Presinge se revendique commune sans publicité

AffichageL’Exécutif municipal veut défendre un mode de vie plus modeste, moins axé sur la consommation

Patrice Mugny, adjoint au maire de Presinge.

Patrice Mugny, adjoint au maire de Presinge. Image: Laurent Guiraud

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Après la commune «zéro frontalier», la commune zéro publicité. Mais cette fois, il s’agit de Presinge et l’idée émane d’un Vert. Patrice Mugny, adjoint au maire, l’a proposée à ses collègues lors de son entrée à l’Exécutif en juin dernier, avant de la formaliser dans le journal communal en octobre. Aujourd’hui, le magistrat souhaite étendre le concept aux municipalités voisines. Par «publicité», l’Exécutif presingeois entend les panneaux d’affichage à but commercial. Il n’inclut pas dans cette définition les informations communales ou les visuels de campagne des votations et élections.

Un acte symbolique

Compte tenu de sa situation excentrée et de sa faible densité de population, Presinge ne croule pas sous les demandes de réclame. Mais, selon Patrice Mugny, il s’agit avant tout d’un acte symbolique. «Nous voulons défendre un mode de vie plus modeste, moins axé sur la consommation, et développer une commune villageoise qui s’interroge sur la pollution en général, qu’elle soit lumineuse, visuelle, sonore, dans l’air ou dans la terre», explique l’écologiste.

Dans cette même perspective, l’Exécutif a également cherché à faire interdire le survol de son territoire par des drones. Mais cette disposition relevant du Canton, la Municipalité a dû y renoncer.

Parmi les communes récemment approchées par Patrice Mugny, Choulex et Gy se sont dites d’accord sur le principe de refuser toute proposition de publicité. La décision était relativement facile à prendre pour ces communes qui n’abritent à ce jour aucun panneau commercial.

Puplinge et Meinier, également contactées par le magistrat, ont pour leur part décidé de discuter avec les membres de leur Conseil municipal respectif. Entre une et trois enseignes sont en jeu dans chacune de ces communes. «Cela ne nous rapporte pas grand-chose financièrement, mais ces emplacements publicitaires ne nous dérangent pas non plus, nous sommes encore loin de la situation en France voisine où il y a des panneaux partout», confie le maire de Puplinge, Gilles Marti.

Absence de demande

Si Presinge est sans doute la première municipalité genevoise à se revendiquer haut et fort «libre de pub», d’autres communes ailleurs dans le canton ont également fait ce choix-là, sans pour autant l’officialiser. C’est notamment le cas de Bernex, Cartigny, Troinex, Perly-Certoux ou encore Satigny, des communes peu peuplées.

Les raisons de cette absence de panneaux publicitaires diffèrent en revanche. Pour la plupart de ces communes, il s’agit essentiellement d’une question esthétique. Les mairies ne veulent pas dénaturer l’aspect rural ou ancien de leurs villages. Leur position ne relève cependant pas de principes éthiques.

A Bernex, au contraire, on précise que l’inexistence de panneau publicitaire ne relève pas d’une «volonté politique, mais d’une absence de demande de la part des sociétés d’affichage.» (TDG)

Créé: 16.05.2016, 18h57

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Des gains importants

Les emplacements des panneaux publicitaires sont généralement proposés, puis gérés, par la société APGSGA, qui se définit comme l’entreprise leader de la publicité extérieure en Suisse. Une commune est libre d’accepter ou non le panneau proposé. L’entreprise choisit l’implantation sur la base d’études de flux. Plus l’endroit est fréquenté, plus l’emplacement peut être loué cher aux annonceurs. L’octroi d’une telle concession à la APGSGA permet à une municipalité de toucher jusqu’à 50% des recettes. Elle doit toutefois rétrocéder une petite partie de ce montant (10%) à l’État.

Pour certaines communes urbaines qui concentrent plusieurs dizaines, voire centaines, de panneaux sur leur sol, ces gains ne sont pas négligeables. A Lancy et au Grand-Saconnex, ils s’élèvent à plus de 50?000?francs par an, à Vernier à près de 200?000?francs. En Ville de Genève, ce chiffre se monte à près de 3 millions de francs.
C.G.

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