«En quinze ans le budget de l'Escalade a explosé»

Économie du sportLe président du Comité d’organisation, Jerry Maspoli, analyse les pressions financières qui pèsent sur la course et ses conséquences, notamment sur le coût de l'inscription.

Le président du Comité d’organisation, Jerry Maspoli.

Le président du Comité d’organisation, Jerry Maspoli. Image: Laurent Guiraud

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Autrefois prospère, l’Escalade a vu ses marges fondre en quelques années. Pire, après deux derniers exercices bouclés sur des pertes, on en viendrait presque à s’inquiéter. La plus grande course de Suisse serait-elle en danger? «Nous savons nous adapter», assure le président du Comité d’organisation, Jerry Maspoli.

Découvrez notre série vidéo: «L'Escalade, une étape genevoise vers les sommets»

Peut-on perdre de l’argent en réunissant 45 000 coureurs par an?
La taille ne fait pas la réussite financière d’un événement. La clé repose bien sûr sur une gestion adaptée aux nombres de coureurs et aux services qui leur sont proposés. Après une longue période de croissance de la demande à laquelle il a fallu s’adapter, l’événement semble se stabiliser autour de 45 000 participants. C’est sur ce chiffre que nous basons notre stratégie actuelle, avec pour objectif, de rentrer dans nos frais.

La course ne gagne plus autant d’argent qu’avant. À qui la faute?
Je tiens d’abord à rappeler que l’Escalade est gérée par une association et que tous les bénéfices que nous avons pu faire ont soit été réinvestis dans l’événement, soit permis de constituer des réserves. Nous tirons aujourd’hui les fruits de cette politique. Ensuite, pour répondre à la question, je dirais que la baisse des marges s’inscrit dans l’ère du temps. Un événement sportif ne se gère plus de la même manière qu’il y a quinze ans. Les normes ont changé, la relation aux partenaires a évolué. Prenez le cas des médecins qui encadrent la course! Autrefois, ces derniers étaient tous bénévoles. Aujourd’hui, leur cahier des charges s’est étoffé et leur responsabilité est toujours plus engagée. Conclusion, plus personne ne vient gratuitement.

Face à l’augmentation des charges quelles options s’offrent à vous?
Nous sommes grosso modo passés d’un budget de 1,2 million à 3,5 millions de francs en quinze ans. Pour assurer une telle augmentation, nous comptons bien sûr beaucoup sur les sponsors. Mais ces derniers ne peuvent pas forcément suivre la hausse des coûts. Depuis quelques années, nous sommes à la recherche d’un partenaire supplémentaire important. Malheureusement, nous sommes un peu victimes de notre succès. Du fait de la taille de l’événement, le ticket d’entrée s’approche de la centaine de milliers de francs.

Vous avez augmenté de 5 francs l’inscription adulte cette année.
On n’y avait pas touché durant huit ans, mais nous n’avions plus de marge. Il faut comprendre que si la course n’est pas en danger, certains services pourraient être remis en question en cas de mauvaise santé financière. Je pense par exemple aux entraînements que nous organisons. Jusqu’à 2000 personnes y participent. Mais il faut un pro pour les accompagner et nous devons encadrer le parcours selon des normes bien établies. Tout ceci à un coût. Le Walking est dans le même cas de figure. Malgré le succès populaire – 10 000 inscrits environ – bloquer les routes entre Veyrier et les Bastions se révèle toujours plus compliqué.

Le modèle associatif reste-t-il le plus adapté à une organisation aussi complexe?
Nous travaillons aujourd’hui toute l’année pour la course. La première séance pour l’édition 2020 se tient en janvier. Avec la multiplication des enjeux et des partenaires, un modèle 100% associatif me paraît difficilement tenable. Nous fonctionnons actuellement sur un modèle hybride. La course est toujours en main des dix-huit bénévoles du Comité d’organisation, mais trois employés à temps plein ainsi que quatre autres employés temporaires se chargent de la bonne gestion de l’événement.

Créé: 29.11.2019, 11h56

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