Les prix de l’occasion chutent mais les volumes grimpent

Automobiles Le 25e Salon de la voiture d’occasion a ouvert ses portes à Palexpo hier sur fond d’incertitudes.

Denis Picard, président de l’UPSA, et Daniel Feniello, président du comité d’organisation du salon, ont réuni davantage de véhicules pour le 25e anniversaire du Salon de la voiture d’occasion. En 2016, les ventes avaient été bonnes.

Denis Picard, président de l’UPSA, et Daniel Feniello, président du comité d’organisation du salon, ont réuni davantage de véhicules pour le 25e anniversaire du Salon de la voiture d’occasion. En 2016, les ventes avaient été bonnes. Image: Lucien Fortunati

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Une Ferrari 488 Spider, 500 km au compteur, proposée à 329 999 francs. Non loin, une Citroën C4: 33 100 km, 15 836 francs. Entre les deux, une Maserati Ghibli (24 000 km, 59 985 francs) ou une Peugeot 107 (29 133 km, 7900 francs). Cette année plus que les autres, les bolides de luxe côtoient les modèles de tourisme au Salon de la voiture d’occasion, qui se tient de vendredi à dimanche à Palexpo.

Signe que le marché de la seconde main a le vent en poupe? Ou que le haut de gamme a sa place quand il n’est pas neuf? Deux questions restées sans réponse claire vendredi à l’ouverture de la 25e édition de l’événement phare du véhicule d’occasion sur sol romand. Trente-deux garages sont venus dans l’optique de vendre. Ils exposent en moyenne chacun plus de véhicules cette année; l’édition précédente du salon avait déjà été généreuse en termes de volume.

Un marché important

L’an dernier, 173 véhicules ont été écoulés en trois jours, sur 600 exposés. «C’est plus que d’habitude et, à l’unité, ils se sont vendus plus cher», indique Denis Picard, président de la section genevoise de l’Union professionnelle suisse de l’automobile. Sept mille visiteurs sont attendus, des chiffres incomparables avec le Salon international de l’automobile, qui fait la renommée de Palexpo au début du printemps.

Le marché de la seconde main en Suisse a pourtant des atouts à faire valoir. En 2016, 45 651 véhicules d’occasion ont été immatriculés à Genève, trois fois plus que de modèles neufs (voir infographie ci-dessous).

En Suisse et au Liechtenstein, les proportions sont similaires: 317 318 mises en circulation des voitures de tourisme neuves, contre 873 586 changements de propriétaire, selon la société Eurotax.

Les ventes d’occasion grimpent en outre là où celles du neuf baissent. Le franc fort a eu un impact sur le marché des nouvelles carrosseries, ce qui aurait stimulé le celui de l’occasion.

Les garagistes rencontrés à Palexpo vendredi se montrent prudents car si les volumes croissent, les prix baissent. Les primes que les constructeurs versent aux garagistes qui immatriculent leurs voitures neuves invendues ont explosé récemment, ce qui permet aux garagistes de baisser drastiquement les prix. «Cela a un grand effet sur le marché d’occasion, qui devient moins compétitif», estime un observateur qui préfère rester anonyme. Face à cela, les revendeurs proposent des leasings plus agressifs et voient leur marge diminuer.

Internet permet aussi aux clients de mieux s’informer, ce qui incite les garagistes à revoir leurs tarifs, et aux acheteurs de faire sans eux. Les sites d’annonces foisonnent en effet. Les garagistes n’auraient plus que deux avantages: ils reprennent les anciennes voitures de leur clientèle et peuvent faire du leasing.

Un problème de définition

Les modèles vendus à Palexpo sont luisants, comme neufs, certains affichent peu de kilomètres au compteur. A partir de quand considère-t-on qu’un véhicule est d’occasion? La réponse varie selon les garagistes. Certains avancent que, pour être considéré comme tel, un véhicule d’occasion doit avoir plus de cent kilomètres au compteur; d’autres affirment qu’il doit y avoir eu un changement de propriétaire. En Europe, au regard de la TVA, un véhicule est considéré comme neuf s’il n’a pas été utilisé pendant plus de six mois et s’il n’a pas roulé plus de 6000 kilomètres, selon Bruxelles.

Concernant la présence des voitures de luxe, les théories se contredisent aussi. Certains estiment qu’un modèle haut de gamme subit une forte décote sur le marché d’occasion, les acheteurs sur ce créneau préférant du neuf. La Maserati Ghibli de Palexpo est après tout proposée à moins de 60 000 francs. D’autres soutiennent le contraire, et la Ferrari 488 Spider à plus de 329 000 francs semble leur donner raison. Seule certitude sur ce marché chahuté: les attentes sont importantes à Palexpo cette année, vu les ventes en hausse l’an dernier. Et pour attirer le chaland, rien de tel que d’exhiber une grosse cylindrée. (TDG)

Créé: 06.10.2017, 20h03

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