Quatre jeunes constituants répondent au non de Bernard Lescaze

Genferei (suite)Ils font campagne pour «une des constitutions les plus progressistes de Suisse». Leur slogan: «Ne laissons pas le passé décider de notre avenir!»

Ciryl Mizrahi, chef du groupe socialiste, Boris Calame, représentant les Associations de Genève, Murat Julian Alder, vice-président du PLR genevois, et Louise Kasser Genecand du groupe des Verts, qui fut la première présidente de la Constituante en sa qualité de benjamine de l'assemblée.

Ciryl Mizrahi, chef du groupe socialiste, Boris Calame, représentant les Associations de Genève, Murat Julian Alder, vice-président du PLR genevois, et Louise Kasser Genecand du groupe des Verts, qui fut la première présidente de la Constituante en sa qualité de benjamine de l'assemblée. Image: JFM

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Le non à la nouvelle Constitution genevoise, qu'annonce Bernard Lescaze ce vendredi sur le site internet de la Tribune de Genève, a fait bondir Murat Julian Alder. A peine l'article était-il publié que le vice-président du Parti libéral-radical genevois bouillait de répondre à l'ancien député radical, qui fut l'un des fervents partisans de la révision totale de la Constitution de 1847. «Bernard Lescaze s'accroche à un texte du XIXe siècle, qui a été complètement dénaturé au cours des 165 dernières années. J'invite les Genevoises et les Genevois à analyser le projet dans son ensemble au lieu de se focaliser sur des aspects secondaires. Le projet genevois 2012 est l'une des Constitutions les plus progressistes de Suisse.» Le ton est donné.

Nous retrouvons Murat Julian Alder attablé à l'heure de l'apéro à l'Ethno, le bar branché de la maison des étudiants de la Jonction, à deux pas du Pont-sous-Terre, où, les beaux jours venus, les jeunes se jettent dans le Rhône à la grande frayeur des plus âgés. Le constituant n'est pas seul. Il met la dernière main à la campagne pour le oui avec trois autres constituants: Louise Kasser Genecand, qui fut la méritante première présidente de la Constituante en sa qualité de benjamine de l'assemblée, Cyril Mizrahi, chef du groupe socialiste, et Boris Calame, membre de la plus petite composante de la Constituante, Les Associations de Genève.

Tous sont atteints, meurtris par le coup de poignard que leur assène le vieux routier de la politique genevoise. Louise Kasser Genecand a ce cri du cœur: «Bernard Lescaze ne s'est pas présenté à la Constituante pour laisser la place aux jeunes, qu'il leur laisse donc la place quatre ans plus tard. Le texte qu'il combat a été voté par trois constituants sur quatre le 31 mai dernier, c'est à dire par une très forte majorité.» Cyril Mizrahi fait remarquer incidemment: «En fait, seuls les groupes qui étaient opposés à la révision totale dès le début refusent aujourd'hui le projet.» LKG enchaîne: «La Constitution reste dynamique. Ce n'est pas un texte figé. Si le 15 octobre, au lendemain du vote sur la Constitution, des Genevois lancent une initiative pour introduire le droit d'éligibilité des étrangers au niveau communal, je la signerai.»

Les armoiries ne sont pas modifiées

Tous abondent. Murat Julian Alder veut répondre point par point aux arguments de son collègue de parti. Sur les armoiries, le jeune PLR reprend l'argument développé dans son blog par le socialiste Maurice Gardiol. Le président de la commission des droits fondamentaux y cite la lettre que la Constituante a adressée à l'historien genevois. «C'est délibérément que les élus ont renoncé à utiliser le langage héraldique. Il était inutile de recopier ce que dit une loi en vigueur que personne ne remet en cause», explique l'avocat. Les Vaudois ont fait de même en reproduisant les armoiries dans la constitution. Au surplus, juge celui qui fut président un temps de la commission de rédaction de la Constituante: «C'est un détail en comparaison avec la réforme de la gouvernance cantonale, de la protection des personnes handicapées, de la solidarité intergénérationnelle ou de la formation obligatoire jusqu’à l’âge de la majorité.»

Sur la Cour constitutionnelle, le vice-président du PLR conteste qu'elle coûtera un à deux millions à Genève. Ce sera une mission supplémentaire attribuée à la Chambre administrative de la Cour de justice qui existe déjà. Elle permettra à des juges au fait de la législation et de la culture politique genevoises, de se prononcer sur la constitutionnalité des lois votées par le Grand Conseil. Boris Calame ajoute que« la nouvelle institution sera une garantie pour les initiants que leur proposition soit respectée par les députés, ce qui n'est pas toujours le cas aujourd'hui».

Rousseau à la rescousse

Sur le prétendu manque d'ambition, Murat Julian Alder rappelle que les 80 constituants ont été élus par les Genevois en octobre 2008 sur onze listes différentes. Il n'a pas été facile de rassembler une majorité de 75%, qui a, le 31 mai dernier, adopté le projet soumis au vote des Genevois. Chacun a dû accepter des compromis, faire des concessions. Le constituant juge dès lors irresponsable la prise de position de Bernard Lescaze: : « Certains utilisent l’enjeu du 14 octobre pour régler de vieux comptes du passé. La vrai question, c’est celle de savoir si nous voulons la Genève de Messieurs Lescaze, Mouhanna et Grobet ou celle exprimée par Pierre Maudet dans «Une certaine idée de Genève». Ce n'est en tout cas pas en votant non le 14 octobre qu'on fera avancer les choses. Et le responsable PLR d'en appeler à Jean-Jacques Rousseau: «En cette année du tricentenaire de la naissance du citoyen de Genève, la Constituante propose aujourd'hui à Genève un nouveau contrat social digne du XXIe siècle.»

(TDG)

Créé: 05.10.2012, 14h18

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L'objet de la polémique

L'article 7

L'article 7 du projet de Constitution définit les armoiries genevoises. Pour éviter tout quiproquo, les constituants ont décidé de faire figurer une image de l'emblème. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

La 1847 et la 2012 comparées

Alfred Manuel, Boris Calame et Yves Lador, les trois élus représentant les Associations de Genève, la plus petite composante de la constituante a mis en ligne une version comparée de la Constitution de 1847 et du projet de Constitution 2012. A consulter ici.

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