Le projet genevois de Vélib' repart au tribunal

Vélos en libre-serviceL'adjudication du projet porté par l'État et 20 communes au danois Donkey Republic fait l'objet d'un recours à la Cour de justice.

Genèveroule avait prévu de collaborer tant avec le gagnant de l'adjudication qu'avec le recourant.

Genèveroule avait prévu de collaborer tant avec le gagnant de l'adjudication qu'avec le recourant. Image: Pascal Frautschi / Archives

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La roue ne tourne toujours pas pour le projet de Vélib' genevois. Après de multiples enlisements judiciaires et politiques, le nouvel avatar de cette ambition sans cesse contrariée trébuche à nouveau sur un obstacle procédural. À peine effectuée, l'attribution du marché, au terme d'une adjudication au sens classique du terme, est contestée par le concurrent parvenu au deuxième rang du concours, a appris la «Tribune de Genève».

Pour rappel, après l'échec d'un projet municipal sur fonds d'appels en justice, la conseillère d'État Michèle Künzler avait lancé un projet, doté de subsides publics, qui avait capoté en commission parlementaire des finances. Son successeur, Luc Barthassat, avait opté pour la mise en concurrence d'une concession payante du domaine public, mais son attribution à Publibike avait été contestée avec succès par le réseau privé Velospot: la justice avait estimé qu'une adjudication de marché public en bonne et due forme s'imposait.

C'est donc ce qu'a entrepris l'an dernier le nouveau ministre de la Mobilité Serge Dal Busco. Avec pas moins de vingt communes partenaires, qui ont été informées en début de semaine du nouveau contre-temps, le plan prévoyait «un démarrage assuré au 1er juin avec au minimum 50 stations dont 35 en Ville, une station au minimum dans chaque commune participante en juin 2021, un plan de développement achevé à fin mai 2022, un minimum de 30% de vélos mécaniques, un partenaire opérationnel local actif dans la réinsertion sur le marché de l’emploi, une exploitation respectueuse de l’environnement», décrit Roland Godel, au nom du département des Infrastructures.

Victoire scandinave, riposte genevo-valaisanne

Le concours a été remporté par Donkey Republic, une plateforme créée en 2015 à Copenhague et qui, l'année suivante, comptait déjà mille vélos déployés dans dix pays. Cette société danoise prévoit de collaborer pour la maintenance des bicyclettes et le rééquilibrage des stations avec l'entreprise sociale locale Genèveroule, laquelle avait aussi négocié un possible partenariat avec une association tout récemment fondée à Genève, Unimobility, homonyme d'une société anonyme basée en Valais. Et c'est cette entité, classée en deuxième position, qui a décidé de saisir la justice et demandé que son action ait un effet suspensif, c'est-à-dire qu'elle bloque le projet en l'attente d'un jugement.

«Avant de commenter, il faut voir si la justice admet notre recours et si elle lui accorde l'effet suspensif», réagit au téléphone Paul-André Sarrasin, président d'Unimobility Genève, administrateur d'Unimobility SA et, par ailleurs, ancien numéro deux de la société exploitante de Velospot, à l'origine d'un précédent recours. Et de poursuivre: «Si l'effet suspensif est accordé, cela signifie qu'il y a matière à discuter, mais si tel n'est pas le cas, on ne cherchera pas à ennuyer le pouvoir adjudicateur et les usagers.»

Retard indéterminé

Selon nos informations, Unimobility a été pénalisée lors de l'évaluation par son système d'attaches à des barres alors que Donkey Republic mise sur un verrouillage électronique sur des stations à l'aménagement léger. Ironiquement, lors de la précédente attribution, les communes avaient dans un premier temps plaidé pour des attaches fixes ce qui les avaient incité à dédaigner le verrouillage virtuel préconisé par Vélospot.

Le nouveau projet aurait donc dû prendre son envol en juin. Un délai encore tenable? Sans doute pas, selon l'État qui évoque un événement «regrettable» mais juge pour l'heure impossible d'évaluer le retard qui sera pris.

Pour Pro Vélo, l'essentiel est ailleurs

«La procédure d’appel d’offres a été menée de manière extrêmement rigoureuse, avec les communes engagées dans le projet aux côtés de l’État, assure Roland Godel. Le choix du candidat retenu a été effectué à l’unanimité par le comité d’évaluation.»

Comment réagissent les milieux cyclistes? «C'est symbolique, juge Rolin Wavre, porte-parole de Pro Vélo. Que notre ville ne parvienne toujours pas, pour toutes sortes de raisons bonnes ou mauvaises, à se doter d'un système de vélos en libre-service n'est pas un bon signe. Mais entre-temps, la population s'équipe en bicyclettes et a avant tout besoin d'un réseau sûr et continu, dont l'absence constitue le principal frein au cyclisme aujourd'hui. C'est notre priorité.»

Créé: 06.02.2020, 14h47

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Quand reprendre le travail?
Plus...