Le Prix Lipp de littérature couronne à Genève Ilma Rakusa

LETTRES SUISSES Le Lipp a été décerné hier à Genève. Il va à un ouvrage alémanique, «La mer encore». Marina Salzman décroche la Bourse Anton Jaeger.

Ilma Rakusa. Une vie fairte de déménagements.

Ilma Rakusa. Une vie fairte de déménagements. Image: DR

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Ils restaient trois en lice pour le 26e Prix Lipp. 2013 est une année impaire. «Il devait donc s’agir d’un ouvrage suisse traduit de l’allemand, de l’italien ou du romanche», a expliqué mardi 23 avril Jacques Bofford, inamovible président du jury. En 2014 reviendra le tour des Romands. Il en va ainsi depuis la disparition du Lipp naguère remis à Zurich.

Le choix aurait pu se porter sur «Une autre époque» d’Alain Claude Sulzer, un roman sur l’homosexualité dans les années 1950, paru à Paris chez Jacqueline Chambon. L’auteur est déjà très connu du public francophone. Ou il aurait pu tomber sur «Léon et Louise» d’Alex Capus (Actes Sud), primé il y a quelques jours à peine par les auditeurs de la RTS. Le choix des jurés s’est cristallisé sur Ilma Rakusa, dont «La mer encore» (Mehr Meer), traduit par Patricia Zurcher, s’est vu édité à Lausanne par l’En-Bas de jean Richard.

Valises symboliques

C’est Mousse Boulanger qui a fait la laudatio de la lauréate, qui se définit comme «un auteur de langue allemande vivant à Zurich». La femme de radio l’a fait avec fougue et générosité. Elle a ainsi raconté la vie de cette femme à qui l’héroïne de l’ouvrage ressemble beaucoup. «La mer baigne toutes les pages de ce livre où il y a partout et toujours des valises à faire et à défaire.» Le parcours de cette autre Ilma, née en 1946, passe par Budapest, Trieste, Zurich. Il y a aussi Paris et Saint-Pétersbourg. A force de franchir des frontières «à la fois barrages et ponts», les langues s’accumulent. La femme est devenue traductrice.

Mais attention! Ilma traduit en allemand, «le seul langage où je puisse exprimer les nuances stylistiques les plus fines», des ouvrages originellement écrits à l’Est. Elle s’étonne parfois de ce penchant géographique, elle qui est arrivée à Zurich en 1951 et qui a vu pour la première fois Prague grâce à son passeport rouge à croix blanche. «La Suisse n’apparaît curieusement pas dans mes propres textes littéraires.»

Il y a depuis quelques années un autre prix à prendre. Il s’agit de la Bourse Anton Jaeger. Marina Salzmann l’a décrochée cette année grâce à un livre de nouvelles, «Entre deux», paru à Orbe chez Bernard Campiche.

(TDG)

Créé: 23.04.2013, 13h11

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