Record de femmes élues dans les communes

Élections municipalesLa part de conseillères municipales progresse dans plus de la moitié des Délibératifs.

À Carouge, l'Exécutif sera gouverné par trois femmes.

À Carouge, l'Exécutif sera gouverné par trois femmes. Image: Enrico Gastaldello

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les femmes font partie des grandes gagnantes des élections municipales de dimanche. Leur représentation a progressé dans plus de la moitié des communes genevoises. Alors que seuls 34,2% des membres des Conseils municipaux étaient de sexe féminin en 2015, ce taux grimpera à 40,6% dès le 1er juin. Si l’évolution est encourageante, on est encore loin de la parité.

Carouge, un symbole

Au-delà de ces résultats globaux réjouissants, il y a des avancées symboliques. Avec trois élues au premier tour, Carouge sera la première ville genevoise à être dirigée exclusivement par des femmes. La socialiste sortante Stéphanie Lammar, arrivée largement en tête, se dit ravie de cette nouvelle configuration. «C’est très positif pour l’image que nous pouvons donner à l’extérieur de la commune, notamment dans nos actions pour promouvoir les femmes.»

L’actuelle maire ajoute que la manière de travailler ne changera pas drastiquement pour autant. «Dans un Exécutif, ce qui compte, c’est la confiance mutuelle, quel que soit le sexe des élus, mais c’est très important de montrer qu’une commune comptant 23'000 habitants et 25'000 postes de travail peut être aussi bien gérée par trois femmes que par trois hommes. Cette image est un excellent vecteur pour faire avancer les choses au niveau de l’égalité.»

Cartigny précurseur

En matière de gestion féminine communale, Cartigny fait office de précurseur. Cette petite commune de la Champagne avait été la première de Suisse à être dirigée par trois femmes en 2011. Réélues en 2015, la maire Carine Zäch et ses deux adjointes Delphine Bolle De Paoli et Isabelle Walthert continuent de faire l’unanimité. Leur mandat a d’ailleurs été reconduit tacitement.

Pour la maire, ce n’est pas forcément la composition exclusivement féminine de l’Exécutif qui explique ce succès, mais leur entente. «Nous avons une manière de fonctionner très collégiale, nous sommes dans la discussion et avons instauré un réel partage des tâches. Je pense que c’est avant tout une question de personnalités.» Une chose est sûre, l’exemple cartiginois a montré la voie. «Cela peut donner envie à d’autres femmes de se lancer à plusieurs, observe Carine Zäch. En tout cas, nos collègues des autres communes voient que ça fonctionne.»

La gauche victorieuse

La forte progression des femmes lors du scrutin de dimanche est due à plusieurs facteurs. Elle s’explique notamment par les bons résultats réalisés par les partis de gauche en général. «Il n’est pas surprenant de voir davantage de femmes inscrites sur les listes puis élues chez les socialistes et chez les Verts, note le politologue Pascal Sciarini. Les questions d’égalité sont au cœur des programmes de ces deux partis. Si la plupart des formations de droite font également des efforts à ce niveau aujourd’hui, une différence gauche-droite demeure dans ce domaine.»

L’effet #MeToo

Les candidates féminines ont par ailleurs bénéficié d’une actualité favorable. Pascal Sciarini parle d’un «phénomène de rattrapage» amorcé il y a longtemps et «qui s’est accéléré avec le mouvement #MeToo et la grève du 14 juin». Les répercussions politiques de ces événements s’étaient déjà fait ressentir lors des élections fédérales d’octobre. La part de femmes élues au Conseil national a dépassé 40%, soit le plus haut taux jamais atteint.

Si le travail des partis et l’actualité ont œuvré, pour l’ancienne conseillère nationale socialiste Maria Roth-Bernasconi et l’ancienne conseillère d’État libérale-radicale Martine Brunschwig Graf, d’autres éléments ont également joué un rôle. Pour ces deux pionnières de l’engagement des femmes en politique, la progression du nombre d’élues s’explique également par les réseaux que les candidates ont pu constituer au fil des ans.

«Les femmes sont aujourd’hui davantage présentes dans les sphères professionnelles et associatives, observe Martine Brunschwig Graf. Elles sont plus visibles et accèdent alors plus facilement à la sphère politique.» L’ancienne conseillère d’État remarque également que la plupart des partis cherchent désormais à recruter des femmes, «un réservoir de candidates largement sous-exploité jusqu’à peu».

Maria Roth-Bernasconi parle de son côté d’effet domino et de l’influence des modèles. «Nathalie Fontanet (ndlr: conseillère d’État PLR) fait du bien aux femmes de droite qui souhaiteraient s’engager, elle leur montre que c’est possible.»


Le Municipal de la Ville atteint la parité

C’est fait. Au 1er juin, le Conseil municipal de la Ville de Genève disposera d’autant d’élues que d’élus. Sous réserve des désistements et du jeu des viennent-ensuite, elles devraient être au moins 40 (sur 80) dans l’hémicycle, contre 34 seulement au début de la précédente législature. Et les femmes pourraient même être majoritaires à l’Exécutif si la PDC Marie Barbey-Chappuis remporte son probable duel contre le PLR Simon Brandt.

Première force au Municipal, le Parti socialiste compte neuf femmes parmi ses douze nouveaux élus. À l’inverse, sur les sept conseillers municipaux qui se représentaient et qui n’ont pas été réélus, six sont des hommes. Certains sont pourtant des politiciens expérimentés, à l’instar de François Mireval, de Regis de Battista ou du président de la Commission des arts et de la culture Ulrich Jotterand. Celui de la Commission des sports, le Vert Antoine Maulini, n’a pas été reconduit non plus, en dépit de l’importante progression enregistrée par son parti (+10 élus).

«On observe un important vote femmes et on s’en félicite, commente le coprésident du PS Ville Sylvain Thévoz. Bien sûr que c’est un crève-cœur de voir des élus ayant accompli un travail important s’en aller. Mais c’est aussi le jeu démocratique.»

Un phénomène que l’on retrouve, certes dans des proportions moins importantes, au sein d’autres partis. Par exemple, deux des trois nouveaux élus du PDC sont des femmes, tandis que sur les trois conseillers municipaux démocrates-chrétiens recalés, deux sont des hommes.

Théo Allegrezza

Créé: 17.03.2020, 07h06

Articles en relation

Un trio féminin est élu à l’Exécutif de Carouge

Elections municipales La socialiste Stéphanie Lammar, la PLR Anne Hiltpold et la verte Sonia Molinari obtiennent la majorité absolue Plus...

La gauche reconquiert la majorité en Ville

Elections municipales Le quatuor rose-vert arrive en tête du premier tour de l’élection à l’Exécutif. La question des alliances se pose à gauche comme à droite. Plus...

La gauche avance dans les fiefs du PLR. Le MCG rétrécit, l’UDC en profite

Elections municipales La poussée verte de l’automne se confirme. Mais cette fois le PS n’en paye pas la facture. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

C'est le week-end: restez chez vous!
Plus...