Le PS veut aider l’embauche des jeunes diplômés

Grand ConseilRomain de Sainte Marie propose de créer une allocation premier emploi, qui permettrait de briser les carrières de stagiaires

Député socialiste, Romain de Sainte Marie plaide pour la création d'une allocation premier emploi, destinée à des jeunes diplômés qui ont épuisé leur droit au chômage.

Député socialiste, Romain de Sainte Marie plaide pour la création d'une allocation premier emploi, destinée à des jeunes diplômés qui ont épuisé leur droit au chômage. Image: Paolo Battiston

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Entrer sur le marché de l’emploi n’est désormais plus une sinécure y compris pour les jeunes adultes parfaitement formés. Diplômes pourtant en poche, cette catégorie de la population ne parvient souvent à pousser la porte des entreprises que pour y effectuer des stages, peu ou pas du tout rémunérés. Assez rapidement, une partie d’entre eux se retrouvent devant une autre porte, celle de l’aide sociale.

Pour briser cette malédiction, le député socialiste Romain de Sainte Marie demande à l’Etat de créer une allocation premier emploi (APE). En partie similaire à l’allocation de retour en emploi, elle serait destinée à celles et ceux qui ont achevé leur formation et ont épuisé leur droit aux indemnités de chômage. L’Etat financerait ainsi durant trois ans une partie de leur salaire de manière dégressive: 60% la première année, puis 40% et, finalement, 20%.

Cas en augmentation

Même si l’absence de formation certifiée reste l’un des obstacles les plus ardus à franchir pour trouver sa place sur le marché du travail, les jeunes diplômés sont de moins en moins épargnés. «Mon projet de loi a notamment pour source le rapport de la Cour des comptes d’avril 2015 sur la réinsertion professionnelle des chômeurs en fin de droits, explique Romain de Sainte Marie. Il y est relevé que les personnes arrivant en fin de droits sont de mieux en mieux formées et qu’elles sont plus jeunes qu’auparavant. Un constat inquiétant.»

Le député reconnaît qu’il n’est pas possible de déterminer précisément le nombre de cas potentiellement concernés, et par conséquent le coût qu’induirait cette mesure. «Mais se concentrer sur le coût immédiat serait une erreur, poursuit-il. A terme, ce sont bien des économies que réaliserait l’Etat en réinsérant de probables bénéficiaires de l’aide sociale.»

Expérience indispensable

Si la durée de l’allocation a été fixée à trois ans, c’est pour laisser à ces personnes le temps d’acquérir de l’expérience. «Aujourd’hui, la situation est catastrophique pour ces jeunes, explique-t-il. Les entreprises demandent la plupart du temps trois à cinq ans d’expérience même pour des profils de collaborateurs juniors. Le seul accès au monde professionnel qui leur reste est le stage. Mais il ne débouche que très rarement sur un engagement.»

Romain de Sainte Marie insiste sur le fait que son projet n’a rien à voir avec le contrat première embauche, brièvement instauré en France. «Ce contrat précarisait le statut du jeune employé en facilitant la possibilité de le licencier. C’est pourquoi il a été aussi fortement contesté, puis abrogé. Ce que visent les APE est l’inverse.»

Affaiblissement des ARE?

En réalité, le projet de loi socialiste ne se contente pas de proposer d’ajouter ce nouvel outil de réinsertion professionnelle en l’inscrivant dans la loi en matière de chômage. Il s’attaque également à la réforme de l’allocation de retour en emploi (ARE) que propose le conseiller d’Etat Mauro Poggia dans un autre projet de loi, qui a été transmis à la Commission de l’économie du Grand Conseil.

«Mon objectif est que les deux projets soient étudiés en même temps, précise Romain de Sainte Marie. C’est pourquoi dans ma proposition figurent des articles qui concernent aussi les ARE et contredisent ce que veut instaurer le Conseil d’Etat. Pour moi, le projet du Conseil d’Etat va réduire la portée et l’efficacité des ARE. Or c’est l’inverse dont on a besoin.»

Afin de maîtriser les dépenses induites par ces allocations, Mauro Poggia souhaite en effet notamment fixer un plafond au montant des salaires à partir duquel le versement de l’ARE n’est plus envisageable. Il a posé la limite à la hauteur du salaire médian genevois. Ce nouveau plafond salarial engendrerait une économie de 750 000 francs en deux ans.

«C’est une aberration de s’imposer de telles limites», conclut Romain de Sainte Marie.

Créé: 14.03.2016, 11h09

Le cercle vicieux des stages

Le phénomène des stages à répétition n’a touché la Suisse qu’il y a une dizaine d’années. Soit bien après avoir essaimé dans d’autres pays d’Europe.
Avec la raréfaction des postes de travail à pourvoir, des jeunes bardés de diplômes passent de stage en stage, parfois durant des années. Leur défaut récurrent: le manque d’expérience professionnelle.

Romain de Sainte Marie y voit deux raisons. La première est que les patrons ont un peu perdu la mentalité de formateurs. La seconde est la libre circulation. «Comme elle n’est pas assez cadrée, il peut être tentant pour un employeur d’engager une personne déjà formée ailleurs plutôt qu’un jeune.» E.BY

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