développer notre capacité à parler d’une seule voix sur les scènes nationale et internationale, accroître encore la coordination entre les établissements. Notre système de formation supérieur est un atout majeur pour la Suisse dont la matière grise reste la plus grande richesse, et la qualité de son enseignement et de sa recherche dépend aussi des financements publics dont il bénéficie. Il est donc essentiel d’expliquer comment l’argent confié profite à l’ensemble de la population, auprès des autorités politiques et de la cité.

Vous devez représenter les intérêts de toutes les hautes écoles. Les défis sont-ils communs?

Notre relation avec l’Europe comme l’importance du financement public, garant d’une stratégie à long terme, sont des préoccupations communes, tout comme les questions relatives au développement durable, à la relève académique et à l’égalité des chances. Je peux aussi citer la renégociation des contrats qui nous lient aux éditeurs de revues scientifiques, qui recouvrent des enjeux tant économiques que sociétaux. Economiques puisqu’ils impliquent une dépense annuelle de 25 millions de francs, en progression de 4% par année, ce qui est inadmissible. Sociétaux parce que la question de fond que nous voulons traiter est celle de l’open source, de la mise à disposition gratuite, pour toutes et tous, de l’entier du savoir produit par nos hautes écoles. La recherche ne vaut que lorsqu’elle est partagée, sa privatisation serait une menace inacceptable.

Les Chambres fédérales vont statuer sur le financement dédié à la formation, la recherche et l’innovation pour 2021-2024. Les institutions sont-elles concurrentes?

Il y a une certaine concurrence entre les institutions membres de Swissuniversities pour accéder aux financements. Mais les arbitrages sont facilités par la très grande complémentarité entre les hautes écoles qui développent aussi bien la recherche fondamentale qu’appliquée, les sciences dures que les humanités, et auxquelles on accède tant par les voies gymnasiale que professionnelle. Elles répondent à un large éventail de besoins exprimés par la population.

Dans les grands enjeux définis par le Conseil fédéral, pour ne citer que la numérisation, quel rôle l’UNIGE a-t-elle à jouer?

Nous devons éviter la fracture numérique, la réduire là où elle s’est déjà produite en repensant et complétant nos formations. Nous devons amener de l’éthique, des règles de comportement et le respect des droits humains. Révéler, aussi, tout le potentiel des nouvelles technologies. Dans le cadre de notre partenariat stratégique avec l’Université de Zurich, nous avons ainsi développé le Swiss Data Cube, qui permet l’analyse dans le temps des données satellitaires du territoire suisse. C’est un outil d’une puissance incroyable à l’heure de documenter le changement climatique, la pollution des eaux, l’urbanisation pour élaborer des politiques efficientes et en monitorer l’impact.

Le financement de la recherche par des privés s’est accéléré. Comment garantir la liberté académique?

Les financements publics sont indispensables à la poursuite de politiques à long terme, on l’a encore vu avec l’attribution du Prix Nobel de physique à Michel Mayor et Didier Queloz pour une recherche menée un quart de siècle plus tôt, dans un domaine alors perçu sans avenir, et qu’aucune entreprise privée n’aurait pu financer. Mais il serait faux d’opposer les deux modèles dont les complémentarités sont évidentes. Le financement privé peut jouer un rôle d’accélérateur, intervenir dans des délais qui lui sont propres. Mais il doit être encadré, les financements doivent faire l’objet d’accords transparents garantissant la liberté académique, leurs sources doivent être connues et conformes aux valeurs de nos institutions.

Créé: 11.02.2020, 20h10

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