La présidence de Carlos Medeiros menacée par le PS

Ville de GenèveMalgré la règle tacite du tournus, la gauche ne veut pas offrir la présidence du Conseil municipal de la Ville à l’élu du MCG.

Carlos Medeiros, MCG.

Carlos Medeiros, MCG. Image: Pierre Albouy

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Carlos Medeiros sera-t-il mardi soir le premier citoyen de la Ville de Genève? Alors que son accession à la présidence du Conseil municipal semblait acquise, le groupe socialiste a finalement décidé jeudi soir de présenter une autre candidature pour ce poste, celle de Martine Sumi, actuellement 2e vice-présidente du Bureau. Le match entre les deux candidats pourrait être serré.

La nouvelle agace évidemment Carlos Medeiros. Et l’étonne aussi un peu. «Que voulez-vous que je vous dise? Ils ne jouent pas le jeu. Il devait y avoir un tournus et ils passent outre. On verra bien mardi ce qui va se passer…»

Tradition bousculée

«En réalité, nous avons décidé que si la droite ne se décidait pas à briguer la présidence – ce qui semble être le cas – nous allions proposer Martine Sumi, indique Virginie Studemann, présidente de la section Ville du PS. Nous ne sommes pas opposés à l’alternance entre la gauche et la droite à la présidence, mais nous ne voterons pas pour le MCG ou Carlos Medeiros.»

Ce dernier est aujourd’hui premier vice-président du Municipal, un poste qui permet à son détenteur de se préparer à la direction des séances. Habituellement, celle ou celui qui accède l’année précédente à la vice-présidence devient président par la suite. Ce sera par exemple le cas du PLR Rémy Burri, qui briguera mardi la vice-présidence.

Apprécié au Bureau

Carlos Medeiros a secondé durant un an le président Olivier Baud, élu d’Ensemble à Gauche (EàG), et l’a remplacé à l’occasion pour diriger les séances. A priori sans incident. Lors de la dernière séance, le président sortant lui a du reste souhaité «une bonne suite logique de carrière».

Du coup, Tobias Schnebli, le nouveau chef du groupe d’EàG, marche un peu sur des œufs. «Ce n’est en tout cas pas en notre nom que Carlos Medeiros sera élu, annonce-t-il d’emblée. Sa candidature nous pose un problème. Pour l’instant, nous nous accordons la liberté de vote, mais nous pourrions revoir notre position si le PS lance réellement une candidature.» Les Verts ont, eux, choisi. Ils soutiendront la candidate socialise, confirme Sandrine Burger, leur cheffe de groupe.

Le PDC et le PLR détermineront leurs positions lundi, lors de leurs caucus. Mais l’Entente, tout comme l’UDC, ne semble pas vouloir remettre en question le tournus qui revient au MCG. «Carlos Medeiros, ce n’est pas Eric Stauffer, confie le PDC Lionel Ricou. Il ne pratique pas la provocation à l’état pur. Je l’ai côtoyé durant une année au Bureau et cela s’est très bien passé.»

De son côté, le PLR Adrien Genecand ne cache pas son irritation: «Fidèle à sa tradition de monopoliser le pouvoir, la gauche va de l’avant.» Pas sûr que l’Alternative parvienne à son but. Dans le Conseil municipal élu le 19 avril, elle ne dispose plus que de 37 sièges sur 80. (TDG)

Créé: 29.05.2015, 19h50

Un parcours hors du commun

Carlos Medeiros est né en 1965 à Lisbonne. Il a 10 ans lorsqu’éclate la révolution des œillets, qui met fin à la dictature de Salazar au Portugal. Adolescent, c’est au parti le plus à droite du parlement qu’il adhère. Plusieurs fois, l’élu MCG a laissé transparaître sa nostalgie de l’ordre qui régnait sous la dictature.


En 1987, il émigre en Suisse, «avec 300 francs en poche» et sans parler un mot de français. A Genève, il enchaîne les emplois mal rémunérés. L’homme est un bosseur et se fait peu à peu une place. Il ouvre notamment un bistrot puis, plus tard, fonde son entreprise dans le secteur de la vente.

Sa carrière politique débute en 2005, lorsqu’il adhère au MCG, qui vient d’être créé. Vice-président du parti cantonal, il préside la section Ville. Il est député au Grand Conseil depuis 2013 et conseiller municipal.

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