Prendre toute la mesure de la pollution

La solutionÀ l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement, l'ONU souligne l'importance des stations de mesure de la pollution.

Les stations d’analyse de la qualité de l’air permettent de déclencher des mesures de protection quand les seuils d’alerte sont dépassés.

Les stations d’analyse de la qualité de l’air permettent de déclencher des mesures de protection quand les seuils d’alerte sont dépassés. Image: CHRIS BLASER

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Aucun problème ne peut être résolu si l’on ne prend pas d’abord conscience de son existence. C’est particulièrement vrai avec la pollution atmosphérique, ce poison invisible mais pourtant bien présent dans l’air que nous respirons. Pour rendre ce danger potentiellement mortel plus palpable, on dispose de stations de mesure de la qualité de l’air. Celle de la rue Necker, à deux pas de la gare Cornavin, était ouverte au public mardi matin à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement des Nations Unies.

Quatre de ces stations sont installées dans le canton de Genève: une au centre-ville (à la rue Necker, donc), deux dans des zones suburbaines et une à la campagne. Dotées d’une batterie d’instruments et d’ordinateurs, elles mesurent en temps réel les concentrations de toutes sortes de polluants, mais on se focalise principalement sur les particules fines, le dioxyde d’azote et l’ozone, les trois principales sources de pollution à Genève. Les résultats sont publiés sur internet (www.ge.ch/air) ou sur l’application airCHeck. Le site Breathelife (www.breathelife2030.org) permet, lui, de voir le niveau de pollution dans les villes du monde entier. On apprend ainsi qu’à Genève, le niveau annuel de particules fines (PM 2,5) dépasse celui préconisé par l’Organisation mondiale de la santé (+30%). La Cité de Calvin est donc plus polluée que Lausanne (qui est à +20% de PM 2,5) ou New York (-30%), mais largement moins que Pékin (+600%).

Données en libre accès

Ces données sont consultables par les scientifiques et les décideurs politiques, qui peuvent si nécessaire déclencher des mesures de restriction du trafic automobile, par exemple, mais aussi par les citoyens. «C’est important car la solution à ce problème passe certes par les lois, ou par la mise sur le marché de véhicules moins polluants, mais également par nos comportements à tous, notamment nos choix de mode de transport», affirme Bruno Pozzi, directeur européen du Programme des Nations Unies pour l’environnement. «L’air que nous respirons dans la plupart des villes européennes dépasse le niveau de pollution préconisé par l’OMS, or 85% des Européens vivent en ville.»

Ce genre de station de mesure n’est pas donné. Celle de la rue Necker a coûté dans les 250 000 francs. «C’est un gros investissement, reconnaît Bruno Pozzi, mais cela permet de réduire les coûts de la santé.»

Un fléau sans frontières

L’ONU soutient les pays qui n’ont pas les moyens de s’offrir de tels équipements. Une coopération indispensable pour une problématique globale. «La pollution ne connaît pas de frontières, souligne Albena Karadjova, secrétaire de la Convention internationale sur la pollution atmosphérique. Des polluants émis à des milliers de kilomètres peuvent arriver à Genève. Les efforts locaux doivent donc être accompagnés par des mesures au niveau international, sinon cela revient à travailler dans le vide.»

Selon Albena Karadjova, cette convention, qui fête ses quarante ans cette année, a déjà remporté quelques succès. Elle a entre autres permis de diminuer de 70% les pluies acides.

Créé: 05.06.2019, 06h57

Le problème

Dans le monde, la pollution de l’air cause environ sept millions de morts chaque année, victimes de maladies respiratoires, d’arrêts cardiaques, de cancers des poumons ou d’AVC.

En outre, elle diminue l’apport en oxygène des océans, ce qui affecte la croissance des plantes et contribue au changement climatique.

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