Les protecteurs de l'environnement combattent la traversée du lac

Votations cantonales du 5 juinLe projet est jugé trop cher, générateur de trafic et catastrophique pour l'environnement.

De gauche à droite: Thibault Schneeberger (actif trafic), Thomas Wenger (ATE), Valérie de Roguin (ATE), Jean Pascal Gillig (WWF) et debout François Dunant (Pro Natura). Image: MM

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La traversée du lac est inabordable, inefficace et désastreuse. Tel est en substance le message du comité associatif qui a présenté jeudi ses arguments contre le projet d'autoroute périphérique via une traversée du lac, promue par une initiative soumise au verdict populaire ce 5 juin. Ce collectif regroupe des associations attachées à la mobilité douce (ATE, actif-trafic) ou liées à l'environnement (WWF, Pro Natura, Groupe ornithologique du bassin genevois).

«Les initiants vendent un principe, mais il existe un projet très concret, pointe Thomas Wenger, président de l'ATE. On ne peut pas faire croire qu'on peut voter comme on fait sa liste au Père Noël, réaliser que ce dernier n'existe pas et se trouver face à une facture de 5 milliards.» Selon lui, Genève n'en a pas les moyens, la voie du partenariat public-privé ne fait que renchérir le coût pour le contribuable car «les privés ne sont pas des philanthropes et veulent un retour sur investissement». Quant au financement fédéral, il serait illusoire pour un projet dont Berne juge qu'il n'intéresse que la région.

«Nouvelle route, nouveau trafic»

Co-secrétaire d'actif trafic, Thibault Schneeberger met en garde contre les baisses de circulation promises au centre-ville grâce à la traversée. «La circulation, ce n'est pas de la plomberie où un nouveau tuyau permet de fluidifier le système, argue-t-il. Toute nouvelle infrastructure engendre un trafic supplémentaire.» Pour lui, la traversée n'est qu'un outil idéologique pour les défenseurs de la voiture qui, même sans croire en sa réalisation effective, la posent comme condition à tout aménagement favorable aux piétons ou cyclistes.

Valérie de Roguin, de l'ATE, estime que de multiples solutions existent pour apaiser la ville: développement du ferroviaire et des pistes cyclables, extension du réseau de tram, co-voiturage et parkings-relais en périphérie. «Les emplois et les activités sont concentrés dans le centre, qui restera une destination, avec ou sans traversée», prévient-elle.

Impact «catastrophique»

Les organisations écologistes soulignent que le tracé officiel prévu affecte des zones d'importance nationale voire internationale, en particulier pour l'avifaune. «Haut de plus de 120 mètres, le pont envisagé sur le lac constituerait un barrage pour les oiseaux migrateurs», craint Jean Pascal Gillig, du WWF. Plusieurs milieux sensibles seraient touchés: Pointe à la Bise, marais de Roelbeau et plaine de la Haute-Seymaz qui figurent à la fois parmi les derniers bastions de certaines espèces, mais aussi parmi les poumons verts recherchés par une population attachée à la contemplation de la nature à proximité de son domicile.

Si le tracé promis est presque entièrement souterrain, l'impact du chantier, «catastrophique» selon les termes de François Dunant du comité de Pro Natura, est redouté par ces organisations. Elles craignent notamment la production de gravats, de trois à six fois supérieure à celle engendrée par le chantier ferroviaire CEVA. (TDG)

Créé: 12.05.2016, 13h52

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