«Le PS genevois doit réfléchir davantage»

InterviewGérard Deshusses est le nouveau président du PS. Il nous livre les projets qu’il mènera avec sa vice-présidente.

Gérard Deshusses: «Ma force, c’est de ne pas avoir de carrière politique à mener.»

Gérard Deshusses: «Ma force, c’est de ne pas avoir de carrière politique à mener.» Image: Laurent Guiraud

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La semaine passée à Meyrin, le PS désignait son nouveau président. Gérard Deshusses (66 ans), ancien enseignant et conseiller municipal en Ville de Genève, succède à Carole-Anne Kast. Il dévoile ses projets.

Gérard Deshusses, à quoi sert le PS genevois?

À défendre ceux qui ne sont pas privilégiés, la démocratie, les principes républicains et les acquis sociaux qui sont menacés.

La social-démocratie est en difficulté. Quelle leçon en tirez-vous?

La social-démocratie est en danger, même si elle connaît aussi des réussites, comme au Portugal, où d’énormes sacrifices ont été faits pour éviter le programme habituel du FMI qui a mené à la faillite de nombreux pays, à l’image de l’Argentine. Globalement, les courants nous sont contraires et sont liés au développement d’une culture de l’individualisme, à l’affaiblissement de la solidarité. Les développements technologiques – les transports privés, le numérique – accentuent ce chacun pour soi. Pour résister victorieusement, il faut rappeler nos valeurs communes, nos intérêts communs: nous voulons vivre ensemble en protégeant les plus faibles et l’État a un rôle crucial à jouer, notamment pour former la jeunesse, lui rappeler notre projet, lui enseigner les règles de la vie commune, la politesse, l’éthique, le civisme. Mais l’éthique ne doit pas guider uniquement les relations entre les personnes, mais aussi celles avec l’État et les entreprises. La soustraction fiscale, les licenciements injustifiés, l’indifférence engendrent une société dure, qui marginalise, alors même que Genève n’a jamais été aussi riche!

Les partis populistes présentent aussi des solutions qui séduisent…

Ils désignent des problèmes et des coupables à sacrifier. C’est efficace. Mais ils n’ont pas de solution: la fermeture des frontières n’empêchera jamais les délocalisations d’entreprises.

Vous avez 66 ans. Pourquoi prendre cette responsabilité?

Par conviction. Ma force, c’est de ne pas avoir de carrière politique à mener. En revanche, j’ai des objectifs à remplir. Avec la députée Caroline Marti, ma vice-présidence, nous nous sommes partagé les rôles. À elle les dossiers cantonaux, à moi le débat interne. Notre constat, c’est que les partis sont accaparés par l’agenda, l’urgence. Je souhaite développer et mieux utiliser des lieux de débat au sein du parti pour déboucher sur des positions discutées et partagées. Nous avons mille membres, dont la moitié est active: nous avons de la marge pour renforcer nos liens et notre unité! Le PS doit réfléchir plus, mieux préparer ses candidats, notamment pour les élections municipales, où tant d’élus démissionnent faute de pouvoir concilier vie politique, vie familiale et vie professionnelle.

Les rivalités entre personnalités pèsent lourd au PS. Comment les dépasser?

C’est un enjeu important sans solution toute faite. Il faut multiplier les discussions, définir les buts de chacun, rappeler avec respect et bienveillance qu’on travaille dans l’intérêt commun. (TDG)

Créé: 10.10.2018, 22h45

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