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Le réaménagement de la Rade inquiète des historiens

Les professionnels craignent que le concours de mise en valeur des quais ne tienne pas compte du patrimoine.

L. Guiraud (archives)

On entend souvent qu’il manque des lieux de baignade à Genève, que les quais sont encombrés et les plans d’eau squattés par des bateaux ventouses. Depuis des années, l’aménagement de la rade fait débat. Alors, pour mieux mettre en valeur ce site, le maire de la Ville de Genève, Guillaume Barazzone, a lancé en novembre un concours international destiné aux architectes. Un appel aux idées qui devrait permettre ensuite un réaménagement global des quais.

Cette initiative inquiète des historiens de l’art et de l’architecture genevois. Une vingtaine d’entre eux ont adressé une lettre ouverte au maire. Ils craignent d’abord que des éléments du patrimoine lacustre, comme les chantiers navals, puissent être supprimés. «On a l’impression que le département veut «nettoyer» la rade de ses bateaux pour laisser la place aux nageurs, or cela équivaut à la désaffectation de l’usage qui lui convient par nature! souligne Leïla el-Wakil, professeure d’histoire de l’art à l’Université de Genève. La rade est un paysage culturel, il faut reconnaître sa valeur actuelle avec ses dispositifs anciens tels ses réverbères et ses garde-fous.» Le groupement déplore aussi «le regard dépréciatif» sur la rade des organisateurs. «Ils parlent «d’insatisfaction» des Genevois et disent vouloir leur permettre de se «réapproprier» la rade, continue la professeure. Mais celle-ci leur appartient déjà, il n’y a qu’à voir le nombre de promeneurs qui s’y pressent tous les week-ends! Est-ce vraiment nécessaire de tout changer et surtout en avons-nous les moyens?»

Guillaume Barazzone ne dresse pas le même constat. «L’aménagement actuel ne répond pas aux besoins d’une partie de la population. Nous voulons faire émerger des idées, interroger les aménagements existants – par exemple, est-il opportun d’avoir un chantier lacustre près du magnifique site du Jet d’eau et du Jardin anglais? Avec ce concours, nous ne voulons pas tout changer ni aseptiser la rade. Nous allons conserver son esprit et son histoire tout en répondant mieux aux besoins.»

Autre doléance du groupement: l’absence d’historiens de l’art dans le jury, composé essentiellement d’architectes. «Il faut une pluralité de points de vue, note Leïla el-Wakil. Nos connaissances et notre expertise sont indispensables pour renseigner sur l’histoire des lieux.» Le maire répond que «le cahier des charges du concours intègre le respect du patrimoine! L’architecte cantonal, qui fait partie du jury, est d’ailleurs particulièrement attentif à cet aspect.»

La date limite de dépôt des projets est le 10 mars. Après un débat public en mai, une consultation s’ouvrira avec le Conseil municipal.

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