Qui est le premier MCG élu au perchoir?

PortraitEx-gendarme, Jean-Marie Voumard est entré au parlement en 2009. Il vient d’être élu président du Grand Conseil.

Mince, moustachu, les cheveux courts, de grands yeux bruns, le député Jean-Marie Voumard est un taiseux.

Mince, moustachu, les cheveux courts, de grands yeux bruns, le député Jean-Marie Voumard est un taiseux. Image: STEEVE IUNCKER-GOMEZ

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En élisant Jean-Marie Voumard à sa présidence mercredi, le Grand Conseil a mis fin à la longue disette du MCG.

Entré en 2005 au parlement, le parti avait jusqu’ici été, malgré les nombreuses et infructueuses tentatives de son fondateur Eric Stauffer, tenu à l’écart de la présidence pendant quatorze ans. C’est un record. En comparaison, l’UDC genevoise, longtemps considérée comme le vilain petit canard de la politique genevoise, avait dû attendre huit ans pour parvenir au Saint-Graal avec Eric Leyvraz.

C’est que le poste est stratégique. Du perchoir, le président règle les débats de l’assemblée, les organise en amont avec le Bureau et le Service du Grand Conseil. Last but not least, en tant que premier citoyen, il représente le peuple genevois durant les cérémonies officielles. Par ailleurs, le poste offre une excellente visibilité au parti qui l’occupe, raison pour laquelle les groupes les plus forts se le réservent lorsque les élections arrivent.

«Parler pour parler n’amène rien»

Mince, moustachu, les cheveux courts, de grands yeux bruns, le député Jean-Marie Voumard est un taiseux. Très peu pour lui les étincelles en plénières et les duels d’orateurs! En commission, lieu de travail qui échappe au regard de la presse, il en va de même: «ll est placide et raisonnable», résume l’ancien député Vert Boris Calame, qui a travaillé à ses côtés dans la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Adeline, lorsque Jean-Marie Voumard la présidait. «Il est serein et sérieux», complète Thomas Bläsi (UDC), qui a eu affaire à lui dans la même commission. «C’est un homme terre à terre, plein de bon sens. Avec lui, fini les envolées lyriques à la Jean Romain!» complète Pierre Vanek (EàG). Ce que dit Jean-Marie Voumard de lui-même correspond exactement à ces esquisses: «Je suis du genre calme, parce que parler pour parler n’amène rien.»

La politique? Le député l’évoque aussi sans trémolos et sans illusions: «Sourires devant et coups de poignard derrière», résume-t-il. Contacté par un commando de choc du MCG en 2007, il entre au parti pour rendre service, dit-il. Il rate une première élection en Ville de Genève, puis est porté au Grand Conseil par la déferlante des élections cantonales de 2009. «En deux ans, tout s’était modifié, se souvient-il. En 2007, les gens changeaient de trottoir quand ils nous voyaient. En 2009, ils demandaient ce qu’ils pouvaient faire pour nous.» Mais pourquoi accepter la proposition du MCG? «Ce qui m’a attiré, c’était l’idée d’améliorer la situation du résident en tout.» Jean-Marie Voumard aura traversé ensuite les années compliquées du MCG sans entrer dans les nombreux conflits internes du parti. «Je fais mon boulot», résume-t-il.

Enfin un bon footballeur au parlement

Austère? Rigide? Peut-être. En fait, c’est probablement sur les terrains de foot que Jean-Marie Voumard s’exprime le plus. Footballeur invétéré, pilier de l’équipe du Grand Conseil. Pour l’avoir un peu observé à ces occasions, on confirmera que c’est un joueur habile, disposant d’une bonne vision de jeu et en nettement meilleure forme que la plupart de ses pairs sur le terrain…

Le premier citoyen du canton a 56 ans. Il est marié et père de deux enfants. Il est né à Tramelan dans le Jura bernois. Son père y était «horloger complet», sa mère horlogère. Tous travaillent dans l’entreprise Damas. La famille compte cinq enfants, les distractions sont traditionnelles: foot à fond les ballons, stands de tir pour suivre le père, grand tireur devant l’Éternel, et le dimanche, balade dans les bois pour ramasser les champignons. Obligatoires les balades, raconte l’intéressé, sans rancune.

À 20 ans, l’armée faite (il a refusé de grader) et deux CFC en poche, Jean-Marie Voumard entre à la gendarmerie genevoise. Mais pourquoi, lui qui rêve de la police depuis toujours, n’a-t-il pas eu envie d’entrer à la police bernoise? «Je me serais retrouvé à coller des amendes aux copains. Et puis à Genève la retraite était à 52 ans», dit-il. Il a aussi voulu voir de la ville, «tâter» de l’international.

De ce côté, il a été servi! Onze ans au poste de la rue Pécolat, puis au poste de Plainpalais, de Rive, de la Servette. «Un beau boulot de contacts, avec de beaux moments, notamment en fin de service, qui permettent d’oublier les mauvais.»

Créé: 16.05.2019, 07h00

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