Passer au contenu principal

«Par sa présence, Rémy Pagani a cautionné la manifestation»

La droite municipale va demander la démission du maire de la Ville de Genève, lui reprochant d’avoir défilé samedi.

La participation du maire Rémy Pagani à cette manifestation n'est pas du goût de tous les élus de la Ville de Genève.
La participation du maire Rémy Pagani à cette manifestation n'est pas du goût de tous les élus de la Ville de Genève.
Keystone

«Je ne vous appellerai plus Monsieur le Maire, Monsieur Pagani! Vous avez bafoué votre fonction, votre titre! Vous avez manqué de respect à toute une partie de vos administrés!» Ce cri lancé sur les réseaux sociaux par la conseillère municipale PLR en Ville de Genève Helena Rigotti ne restera pas lettre morte.

Dès mardi soir, à l’occasion de la plénière, la droite élargie entend demander des comptes au maire Rémy Pagani sur sa présence dans les rangs de la manifestation «Prenons la ville» de samedi, qui a réuni 2000 personnes dans l’après-midi. Et qui s’est terminée par l’occupation d’un immeuble au 40, rue de la Coulouvrenière jusqu’au petit matin, occasionnant des dommages matériels.

«Il pourrait montrer un peu de respect pour la fonction qu’il occupe», s’insurge la cheffe de groupe PLR Patricia Richard. Sous la plume du conseiller municipal Vincent Subilia, le PLR dépose ainsi une résolution exigeant que Rémy Pagani «démissionne immédiatement de ses fonctions de maire». La photo de l’élu d’Ensemble à Gauche tenant entre ses mains gantées de noir une banderole où l’on peut lire «Exproprions - Occupons» a particulièrement choqué la droite.

Le texte de la résolution précise qu’«inciter la population à un tel acte illicite est scandaleux». Et Vincent Subilia d’en remettre une couche: «On ne peut pas le laisser franchir la ligne rouge ainsi! Comment peut-on avoir un magistrat en exercice qui cautionne le squat?»

«Pulsions syndicalistes»

Au vu des réactions des uns et des autres, il y a fort à parier que le texte déposé par le PLR sera suivi par l’ensemble de la droite élargie. «Il s’agit d’une manifestation antisystème. Un système qu’il est censé respecter et défendre!» souligne le conseiller municipal UDC Éric Bertinat, qui reproche à Rémy Pagani d’être «incapable de refréner ses pulsions syndicalistes». L’élu UDC estime que «par sa présence, il a cautionné la manifestation et en endosse la responsabilité».

Aux yeux du chef de groupe MCG Daniel Sormanni, «Rémy Pagani n’a toujours pas enfilé le costume de conseiller administratif. En étant aux premières loges, aux côtés du Black Bloc, il justifie l’occupation d’un immeuble. C’est inconvenant et inadmissible.» Évoquant l’affaire de la brochure qui a entraîné le report de la votation sur les coupes budgétaires et valu une amende à Rémy Pagani, Daniel Sormanni estime que ce dernier épisode «s’inscrit dans la lignée de tout ce qui s’est déjà passé».

Le chef de groupe PDC Alain de Kalbermatten est plus nuancé. «Son combat peut paraître juste. Rémy Pagani est cohérent dans ses convictions. Ce qui est gênant, c’est qu’il ne peut pas cumuler les casquettes de maire et de manifestant.» Selon lui, l’élu d’Ensemble à Gauche doit «utiliser des moyens démocratiques pour défendre ses positions». Le PDC s’alliera au PLR pour exiger la démission du maire. «Il aurait dû quitter les rangs de la manifestation lorsqu’il a constaté la présence des Black Blocs encagoulés. Ces derniers nous ont déjà coûté assez cher», conclut Alain de Kalbermatten, en référence à la manifestation de décembre 2015 qui avait dégénéré.

Simple citoyen ou maire

Réagissant à cette pluie de critiques, Rémy Pagani lâche d’emblée: «En participant à une telle manifestation, je prétends représenter les intérêts des Genevois pour leur droit au logement bon marché.» À la droite, qui exige sa démission, il lance: «Pour la deuxième fois, cela devient grotesque!»

Concernant les manifestants encagoulés, il assure ne pas les avoir vus, «étant positionné à la fin du cortège». Au sujet de la banderole, il affirme qu’il n’a «pas appelé personnellement à l’occupation d’un immeuble» et qu’il a quitté les lieux à 17 h. Rappelant que l’État peut légalement acquérir par voie d’expropriation un immeuble resté vide, il s’étonne que le Canton n’ait pas agi de la sorte pour cet immeuble «vide depuis vingt-quatre ans». «Je suis un magistrat qui défend les intérêts des personnes qui l’ont élu», insiste-t-il.

Un propos qui met à mal la ligne de défense proposée par le chef de groupe Vert Alfonso Gomez. «Je ne vois rien de condamnable. Pour moi, il participait à titre privé, c’est son droit.» La vice-présidente du Conseil administratif, Sandrine Salerno, rappelle que «Rémy Pagani est allé à cette manifestation sur sa propre initiative» et qu’il «n’avait pas été mandaté par le Conseil administratif pour y représenter la Ville».

Arguant pour sa part qu’«il n’est rare de voir des politiciens manifester» et qu’«il s’agit d’un droit fondamental», la cheffe de groupe PS Albane Schlechten stipule: «Je ne comprends pas vraiment la polémique. Si ce n’est d’en rajouter sur le dos de ce pauvre Rémy Pagani!» Selon elle, «la manifestation part d’un constat largement partagé. Elle regroupe de nombreux collectifs qui n’ont pas tous la même sensibilité et ne prônent pas tous les mêmes méthodes.»

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.