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Tout un quartier chauffé grâce au CERN

A Ferney-Voltaire, les rejets de chaleur du CERN et d'autres activités industrielles chaufferont les logements voisins.

Infographie: Isabelle Caudullo

Rien ne se perd, tout se récupère. C’est le principe régissant le réseau d’échange thermique dont la construction a débuté dans la Zone d’aménagement concerté (ZAC) Ferney Genève innovation. Situés juste derrière l’aéroport de Genève, ces 65 hectares de terrain verront sortir de terre, d’ici à 2030, des hôtels, bureaux, équipements publics, ainsi que 2500 logements. Un concept énergétique innovant, inventé par la société franco-suisse Amstein + Walthert, et baptisé «anergie», permettra d’y réduire la consommation d’énergie thermique au strict minimum. Pour faire simple, les rejets de chaleur des uns couvriront les besoins des autres.

Échange de bons procédés

D’un côté, il y a des activités industrielles et autres – en l’occurrence le CERN et un data center, notamment – qui rejettent de la chaleur résiduelle, dite chaleur fatale. De l’autre côté, il y a des logements qui ont besoin de chauffage. Le réseau d’échange thermique relie les uns aux autres afin de valoriser cette chaleur fatale. Tout le monde y gagne.

Tous les bâtiments sont donc connectés à un circuit hydraulique à deux flux, l’un chaud et l’autre froid. L’eau qui y circule est chauffée par des échangeurs thermiques situés dans les bâtiments émetteurs de chaleur fatale, puis acheminée vers les logements où sa température (14 à 18 degrés) est augmentée au niveau désiré grâce à des pompes à chaleur. L’eau ressort froide (12 à 16 degrés) des habitations et alimente le flux inverse. En cas de panne du système ou de pic de consommation, une centrale à gaz naturel assure l’appoint en chauffage. «Mais sur les réseaux d’échange thermique que nous avons déjà réalisés dans le canton de Zurich, cet appoint n’est quasiment jamais utilisé», assure Corentin Maucoronel, directeur adjoint chez Amstein + Walthert.

Stocker la chaleur dans le sol

Comme la demande de chauffage est nettement plus forte en hiver qu’en été, le surplus de chaleur produit aux beaux jours sera stocké dans le sous-sol en attendant d’être récupéré lors des mois les plus froids, cela grâce à des sondes géothermiques enfouies à plus de 200 mètres de profondeur. «Les sondes peuvent être chargées jusqu’à 25 degrés», explique Corentin Maucoronel. Un premier champ de sondes géothermiques est en cours de réalisation sur une partie de la ZAC de Ferney.

Par chance, celle-ci se situe juste à côté d’un des sites du CERN, dont les installations cryogéniques (servant à étudier les propriétés de la matière) rejettent 32 000 mégawattheures de chaleur par an. Une quantité qui dépasse de très loin les besoins de la future ZAC. On étudie donc la possibilité d’étendre le réseau d’échange de chaleur à des quartiers existants de Ferney-Voltaire, dont les émissions de CO2 pourraient ainsi être divisées par deux.

Pour le CERN, l’opération est financièrement neutre, puisque la revente de sa chaleur fatale à un tarif modeste, proche de celui du gaz naturel, couvrira le coût de l’échangeur thermique à construire. «Pour nous, le but est avant tout de consommer le moins d’énergie possible avec nos installations et de valoriser le reste, confie Serge Claudet, coordinateur énergie du CERN. Nous voulons être utiles à la société en montrant que ce qui est possible au CERN peut l’être ailleurs.»

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